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11.12.2007

INTERVIEW – YouTube restaure le compte d'un blogger anti-torture


La cyber-dissidence continue de faire des vagues en Egypte. YouTube et Yahoo ont récemment fermé puis restauré les données de Wael Abbas, blogger de 33 ans. Récompensé par la Fondation Internationale de Journalisme, l'une de ses vidéos avait contribué à la condamnation d'un policier pour actes de torture. Le Petit Journal l'a interrogé pour comprendre la situation.

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Wael Abbas (photo g.Dedieuleveult)

YouTube a supprimé votre compte, puis a annoncé sa remise en service. Vous avez déclaré qu'il s'agissait d'une fausse information. Que s'est-t-il passé ?
Dans un premier temps, ils ont annoncé la remise en service du compte, en ne restaurant que le nom du compte sans les 181 vidéos qu'il contenait. En ce sens, il s'agissait d'une fausse information. Après quelques jours, 177 vidéos ont été remises en ligne, avec tous les commentaires et statistiques.
Les sujets des vidéos étaient variés : manifestations, élections, procès, émissions de TV auxquelles j'avais participé. Seules une douzaine traitaient de torture, certaines en ligne depuis deux ans. YouTube est très populaire, donc tout le monde pouvait les voir. Je les envoyais sur mon blog, ou à des agences de presse. En les supprimant, YouTube coupait tous ces liens.
Il leur arrive de retirer une vidéo, suite à des plaintes, mais ils préviennent. Dans mon cas, ils ont agi soudainement, sans mise en garde.

Etes-vous entré en contact avec YouTube ?

J'ai envoyé un e-mail, resté sans réponse. Sous la pression médiatique, ils ont fini par restaurer mon compte.
Dans le communiqué de presse, on me reproche de ne pas avoir donné un « contexte suffisant ». C'est faux : que dire, sinon « voici des violences policières » ? C'était très clair, et chacun était averti avant visionnage. YouTube connaissait donc le contenu de ces vidéos.

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Une des vidéos de torture qui avait été postée sur le site de Wael Abbas

[...]

La suite de l'article par Elsa Foucraut, sur le site du Petit Journal.

Egalement, pour en savoir plus :
le blog de Wael Abbas,
l'article d'Alif à son sujet

Commentaires

La disparition soudaine et inexpliquée d'information de la Toile est un mal qui touche un peu tous les pays. Mais il est vrai que c'est d'autant plus visible que les grands groupes de médias préfèrent ne pas s'attirer les foudres des régimes peu recomendables... Yahoo et Google ont cette sale réputation de rendre la vie difficile aux cyber dissidents... D'ailleurs, Youtube, ça appartiendrai pas à google ? Les prédateurs de la liberté d'expression ce sont aussi eux, ces groupes occidentaux quoi profitent de la démocratie pour aider à l'étouffer dans l'oeuf ailleurs. Quid des sanction ici ? C'est pas demain que le gouvernement fédéral américain enverra google devant la Justice ou que la commission européenne entendra les responsables locaux de ces entreprises s'expliquer sur leurs agissements!

Tous complices !

Ecrit par : Thinredline | 11.12.2007

--> Thinredline : Que rajouter ? C'est malheureusement la stricte vérité... On rajoute à ce comportement et à cette impunité, la politique légèrement hypocrite du gourvernement égyptien, et on arrive à ça.

J'aime assez l'hypothèse d'Abbas évoquant le fait que l'Egypte n'a pas nécessairement faire pression directement sur les groupes, mais procédé à un envoi de spam... Cela aurait l'avantage de "justifier" l'action de censure et de fermeture des comptes, et cela blanchit plus ou moins le gouvernement.

Ecrit par : Karim | 12.12.2007

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