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05.01.2008

L'opposition...

35e0e47b7b35a45aab6d32aa2b13aaab.gifLe 6 octobre 1981, le président Egyptien Anouar el-Sadate est assassiné par un commando de musulmans fondamentalistes. C’est ainsi qu’Hosni Moubarak devient président et chef du Parti National Démocrate (PND), avec l’accord de « l’unanimité » de la population lors d’un référendum…

Moubarak remporta quatre fois de suite les élections présidentielles avec des scores dépassant les 95% de votes ! Même s’il est évident que ces scores ne représentaient pas vraiment la réalité, le président bénéficiait d’une forte popularité en raison des réformes qu’il avait entreprises et de la main de fer avec laquelle il tenait le pays en état d’urgence contre les menaces islamistes.

Mais depuis le début des années 1990, une forte opposition au gouvernement de Moubarak fit son apparition et ne cesse de s’agrandir depuis. Celle-ci espère réussir à toucher la communauté internationale qui pourra, elle, avoir une action plus efficace sur le gouvernement Egyptien, accusé entre autres de corruption, de censurer les médias, d’utiliser la torture, de se servir de l’armée et de la police selon son bon vouloir, de laisser en vigueur l’état d’urgence déclaré en 1981, de refuser le débat démocratique et de ne permettre aucune transparence sur les réformes qu’il entreprend. Un des exemples les plus flagrants est celui des 34 amendements, dont un qui modifie l’article 88 de la Constitution, remplaçant les magistrats chargés de la surveillance des élections, par des fonctionnaires…

490461413e405153e456fbf2f03f533b.gifLe plus vieux mouvement d’opposition est la Confrérie des Frères Musulmans, créée en 1928. Leur objectif premier était d’instaurer un état islamique en Egypte, mais avec l’évolution de la société et les nombreuses répressions dont ils furent la cible, ils modifièrent un peu leur programme. En effet, bien que prônant toujours un rapprochement avec l’Islam, celui-ci est beaucoup plus libéral. La question des Frères Musulmans est toujours délicate de par leur statut : ils sont interdits, mais « tolérés »… Ils espèrent une légalisation prochaine, surtout après leur victoire aux dernières élections législatives où ils remportèrent 88 sièges sur 454, un score inégalé !

Les années 2000 virent la création de plusieurs mouvements d’opposition tel que Kefaya – qui signifie « Ca suffit ! Assez ! Y’en a marre ! » en égyptien – créé en juillet 2004 et qui regroupe des opposants de tendances diverses : nassériens, militants de gauche, intellectuels, islamistes modérés, étudiants, etc…, tous réunis dans leur opposition à Moubarak. Ils militent en faveur d’une large réforme démocratique en espérant une mobilisation populaire et massive. Dans leur opposition, ils reçoivent le soutien plus ou moins réel des Frères bien qu’ils n’aient pas le même objectif.

9425a5312a6316046ed8d06ba4347f62.jpgEn octobre 2004, l’avocat Ayman Abd el Aziz Nour créa le parti Al Ghad. C’est un des quatre seuls partis reconnus par le gouvernement, et son objectif principal est de défendre les Droits de l’Homme et la démocratie en Egypte et de militer pour une réforme constitutionnelle permettant d’arriver à ce noble but.

En 2005, le gouvernement fit un pas en avant et réforma la constitution pour permettre à plus d’un candidat de se présenter : Moubarak fut tout de même réélu avec 88,6% des voix et un taux de participation de 25% – c’est 7% de plus qu’en 1997 – tandis que Nour arrivait deuxième. Mais un mois plus tard, celui-ci était accusé de falsification de documents officiels ayant servis à la création de son parti et il fut arrêté. Il est toujours en prison aujourd’hui malgré les nombreuses manifestations et les protestations de l’opposition et de certaines organisations internationales.

L’opposition ne regroupe que 14 députés – si l’on excepte les Frères Musulmans – et 4 partis autorisés. Elle pâtit énormément des mesures répressives du gouvernement et de la censure plus ou moins avouée.
De plus, force est de constater que l’engouement des Egyptiens pour la politique reste limité : en effet ceux-ci se soumettent plus facilement aux partis religieux ou apolitiques, car les autres sont souvent dirigés par la classe moyenne composée entre autres d’intellectuels et d’artistes, dont les ambitions sont très éloignées du quotidien de l’Egyptien moyen, souvent perdu entre tous les partis et tendances existantes.

d3cba78063708b7bfad8de082a25531a.pngMalgré ce constat peu optimiste, l’opposition continue à agir et ne rate jamais une occasion de faire parler d’elle et de lutter contre la politique du gouvernement. Elle veut à tout prix éviter l’établissement d’une démocratie dynastique si, comme l’actualité nous le laisse supposer, Moubarak se fait succéder par son propre fils, actuellement dans la direction du PND. Elle est aussi appuyée par une récente vague d’opposition par internet qui regroupe plusieurs bloggeurs – dont certains furent, ou sont encore, emprisonnés – qui n’ont de cesse de dénoncer les exactions du gouvernement, de la police, et autres atteintes à la démocratie et aux Droits de l’Homme.

On peut espérer que l’espoir inébranlable des Egyptiens leur permettra de garder la tête haute et de défendre leurs convictions. Il est également possible que l’avenir soit plus radieux que l’on ne l’imagine et que la prochaine échéance présidentielle en 2010 apporte un changement inattendu, même si les Egyptiens imaginent mal comment… Insha’allah !

Commentaires

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J'ai du mal à saisir la mentalité de ces pays qui font tout pour nuire à l'information et l'expression d'opinion.

Ecrit par : Catarina14 | 09.05.2008

--> Catarina14 : A qui faites vous référence ? Au gouvernement ou au peuple ?
Le gouvernement agit dans son intérêt... comme l'ont fait bon nombre de dirigeants de par le monde et de par les époques, il n'y a rien de nouveau à ça, c'est la nature humaine et c'est bien triste j'en conviens !

Ecrit par : Karim | 10.05.2008

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