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30.01.2008
Une journaliste d’Al-Jazira harcelée par les autorités
Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de mettre un terme au harcèlement dont est victime Howayda Taha, de la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazira. La journaliste et son cameraman ont été interpellés le 28 janvier 2008 alors qu’ils réalisaient un reportage sur des travailleurs agricoles dans le village de Nikla, dans la région de Giza (au sud-ouest du Caire).
“Les reportages d’investigation de Howayda Taha sur les abus physiques et les problèmes sociaux dont souffrent les Egyptiens dérangent profondément. La journaliste est déjà sous le coup d’une condamnation pénale et dans l’attente d’un jugement en appel. Nous demandons aux autorités de mettre fin à toute forme de vexations et intimidations à son encontre“, a déclaré l’organisation.
Howayda Taha réalise une série de reportages sur “les oubliés et les exclus” dans le cadre d’un documentaire qui sera diffusé sur Al-Jazira. Contacté par Reporters sans frontières, son avocat, Me Ahmed Helmi, a affirmé que la journaliste se sentait poursuivie par des agents des services de renseignements. “Elle a été interpellée, dans la matinée du 28 janvier, après avoir recueilli plusieurs témoignages sur les problèmes de corruption et de chômage qui pèsent sur les habitants du village de Nikla”, a-t-il déclaré. Des thèmes qui, selon lui, “ne font pas du bien à l’image du pouvoir”.
Howayda Taha et son cameraman, Alaa Salah Eddine, ont été interrogés pendant quatre heures avant d’être libérés. La police a refusé de leur rendre leurs enregistrements. Aucune charge n’a été retenue contre eux, d’autant plus qu’ils possédaient une autorisation de tournage délivrée par le ministère de l’Intérieur.
La journaliste d’Al-Jazira a été condamnée, le 2 mai 2007, à six mois de prison et à 20 000 livres (3500 euros) d’amende pour "atteinte à l’intérêt national" par la Cour pénale de sécurité de l’Etat suite à la réalisation d’un reportage sur la torture des prisonniers en Egypte. Son procès en appel devrait s’ouvrir le 11 février 2008.
source : RSF
18:25 Publié dans Egypte , Liberté d'expression , Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2008
US won’t return Egyptian torture victim to Egypt
In an unprecedented move, a federal judge in the United States intervened with the US government’s decision to return Sameh Khouzam, an Egyptian national and one of Egypt’s torture victims, to Egypt after receiving diplomatic assurance from the government that he will not be tortured upon his return.
Judge Thomas I. Vanaskie of the US District Court for the Middle District of Pennsylvania granted Khouzam, represented by the American Civil Liberties Union (ACLU), his habeas corpus petition on Jan. 10 and ordered that he be released immediately from York County Prison, where he has been held for the last nine months.
"I cannot express how thankful and relieved I am to be a free man again. I am so grateful to my lawyers and to the American court system for stopping the government from sending me back to Egypt where I know I would be tortured," said Khouzam, in a statement released by the ACLU.
Khouzam was being kept in the US under the Convention Against Torture (CAT), which states that foreign citizens cannot be returned back to their countries based on substantial evidence that they may be tortured.
On May 29, 2007, during one of his routine check-ins with immigration authorities, Khouzam was informed that his CAT protection had been terminated and that he would be returned to Egypt.
Judge Vanaskie then ordered an emergency stay of Khouzam until the federal court ruled on his case.
The issue of torture in Egyptian prisons has become a critical concern for human rights activists around the world. In 2007, the US Department of State released a report on human rights practices in Egypt in which Human Rights Watch states that “torture is pervasive in Egyptian detention centers.”
The Egyptian Organization for Human Rights (EOHR) issued a report on torture cases in Egypt, recording 156 cases of torture between the years 2000-2004, in which 81 of them were fatal. Methods of torture included “detainees [being] kicked, burned with cigarettes, shackled, forcibly stripped, beaten with water hoses, and dragged on the floor.”
Human rights groups in Egypt differed on their opinion concerning Khouzam’s case.
According to a statement from the National Council for Human Rights, the council is “astonished at the judge’s verdict because his job has to be objective; however, his ruling is subjective as it is based solely on what Khouzam is saying.”
A representative added that there will probably be no significant outcome from this trial affecting the whole cause of torture in Egypt since it is an individual case.
Others, however, were more optimistic about the ruling.
Hossam Bahgat, director of Egyptian Initiative for Personal Rights, said that this was a “welcome decision” from the US in that it reflects what the UN and other human rights organizations have been saying about the threat of torture in Egypt.
“The judge’s ruling will possibly expose the Egyptian government’s torture record,” he added.
Khouzam, who was released from US detention on Jan. 15, fled to America in 1998 following alleged religious prosecution in Egypt where he was reportedly tortured by authorities. His request for asylum, however, was turned down after the Egyptian government claimed that Khouzam was wanted for murder charges.
As a result, Khouzam was detained in immigration authorities in the US, based on court documents forwarded from Egypt claiming that he murdered Zaki Mohamed Youssef, although he denied those charges and claims that he first heard of them after arriving in the US.
After being detained for eight years, Khouzam was released based on a federal district court ruling in Feb. 2006. During that time, Khouzam worked as a controller of a real estate company in Pennsylvania.
Passant Rabie
source : Daily News Egypt
01:25 Publié dans Amérique anglophone , Droits de l'homme , Egypte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.01.2008
La question de la légalisation de l'avortement fait débat...
Une loi permettant le recours à l’avortement pour les victimes de viol est en cours de discussion. Le projet suscite des réactions contrastées. Interview d’une féministe opposée au projet.
La pratique de l’avortement pourrait être reconnue par le droit égyptien. Un projet de loi autorisant le recours à cette pratique pour les victimes de viol est actuellement en discussion et devrait être voté par le Parlement égyptien dans les deux mois qui viennent, affirme le quotidien anglophone Daily Star.
À l’origine de ce projet de loi, Mohamed Khalid Kwaitah, un député indépendant proche du gouvernement. Le texte qu’il propose vise la modification de l’article 260 du code pénal égyptien. Selon Nehad Abu El Komsan, directrice de l’Egyptian Center for Women’s Rights (Centre Egyptien pour les Droits des Femmes) et opposée à ce projet, ce texte prévoirait la possibilité de forcer une femme violée à avorter dans les quatre mois suivant la conception (voir interview).
Le projet de loi a reçu le soutien du grand sheikh d’Al Azhar, Mohamed Tantawi. Plus haute autorité de l’islam sunnite, il a proposé de repousser l’échéance à neuf mois. "Une femme victime de viol a le droit en Islam de recourir à l’avortement à n’importe quel moment (…). Ce ne serait pas considéré comme un pêché", a-t-il expliqué dans une fatwa, toujours selon le Daily Star.
Ce projet de loi suscite des réactions contradictoires. Alif a rencontré Nehad Abu El Komsan. Cette féministe dirige une organisation impliquée dans la lutte contre les violences sexuelles dont sont victimes les Egyptiennes. Elle s’oppose à ce projet de loi et donne ses raisons.
"Le problème ce n’est pas le bébé que porte la victime d’un viol, ce sont nos mentalités"
Personnellement je suis contre l’avortement, pour des raisons religieuses. Mais je considère surtout que ce projet de loi donne de mauvaises réponses à un vrai problème. Dans la société musulmane, la femme (ou la fille) existe en tant que membre d’une collectivité : la famille. Son honneur, c’est d’abord l’honneur de la famille. Quand elle est victime d’un viol, c’est l’honneur de la famille qui est touché, pas le sien. Cette loi vise à se débarrasser d’un éventuel bébé pour permettre à la famille de garder la face. Les vrais problèmes ne sont pas abordés : souffrance de la femme victime d’un viol, attribution de moyens aux forces de police leur permettant de retrouver les auteurs des viols, statut juridique de l’enfant.
Mais vous savez que l’avortement se pratique clandestinement. Ne vaut-il pas mieux l’encadrer pour s’assurer au moins qu’il est pratiqué dans de bonnes conditions ?
Encore une fois, la question n’est pas d’être pour ou contre cette pratique, mais de trouver une troisième voix. Il y a d’autres soucis à régler, pour éviter d’en arriver systématiquement à l’avortement. Si le père biologique n’est pas retrouvé, il faut prévoir la possibilité de donner un nom à un enfant sans père. Il faut aussi que la mère puisse se voir octroyer les droits du père. Bref : il faut donner aux femmes la possibilité de garder leur enfant même s’il n’a pas de père.
J’ai le sentiment que les gens veulent se débarrasser de ce problème en légalisant l’avortement. Hors, le problème ce n’est pas le bébé que porte la victime d’un viol, ce sont nos mentalités. Nous devons changer tout notre système culturel et pour cela le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Mais il préfère botter en touche en recourant à une loi qui efface un problème sans le résoudre.
Guillaume de Dieuleveult
Source : Alif
02:15 Publié dans Droits des femmes , Egypte , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2008
Le Parlement européen provoque la colère de l'Egypte
Jeudi dernier, le Parlement européen adoptait une résolution critique contre l'Egypte, épinglant notamment la situation des Droits de l'Homme et des minorités. Un texte que les autorités égyptiennes ont décidé de refuser haut et fort.
Il y a eu comme un bruit de friture sur la ligne entre le Caire et Strasbourg. Jeudi dernier, les députés européens ont adopté une résolution qui a provoqué une grosse colère sur les bords du Nil. Dans ce texte, adopté par 52 voix pour, aucune voix contre et 7 abstentions (59 députés présents sur 784...), les eurodéputés invitent le gouvernement égyptien à prendre une série de mesures pour améliorer la démocratie et les droits de l'homme, soulevant au passage une série de dossiers dérangeants : harcèlement des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, état d'urgence, récents cas présumés de torture, détention de l'opposant Ayman Nour...
La réaction égyptienne n'a pas tardé : au moment même où les députés européens délibéraient, le ministre égyptien des Affaires étrangères convoquait dans son bureau les ambassadeurs des 27 pays de l'Union, avec un message clair : "L'Egypte rejette totalement les tentatives de ceux qui se croient autorisés à enquêter sur les droits de l'Homme en Egypte", selon les mots du ministre égyptien des affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit. Ajoutant que son pays "n'a de leçon à recevoir de personne, en particulier si ceux qui les donnent se montrent arrogants et ignorants."
Ignorance des eurodéputés
Habituée à recevoir les critiques de l'Europe et des Etats-Unis, le gouvernement égyptien a cette fois haussé le ton de sa défense, allant jusqu'à menacer de rompre ses relations diplomatiques avec le Parlement européen et de boycotter la prochaine réunion UE-Egypte. Pour le chef de la diplomatie égyptienne, la résolution du parlement européen "montre l'ignorance de l'assemblée parlementaire européenne quant à la situation en Egypte (...) ainsi que son ignorance quant aux réformes politiques, économiques et sociales mises en oeuvre en Egypte ces dernières années."
A Strasbourg, les eurodéputés présents ont défendu leur position. Face aux menaces égyptiennes, le président du groupe socialiste européen Martin Schulz a invité le Parlement égyptien au dialogue, estimant que "ce serait mieux que de proférer des menaces". Le vert Daniel Cohn-Bendit s'est montré plus incisif, déclarant à l'AFP que "le Parlement européen est majeur et souverain et décide ce qu'il veut décider. Si nous avons à critiquer la situation des droits de l'Homme en Egypte, à Guantanamo ou ailleurs, nous le faisons."
En octobre dernier, La Commission européenne adoptait une proposition visant à déclarer 2008 " Année européenne du dialogue interculturel". Ca commence fort.
Avec AFP
Arnaud Saint Jean
source : Alif
00:50 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.01.2008
Violences conjugales...
Al Ahram n°696, du 7 au 13 janvier 2008
Le Centre Al-Nadim, une ONG qui lutte contre la violence, élabore un projet de loi sanctionnant la brutalité contre les femmes au sein de la famille. Une mesure qui semble être diffhttp://www.blogspirit.com/admin/blog/post.php
blogSpiriticile à appliquer dans une société machiste.
[...]
Un phénomène qui a suscité l’intérêt de plusieurs ONG depuis les années 1990 et qui semble être amplifié par la culture de toute une société qui le justifie par des arguments en soutenant le comportement violent du sexe fort. Une société, qui même si elle éprouve de la compassion à l’égard de la femme, lui demande de supporter les actes de violence du sexe fort. Question de préserver l’unité de la famille et la stabilité du foyer. Et en 1995, le Centre Al-Nadim et celui des études de la femme ont révélé que sur un échantillon de 15 000 femmes, 43 % d’entre elles ont été victimes de violence au sein de leurs familles. Et jusqu’à présent, des témoignages de femmes, en plus d’un sondage effectué par le Centre Al-Nadim sur environ 250 femmes au Caire, prouvent que la plupart de ces femmes ont subi différentes sortes de violences au sein de leurs familles.
[...]
Des coups, des humiliations, de l’inceste, de la torture ou des hommes qui forcent leurs femmes à faire l’amour. Différentes formes de violences contre l’épouse, la fille, y compris les femmes de ménage, sont abordées par le projet de loi. Et les sanctions sont prononcées suivant la gravité du délit : Elles prévoient de remettre l’homme à un centre de formation où il serait initié à de nouvelles normes dans ses relations au sein de la famille. En cas de récidive, il est obligé de s’impliquer dans un service social où il doit acquérir plus de sens humain. En dernier recours, c’est la condamnation à une amende ou à la prison.
Un projet qui semble, selon beaucoup de spécialistes, difficile à appliquer dans une société de nature conservatrice, qui a ses traditions bien ancrées et ses problèmes.
[...]
Dr Ahmad Abdallah, psychiatre, réplique : « Pourquoi ajouter une autre loi, c’est insensé. Nous avons déjà un tas de procès pour divorce, plusieurs lois et un système qui présentent des déficiences. Et si on ajoute dans cette atmosphère de méfiance existant entre le citoyen et les instances officielles surtout la police, quiconque maltraite sa femme ou sa fille serait puni par la loi, cela aggraverait la situation. Le pouvoir ne parvient pas à régler le problème de la circulation, arrivera-t-il à régler des problèmes aussi sensibles au sein du couple ? », en ajoutant que de nos jours, le pouvoir traite ses citoyens au bâton. Comment peut-il donc interdire au citoyen d’en faire autant chez lui ?
[...]
Quant à Siham Ibrahim, responsable d’un centre de refuge pour les filles de la rue, elle reconnaît que la violence au sein de la famille est un phénomène alarmant, qui a poussé beaucoup de filles à se retrouver dans la rue. Cependant, elle explique qu’à chaque fois qu’elle essaye de prouver aux instances officielles qu’il y a eu violence au sein de la famille, c’est le calvaire. « Dans des cas de viol par le père, c’est parfois la mère qui s’oppose, elle refuse de l’admettre pour préserver son foyer. Et au commissariat, il est préférable de présenter un certificat prouvant le déséquilibre psychologique de la fille ou même du père pour éviter un procès à scandale », dit-elle, tout en ajoutant qu’elle est obligée parfois de rendre l’enfant à sa famille bien qu’elle sache qu’il a été la victime d’un acte de violence qui aurait pu lui coûter la vie.
Un avis appuyé par Alaa Abdel-Wahab, avocat du statut personnel, qui admet que beaucoup de femmes ont commencé à se plaindre face à la violence et aux mauvais traitements de leur époux, mais le fait de dévoiler la violence sexuelle semble être bien plus difficile. Une sorte de tabou. « La femme qui subit un harcèlement ou un viol d’un étranger trouve beaucoup de difficultés à l’avouer même avec toute sa souffrance, alors comment peut-elle le dire si l’agresseur est son époux ? Ce n’est pas réalisable, même si dans des procès de divorce, on peut déduire que la femme souffre de ce genre de violence. Elle ne l’avoue pas dans la plupart des cas et cite d’autres problèmes. D’autres pensent que c’est une affaire familiale qui doit rester dans le secret. Question de pudeur et de conservatisme », dit-il.
[...]
Doaa Khalifa
L'article complet sur : Al Ahram Hebdo
Voir également, sur la même page, un article sur un projet de viol visant à condamner le viol conjugal...
Pour info, contact :
Nadim Center for the Management and Rehabilitation of Victims of Violence
النديم للعلاج والتأهيل النفسي لضحايا العنف
3أ شارع سليمان الحلبي، من شارع رمسيس، القاهرة
3a Sulayman al-Halabi
2nd Floor
Wast al-Balad - Cairo
Tel/Fax : 00202-577 67 92
02:15 Publié dans Droits des femmes , Egypte , Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.01.2008
Vers la légalisation de l'avortement... ?
Al Azhar, l’influente et respectée institution musulmane sunnite, a déclaré que les femmes victimes d’abus sexuels pourraient se faire avorter afin de maintenir leur "rang social" au sein de leur communauté.
L’organisation Al Azhar a cependant indiqué que ces avortements devraient être pratiqués le plus tôt possible.
Le responsable d’Al Azhar, Cheikh Mohamed Sayed Tantawi, a déclaré au quotidien pro-gouvernemental "Al Ahram", que "toute jeune fille ou femme, victime d’un viol, a le droit en Islam de subir un avortement à tout moment et qu’elle n’aurait pas commis un péché ce faisant".
"Une femme violée doit immédiatement interrompre une grossesse qui en suivrait dès qu’elle en aura connaissance, si un médecin lui en donne l’autorisation", a indiqué l’institution islamique basée au Caire.
Actuellement, l’avortement est pourtant illégal en Egypte.
Cette déclaration d’Al Azhar a poussé une membre du Parlement, Khalil Quota, à introduire un projet de loi pour la légalisation des avortements en cas de viol, ce qui va permettre à au moins 200.000 femmes victimes d’agressions sexuelles d’avoir cette option.
Source : Afrik.com
23:40 Publié dans Droits des femmes , Egypte , Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.01.2008
Arrestation musclée
Hier matin, je me baladais sur la corniche vers 8h30 quand, en contrebas, sur un des embarcadères de felouques à l'endroit où je me trouvais, je vois un agent de police crier sur un homme, encerclé par trois autres apparemment en colère.
Au bout de quelques minutes, le policier lui attrapa la main et essaya de l'emmener. L'homme ne voulait visiblement pas le suivre, il essaye de se débattre mais le policier lui tordit le bras pour le calmer.
L'homme portait un tee-shirt sale, un pantalon troué, de vieilles sandales qu'il perdit en essayant de partir. Il ne devait pas être dangereux car le policier gardait son fusil mitrailleur dans son dos sans jamais y toucher. Cependant, il était assez brusque avec l'homme.
Quand celui-ci voulut revenir parler avec les deux autres hommes, le policier le mit à terre, le releva et le jeta violemment contre un mur plusieurs fois en criant. Puis il l'aida de nouveau à le releva, lui sera le bras et le força à avancer avec la plus grande "délicatesse" possible...
L'homme réussit plusieurs fois à se libérer de l'étreinte et continua à avancer tout de même - il souhaitait simplement pouvoir marcher sans avoir le bras tordu - mais à chaque fois l'agent recommençait.
Ils finirent par partir ainsi, le policier criant toujours sur l'homme qui tordait pour essayer de marcher correctement...
23:15 Publié dans Egypte , Police, armée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.01.2008
Visites d’Etat des présidents Sarkozy et Bush : “Ne passons pas sous silence la question de la liberté d’expression”, a déclaré Reporters sans frontières
Alors que Georges W. Bush et Nicolas Sarkozy entameront pendant les prochains jours une tournée officielle dans plusieurs pays du Moyen-Orient, Reporters sans frontières appelle les chefs d’Etat américain et français à entreprendre des démarches diplomatiques en faveur de la liberté d’expression, régulièrement bafouée dans la région.
“Le conflit israélo-palestinien, la guerre en Irak, l’hostilité de l’Iran et de la Syrie sont autant de raisons pour les pays occidentaux de s’assurer le soutien des Etats du Golfe, de la Jordanie ou encore de l’Egypte. Mais il ne faut pas oublier que ces pays, points d’appui de la politique américaine au Moyen-Orient, se caractérisent aussi par un manque criant de démocratie”, a déclaré l’organisation.
“A l’image de la société, le paysage médiatique est souvent verrouillé dans les pays du Moyen-Orient, à quelques exceptions près. L’autocensure reste largement pratiquée au sein des rédactions qui veillent à ne pas franchir les lignes rouges. Les journalistes ne s’avisent pas de toucher à la religion ou aux dirigeants de leur pays. Mais malgré cette prudence, ils n’échappent pas aux pressions et aux représailles”, a ajouté Reporters sans frontières.
“Dans ce contexte, les chaînes de télévision satellitaires mais surtout Internet ont profondément bouleversé l’accès à l’information. La Toile joue aujourd’hui un rôle essentiel dans le combat pour la démocratie au Moyen-Orient. De ce fait, la répression à l’égard des journalistes en ligne et des cyberdissidents ne cesse de s’amplifier. Deux blogueurs, égyptien et saoudien, sont actuellement derrière les barreaux pour leur contestation sur le Web“, a conclu l’organisation.
L’Egypte et l’Arabie saoudite figurent sur la liste des ennemis d’Internet. Kareem Amer, 23 ans, détenu depuis le 6 novembre 2006, a été condamné à trois ans de prison pour avoir "incité à la haine de l’islam" et à un an pour avoir insulté le président égyptien. Le blogueur dénonçait régulièrement les dérives religieuses et autoritaires du gouvernement de Hosni Moubarak. Il avait également critiqué les plus hautes institutions religieuses du pays, en particulier l’université sunnite Al-Azhar, dans laquelle il étudiait le droit.
De son côté, Ahmad Fouad Al-Farhan, 32 ans, est détenu depuis le 10 décembre 2007 à la prison de Dhaban, à Jeddah. D’après la loi saoudienne, les autorités, qui n’ont toujours pas révélé les raisons de l’interpellation du blogueur, peuvent détenir un individu pendant six mois pour l’interroger.
Enfin, les journalistes étrangers, basés ou en mission dans les pays du Moyen-Orient, peuvent rencontrer des difficultés. Dernière exemple en date, le journaliste français Aurélien Colly, correspondant de RFI et France 24, n’a pas été admis au Qatar le 30 novembre 2007, sans explications. Le journaliste, basé à Abou Dhabi, avait pourtant reçu son accréditation pour couvrir le sommet du Conseil de coopération des Etats du Golfe qui se tenait à Doha.
Le président français Nicolas Sarkozy se rendra du 13 au 15 janvier en Arabie saoudite, au Qatar puis aux Emirats arabes unis. Après une visite au Proche-Orient, le président américain Georges W. Bush est attendu, à partir du 11 janvier, au Koweït, au Bahreïn, aux Emirats arabes unis, et en Arabie saoudite avant de rallier l’Egypte, dernière étape de son voyage d’Etat, le 16 janvier.
Source : RSF
17:30 Publié dans Internet , Liberté d'expression , Médias , Moyen-Orient , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.01.2008
Amnesty International contre la répression sur Internet

Mais cette répression qui touche Internet n’est pas le seul fait de gouvernements puisque des entreprises du secteur des technologies de l’information ont participé à l’élaboration de systèmes de surveillance et de censure des informations mises en ligne. Ainsi, Yahoo! a transmis aux autorités chinoises des informations personnelles sur des titulaires de comptes de messagerie électronique, ce qui a facilité des emprisonnements injustifiés. D’autre part, Microsoft et Google se sont l’un et l’autre pliés aux exigences des autorités chinoises qui leur ont demandé de censurer activement les utilisateurs chinois de leurs services.
La liberté d’expression fait partie des droits humains fondamentaux. Il s’agit de l’un des droits les plus précieux. Nous devons nous battre pour le protéger.
Pour en savoir plus, le site de la campagne
13:30 Publié dans Internet , Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.01.2008
L'opposition...
Le 6 octobre 1981, le président Egyptien Anouar el-Sadate est assassiné par un commando de musulmans fondamentalistes. C’est ainsi qu’Hosni Moubarak devient président et chef du Parti National Démocrate (PND), avec l’accord de « l’unanimité » de la population lors d’un référendum…
Moubarak remporta quatre fois de suite les élections présidentielles avec des scores dépassant les 95% de votes ! Même s’il est évident que ces scores ne représentaient pas vraiment la réalité, le président bénéficiait d’une forte popularité en raison des réformes qu’il avait entreprises et de la main de fer avec laquelle il tenait le pays en état d’urgence contre les menaces islamistes.
Mais depuis le début des années 1990, une forte opposition au gouvernement de Moubarak fit son apparition et ne cesse de s’agrandir depuis. Celle-ci espère réussir à toucher la communauté internationale qui pourra, elle, avoir une action plus efficace sur le gouvernement Egyptien, accusé entre autres de corruption, de censurer les médias, d’utiliser la torture, de se servir de l’armée et de la police selon son bon vouloir, de laisser en vigueur l’état d’urgence déclaré en 1981, de refuser le débat démocratique et de ne permettre aucune transparence sur les réformes qu’il entreprend. Un des exemples les plus flagrants est celui des 34 amendements, dont un qui modifie l’article 88 de la Constitution, remplaçant les magistrats chargés de la surveillance des élections, par des fonctionnaires…
Le plus vieux mouvement d’opposition est la Confrérie des Frères Musulmans, créée en 1928. Leur objectif premier était d’instaurer un état islamique en Egypte, mais avec l’évolution de la société et les nombreuses répressions dont ils furent la cible, ils modifièrent un peu leur programme. En effet, bien que prônant toujours un rapprochement avec l’Islam, celui-ci est beaucoup plus libéral. La question des Frères Musulmans est toujours délicate de par leur statut : ils sont interdits, mais « tolérés »… Ils espèrent une légalisation prochaine, surtout après leur victoire aux dernières élections législatives où ils remportèrent 88 sièges sur 454, un score inégalé !
Les années 2000 virent la création de plusieurs mouvements d’opposition tel que Kefaya – qui signifie « Ca suffit ! Assez ! Y’en a marre ! » en égyptien – créé en juillet 2004 et qui regroupe des opposants de tendances diverses : nassériens, militants de gauche, intellectuels, islamistes modérés, étudiants, etc…, tous réunis dans leur opposition à Moubarak. Ils militent en faveur d’une large réforme démocratique en espérant une mobilisation populaire et massive. Dans leur opposition, ils reçoivent le soutien plus ou moins réel des Frères bien qu’ils n’aient pas le même objectif.
En octobre 2004, l’avocat Ayman Abd el Aziz Nour créa le parti Al Ghad. C’est un des quatre seuls partis reconnus par le gouvernement, et son objectif principal est de défendre les Droits de l’Homme et la démocratie en Egypte et de militer pour une réforme constitutionnelle permettant d’arriver à ce noble but.
En 2005, le gouvernement fit un pas en avant et réforma la constitution pour permettre à plus d’un candidat de se présenter : Moubarak fut tout de même réélu avec 88,6% des voix et un taux de participation de 25% – c’est 7% de plus qu’en 1997 – tandis que Nour arrivait deuxième. Mais un mois plus tard, celui-ci était accusé de falsification de documents officiels ayant servis à la création de son parti et il fut arrêté. Il est toujours en prison aujourd’hui malgré les nombreuses manifestations et les protestations de l’opposition et de certaines organisations internationales.
L’opposition ne regroupe que 14 députés – si l’on excepte les Frères Musulmans – et 4 partis autorisés. Elle pâtit énormément des mesures répressives du gouvernement et de la censure plus ou moins avouée.
De plus, force est de constater que l’engouement des Egyptiens pour la politique reste limité : en effet ceux-ci se soumettent plus facilement aux partis religieux ou apolitiques, car les autres sont souvent dirigés par la classe moyenne composée entre autres d’intellectuels et d’artistes, dont les ambitions sont très éloignées du quotidien de l’Egyptien moyen, souvent perdu entre tous les partis et tendances existantes.
Malgré ce constat peu optimiste, l’opposition continue à agir et ne rate jamais une occasion de faire parler d’elle et de lutter contre la politique du gouvernement. Elle veut à tout prix éviter l’établissement d’une démocratie dynastique si, comme l’actualité nous le laisse supposer, Moubarak se fait succéder par son propre fils, actuellement dans la direction du PND. Elle est aussi appuyée par une récente vague d’opposition par internet qui regroupe plusieurs bloggeurs – dont certains furent, ou sont encore, emprisonnés – qui n’ont de cesse de dénoncer les exactions du gouvernement, de la police, et autres atteintes à la démocratie et aux Droits de l’Homme.
On peut espérer que l’espoir inébranlable des Egyptiens leur permettra de garder la tête haute et de défendre leurs convictions. Il est également possible que l’avenir soit plus radieux que l’on ne l’imagine et que la prochaine échéance présidentielle en 2010 apporte un changement inattendu, même si les Egyptiens imaginent mal comment… Insha’allah !
10:10 Publié dans Egypte , Liberté d'expression , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note










