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31.12.2007

Pas de photos s'il vous plait...

"Les forces de sécurité égyptiennes ont tiré en l'air vendredi pour empêcher des photographes de s'approcher du bateau où se trouvaient le président français Nicolas Sarkozy et sa compagne Carla Bruni au large de Charm el-Cheikh, a indiqué un responsable de la sécurité.

Les photographes tentaient d'approcher le président et son amie, en vacances dans cette station balnéaire des bords de la mer Rouge, lorsque les forces de sécurité ont tiré, a-t-il affirmé, sous couvert de l'anonymat.

L'embarcation des photographes s'est alors éloignée et M. Sarkozy a pu poursuivre sa balade en mer, a-t-il ajouté, précisant que l'incident était clos.

"C'est un chef d'Etat, il est normal que les mesures de sécurité soient draconiennes", a-t-il fait valoir. "

source : ladepeche.fr

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dc8b1acdc9979b80f73f61915d6f98f0.jpg"Un photographe couvrant la visite privée de Nicolas Sarkozy en Egypte a été malmené par la police égyptienne, a constaté un journaliste de Reuters sur place.

L'incident est survenu samedi à Charm el-Cheikh au lendemain de tirs de sommation égyptiens pour empêcher des photographes d'approcher le bateau où se trouvaient le président français et sa compagne, Carla Bruni.

La scène s'est déroulée samedi en fin d'après-midi, lorsque Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, effectuaient un jogging dans Harbour Street, une rue commerçante de la cité balnéaire, avant de rejoindre Le Caire pour une visite officielle dimanche.

Les deux hommes étaient suivis de gardes du corps, français et égyptiens.

Un photographe de l'AFP qui tentait de prendre une photo a été plaqué au sol par un policier qui l'a également mis en joue avec son arme de service, a précisé le journaliste de Reuters.

Transporté ensuite à l'hôpital, le photographe a le coude cassé et devait rentrer en France dans la soirée."

source : lexpress.fr

24.12.2007

Censure de la presse par la Cour des Comptes ?

Al Ahram n°692, du 12 au 18 décembre 2007

Presse Indépendante. Une décision soudaine de soumettre les publications à la surveillance de la Cour centrale des comptes provoque une vive inquiétude chez les journalistes. Ils y voient une tentative de contrôle de leur activité.

Les entreprises de presse indépendante seront désormais sous le contrôle administratif de l’Etat. La Cour centrale des comptes a obtenu un avis juridique du Conseil d’Etat lui accordant le droit d’exercer un contrôle financier et administratif sur les journaux indépendants, au nombre de 58. Ces derniers seront priés de soumettre périodiquement leurs budgets à la Cour pour les réviser et, en cas d’infractions, elle se chargera de les transférer au procureur général.

[...]

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Le choix de la presse égyptienne

Des avocats et des activistes des droits de l’homme se sont élevés contre cet avis du Conseil d’Etat et mettent en doute son caractère constitutionnel. « En principe, la propriété privée et la liberté de la presse sont garanties par la Constitution qui interdit d’y imposer des contraintes qui entravent son rôle. Conformément aux articles 48 et 208, il est interdit d’y imposer une censure ou de les fermer par un ordre administratif. C’est pour cela que je trouve dans cet avis une tentative de l’Etat de mettre la presse privée sous sa tutelle et de restreindre sa marge de liberté. Bref, il s’agit d’une violation flagrante de son indépendance et de sa liberté », s’insurge Négad Al-Boraï, président de l’Association de promotion de la démocratie, qui se demande : pourquoi l’Etat cherche-t-il maintenant à mettre en vigueur un texte qui n’a jamais été appliqué depuis 12 ans, c’est-à-dire depuis la promulgation de la loi 96/1996 ? [...]

Le conseiller Adel Farghali, vice-président de la Cour des comptes, réplique : « Si un article de loi n’est pas mis en application, cela ne signifie pas qu’il n’existe pas ». [...] « Il n’y a aucune raison de craindre la soumission à l’organisme dont le rôle se limite aux côtés financiers et administratifs et ne touche pas à la politique de rédaction », dit-il.

Waël Al-Ebrachi, rédacteur en chef du journal Sawt Al-Oumma, n’est pas contre le principe d’un contrôle, mais ce qui est important pour lui, c’est que ce contrôle ne soit pas un prétexte pour l’Etat pour réprimer la presse indépendante. « J’appelle toujours à la transparence et je n’ai pas d’inconvénient à me soumettre au contrôle de la Cour des comptes. Mais pourquoi l’Etat pense-t-il maintenant à cette décision ? », lance Al-Ebrachi. Et de placer cette décision dans le contexte de la campagne menée par l’Etat contre la presse indépendante. « Il est impossible de séparer cette décision du contexte actuel et de l’ambiance hostile à la liberté de la presse. Je crains une tentative de noyer les journaux indépendants dans un tourbillon d’accusations et de procès pour les paralyser », estime Al-Ebrachi.

Principe inexplicable

La presse indépendante est en effet dans le collimateur depuis quelques mois. Les rédacteurs en chef de quatre journaux indépendants ont été récemment condamnés à 1 an de prison ferme pour diffamation à l’égard du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) et propagation de rumeurs infondées sur la santé du président de la République. Pour certains observateurs, l’Etat veut mettre la presse indépendante sous contrôle dans le contexte d’une future transmission héréditaire du pouvoir. Gamal Fahmi, membre du conseil du Syndicat des journalistes qui a décidé d’évoquer cette affaire à la réunion du conseil, insiste sur le refus catégorique du principe même de contrôle, selon lui inexplicable. « Il est difficile de croire aux bonnes intentions de l’Etat à la lumière des politiques vagues dénuées de transparence. Il est difficile également d’éliminer l’hypothèse de complot sur la liberté de presse avec la présence d’un arsenal de lois accablant cette liberté et d’innombrables procès intentés contre des journalistes. Une telle procédure portera donc un coup dur en plus à la presse indépendante qui résiste jusqu’à présent aux tentatives de sabotage », affirme Fahmi. [...] Cette fois-ci, c’est l’Etat qui doit faire preuve de bonne intention en révisant les lois et prouver non seulement la légitimité de cette décision, mais aussi et surtout l’absence d’un agenda politique derrière », conclut Bakri .

May Al-Maghrabi


Voir l'article complet sur Al Ahram Hebdo

21.12.2007

Torture en Egypte...

Je vous invite à suivre régulièrement les mises à jour sur le blog de Wael Abbas...

La dernière en date parle d'un policier qui force une femme à se déshabiller entièrement devant lui... Wael Abbas a cependant décidé de ne mettre que le son avec une photo.

Parfois assez difficiles, les vidéos sont pourtant le triste reflet de la réalité de ce qui se passe en Egypte... Certains verront ça comme un voyeurisme déplacé, moi je pense que c'est avant tout la 1ère étape pour faire savoir la vérité, et ensuite faire bouger les choses.

C'est d'ailleurs grâce à ces vidéos que 2 policiers ont été condamnés en novembre à 3 ans de prison pour torture. C'est bien évidemment peu comparés aux 20 ans mérités, mais c'est tout de même la sanction la plus importante jamais infligée à des policiers. Un pas vers l'amélioration ? Espérons.

12.12.2007

Il faut des mesures radicales contre la torture

Communiqué de Presse, Amnesty International

5 novembre 2007

Les peines de trois ans de prison imposées à deux policiers ce 5 novembre, par un tribunal égyptien, doivent être utilisées par les autorités pour permettre le châtiment de tous les actes de torture et autres mauvais traitements, a déclaré Amnesty International.

«La condamnation de ces deux policiers est une étape bienvenue et positive, mais pour qu'elle prenne une vraie signification, elle doit annoncer une action plus concertée des autorités égyptiennes pour que toutes les allégations de torture fassent l'objet d'une enquête approfondie et que les responsables de la torture et des mauvais traitements infligés aux détenus rendent des comptes», a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen orient et Afrique du nord d'Amnesty International. «Les autorités égyptiennes doivent clairement exprimer par leurs actions, et pas seulement leurs paroles, que la torture ne sera pas tolérée.»

Notre organisation s'exprimait en réaction aux verdicts prononcés par un tribunal égyptien à l'encontre de deux policiers reconnus coupables d'avoir torturé Emad al Kabir en 2006. Ces deux policiers, du poste de police de Bulaq Dakrur dans le gouvernorat de Guizeh, étaient jugés pour la détention illégale, la torture et le viol d'Emad al Kabir, et pour avoir obtenu et diffusé des documents nuisant à la morale et à la décence publiques. Ces derniers chefs d'inculpation sont liés au fait que ces deux policiers auraient filmé leur viol d'Emad al Kabir au moyen d'un téléphone portable, et fait circuler ce film pour dégrader et humilier encore davantage leur victime.

La torture reste répandue et systématique en Égypte ; des allégations de torture ont récemment été confirmées par des éléments matériels, comme des vidéos de torture et d'autres mauvais traitements, diffusées sur Internet.

Amnesty International exprime régulièrement son inquiétude devant ce recours général et systématique à la torture et à d'autres mauvais traitements par les forces de sécurité égyptiennes, en particulier le Service de renseignements de la sûreté de l'État, qui détient de vastes pouvoirs en vertu de l'état d'urgence maintenu par le gouvernement de manière presque permanente depuis quarante ans.

«Malgré les éléments prouvant que la torture est répandue en Égypte, les autorités continuent de ne reconnaître que des cas occasionnels et isolés d'atteintes aux droits humains, en soulignant que des mesures disciplinaires sont prises à l'encontre de leurs responsables », a déclaré Malcolm Smart. « Les procès de tortionnaires présumés devant des tribunaux pénaux sont principalement limités aux affaires où la victime est décédée, et seulement dans des affaires de droit commun, non politiques. Dans la plupart des cas, les forces de sécurité peuvent agir dans une quasi impunité.»

Amnesty International demande aux autorités égyptiennes d'ouvrir des enquêtes promptes, approfondies et impartiales sur toutes les allégations de torture et de mauvais traitements, et de traduire en justice toutes les personnes accusées d'avoir commis, ordonné ou autorisé de telles atteintes aux droits humains.

Amnesty International

11.12.2007

INTERVIEW – YouTube restaure le compte d'un blogger anti-torture


La cyber-dissidence continue de faire des vagues en Egypte. YouTube et Yahoo ont récemment fermé puis restauré les données de Wael Abbas, blogger de 33 ans. Récompensé par la Fondation Internationale de Journalisme, l'une de ses vidéos avait contribué à la condamnation d'un policier pour actes de torture. Le Petit Journal l'a interrogé pour comprendre la situation.

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Wael Abbas (photo g.Dedieuleveult)

YouTube a supprimé votre compte, puis a annoncé sa remise en service. Vous avez déclaré qu'il s'agissait d'une fausse information. Que s'est-t-il passé ?
Dans un premier temps, ils ont annoncé la remise en service du compte, en ne restaurant que le nom du compte sans les 181 vidéos qu'il contenait. En ce sens, il s'agissait d'une fausse information. Après quelques jours, 177 vidéos ont été remises en ligne, avec tous les commentaires et statistiques.
Les sujets des vidéos étaient variés : manifestations, élections, procès, émissions de TV auxquelles j'avais participé. Seules une douzaine traitaient de torture, certaines en ligne depuis deux ans. YouTube est très populaire, donc tout le monde pouvait les voir. Je les envoyais sur mon blog, ou à des agences de presse. En les supprimant, YouTube coupait tous ces liens.
Il leur arrive de retirer une vidéo, suite à des plaintes, mais ils préviennent. Dans mon cas, ils ont agi soudainement, sans mise en garde.

Etes-vous entré en contact avec YouTube ?

J'ai envoyé un e-mail, resté sans réponse. Sous la pression médiatique, ils ont fini par restaurer mon compte.
Dans le communiqué de presse, on me reproche de ne pas avoir donné un « contexte suffisant ». C'est faux : que dire, sinon « voici des violences policières » ? C'était très clair, et chacun était averti avant visionnage. YouTube connaissait donc le contenu de ces vidéos.

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Une des vidéos de torture qui avait été postée sur le site de Wael Abbas

[...]

La suite de l'article par Elsa Foucraut, sur le site du Petit Journal.

Egalement, pour en savoir plus :
le blog de Wael Abbas,
l'article d'Alif à son sujet

10.12.2007

Une voix s'élève de Talaat Harb

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Septembre 2005. Hosni Moubarak est élu avec plus de 88 % des voix, Président de la République Arabe d’Egypte, pour un 6e mandant consécutif. Loin derrière, avec 7% des voix, Ayman Nour, un avocat de 43 ans, fondateur du parti Al- Ghad (demain). En Décembre, il est condamné à 5 ans de prison pour falsification de documents officiels qui lui auraient permis de créer son parti.

Mercredi dernier, alors que Nour entame sa 3e année de détention, les militants du parti décident de faire entendre leur voix dans le centre-ville afin d’obtenir la libération de leur leader. Réunis autour de la place Talaat Harb, au siège du parti, ils commencent à scander des slogans. Mais ceci n’est pas du goût des forces de l’ordre qui déploient alors un impressionnant dispositif : des centaines de policiers bouclent le quartier, dispersent les curieux et les journalistes et vont même jusqu’à violenter la femme d’Ayman Nour.

Les militants remontent donc à l’étage et continuent leur discours avec des porte-voix. Critiques ouvertes contre le gouvernement et le président, éloge du parti Ghad, dénonciation des méthodes employées par les forces de l’ordre, tout y passe, et les voix se font entendre jusque tard dans la soirée.

Les passants, eux, n’osent pas prendre fait et cause pour les militants et préfèrent accélérer le pas pour ne pas avoir d’ennuis avec la police. Quant aux automobilistes, ils retiendront surtout les embouteillages qui bloquèrent le centre-ville toute la soirée.

Parti d’opposition ultra libéral et pro-américain – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la police ne se montre pas plus dure – le Ghad a reçu le soutien d’autres partis d’opposition comme le mouvement Kefaya. Et bien que tous ne partagent pas les mêmes opinions politiques, tous sont plus ou moins solidaires en ce qui concerne le comportement du gouvernement égyptien…

08.12.2007

Journée mondiale des Droits de l’Homme : Reporters sans frontières publie son nouvel album de photographies



130 journalistes sont actuellement emprisonnés dans le monde pour avoir voulu nous informer.

Ce chiffre varie malheureusement peu. Tous les ans, à la même date, Reporters sans frontières dresse le même constat : une trentaine de gouvernements dans le monde continuent de faire enfermer les journalistes qui les dérangent. Pour ces dirigeants d’un autre temps, l’emprisonnement reste la seule réponse aux critiques formulées par les hommes et les femmes de presse...

la suite de l'article sur le site de Reporteurs sans frontières

07.12.2007

RSF récompense le blogueur égyptien Kareem Ader


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Premier blogueur jugé et condamné en Egypte à 4 ans de prison pour ses écrits, le jeune Abdel Kareem Nabil Suleiman, plus connu sous le nom de Kareem Amer, a reçu le prix "Reporters sans frontières (RSF) - Fondation de France" pour l'année 2007 dans la catégorie "cyberdissident", mercredi 5 décembre.

Voir l'article du Monde, et celui de RSF sur les prix décernés.

Horreyya, حرية

Horreyya, c’est le nom d’un café dans le centre ville du Caire. On me l’a présenté la 1ère fois comme un café fermé pendant le ramadan, et où « tous les gens pas bien se retrouvent ». On m’a précisé que cela faisait référence aux étrangers, aux gauchistes, aux opposants au régime, aux femmes, aux homosexuels, aux journalistes, etc…

C’est un café où la bière coule à flot, et où dans une ambiance assez populaire, tout le monde se retrouve pour boire et discuter sans tabou. Les sujets sont souvent abordés avec ferveur et passion, l’alcool aidant parfois.

L’Egypte est un pays plein de contrastes et de contradictions dans de nombreux domaines, et je trouvais qu’intituler ce blog Horreyya serait une référence doublement significative. D’une part, c’est la liberté et je suis sensible à la Liberté de la Presse en Egypte, et d’autre part c’est une référence à ce café, très intéressant d’un point de vue sociologique.

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