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14.02.2008

La Ligue arabe adopte des mesures pour contrôler les télévisions satellitaires


1c5ef2a2f04868f8031bde0381271c65.jpgLe 12 février 2008, les ministres de l’Information des pays arabes ont adopté un document qui restreint la liberté de diffusion des chaînes de télévision satellitaires et prévoit des sanctions en cas d’offenses dans le contenu de leurs programmes.

“Non seulement ce texte est liberticide mais il est également rétrograde. Au lieu d’œuvrer à assouplir les codes de la presse, souvent très rigides, en vigueur dans leur pays, les ministres de l’Information des Etats de la Ligue arabe se sont alliés pour faire pression sur des médias jugés gênants et qui échappent à leur contrôle. Depuis leur apparition dans la région, les télévisions satellitaires ont révolutionné le paysage médiatique arabe. A l’inverse des télévisions nationales, soumises à l’autocensure, des chaînes telles qu’Al-Jazira ou Al-Arabiya constituent de vrais espaces de libre expression, où les populations du monde arabe peuvent faire entendre leurs doléances”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Il n’est pas étonnant que ce projet ait été promu par l’Egypte et l’Arabie saoudite. Au cours de ces dernières années, les chaînes de télévision satellitaires ont connu des difficultés dans ces deux pays. Nous demandons au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, d’intervenir auprès des Etats membres pour les convaincre de revenir sur cette décision”, a ajouté l’organisation.

3555cf9380597b9140e2c4c5a08357b2.jpgVingt-et-un des 22 ministres de l’Information des Etats de la Ligue arabe ont adopté, le 12 février 2008, un document censé “réguler le fonctionnement des chaînes de télévision satellitaires”. Ce texte donne le droit aux pays signataires de “retirer, de geler, ou de ne pas renouveler les autorisations de travail des médias qui enfreindraient les règles”. Seul le Qatar, où siège Al-Jazira, a voté contre ce projet. Rédigé dans des termes très vagues, le texte demande aux chaînes satellitaires de “ne pas avoir de répercussions négatives sur la société, l’unité nationale, l’ordre général ou les moeurs”.

Source : RSF

13.02.2008

La journaliste Howayda Taha acquittée en appel

Reporters sans frontières se félicite de la décision de la cour d’appel de Nozha (banlieue est du Caire) qui a partiellement innocenté la journaliste d’Al-Jazira, Howayda Taha. Elle avait été condamnée, le 2 mai 2007, à six mois de prison pour "atteinte à l’intérêt national" en vertu des articles 80 et 178 du code pénal égyptien, suite à la réalisation d’un reportage sur la torture des prisonniers en Egypte. En revanche, la cour d’appel a confirmé sa condamnation à une amende de 20 000 livres (3500 euros). Le 28 janvier 2008, elle avait été interrogée pendant quatre heures suite à la réalisation d’un documentaire sur les ouvriers agricoles.

Source : RSF

12.02.2008

L'excision, toujours présente...

"Le jour de mon excision était un cauchemar." A 25 ans, Afaf, jeune de Menya, un gouvernorat au Sud de l’Egypte, raconte un incident qui a marqué toute sa vie : être excisée publiquement. Elle n’est pas la seule, presque toutes les filles de cette zone font face à cette même torture physique humiliante.

"J’avais dix ans, quand une femme est venue nous forcer à ne pas bouger pour quelques secondes..." C’est avec ces mots que Afaf a commencé son histoire...
En ce jour là, à l’école, le directeur a obligé toutes les fillettes ayant dix ans à obéir à cette dame soi-disant soignante. Sans les prévenir, ni les anesthésier ; les blesser semble être normal pour toute l’équipe enseignante aussi bien que pour leurs parents.
Les yeux en larmes, Afaf se souvient : "Mon tour s’approche, je m’étrangle. Couteau à la main, regard fixé sur une seule partie de mon corps, deux personnes me retiennent des bras, en m’arrachant sévèrement la jupe. Et la sage-femme commence son travail".
Les cris des autres écolières étaient suffisants pour effrayer Afaf. De plus, sa santé était tellement fragile qu'elle a eu de graves problèmes après cette opération dont elle ignore les raisons. Elle explique : "Je ne pouvais pas uriner et j’avais eu un flux de sang énorme." Afaf n’a pas pu sortir de chez elle durant un mois. Tellement humiliée, elle avait honte du regard des autres.

Un devoir, une coutume
A Menya, et surtout dans ses quartiers pauvres où l’ignorance des règles sanitaires règne, exciser les fillettes est une "nécessité". Les mères le font afin de "garder la pudeur de leurs filles". Selon Om Ashraf, qui a été elle-même excisée, une telle pratique vise à protéger sa propre fille : "Je veux que ma fille soit polie, je ne veux pas qu’elle cherche à intéresser les garçons."
La plupart des mères à Menya pensent pareillement, elles imaginent qu’exciser leurs filles est un devoir mais aussi une coutume. Et là où les habitudes s’appliquent strictement, les cœurs meurent et les mentalités s’arrêtent. Même si ça va leur coûter la vie d’un être cher, elles ne font que continuer à défendre ce qui leur semble être un devoir...
Avec une voix faible, Afaf poursuit : "Je veux que mes parents comprennent comment ils ont négativement marqué ma vie, jusque maintenant et après 15 ans, je souffre de ce qui m’est arrivé, je pleure et je le regrette énormément."

Par contre, certaines mères ont décidé de commencer par leurs familles pour arrêter de telles pratiques et pour en faire l’exemple. Grâce aux efforts de quelques jeunes éduquées, comme Afaf, et quelques émissions de télévision luttant contre l’excision.
Afaf est actuellement volontaire dans une ONG à Menya, qui lutte contre la pratique de l’excision sur les fillettes de cette zone. "Moi, le jour de mon excision était un cauchemar, je ne veux pas que ça se reproduise pour les autres filles, et sûrement pas ma fille", conclut-elle.

Nora Dardir

source : Le Petit Journal

08.02.2008

Des séropositifs égyptiens enchaînés à leur lit d’hôpital, dénonce HRW


Des Egyptiens séropositifs ont été arrêtés, torturés et sont actuellement enchaînés à leur lit d’hôpital 23 heures par jour en attendant d’être jugés pour leur homosexualité présumée, a affirmé mercredi l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW).

L’ONG basée à New York a fait état d’une série d’arrestations après l’interpellation de deux hommes en octobre 2007 lors d’une altercation dans une rue du Caire. Ils ont été détenus par la police des moeurs lorsque l’un d’entre eux a dit être séropositif.

En Egypte, bien que l’homosexualité ne soit pas officiellement considérée comme un délit, une loi relative à la "débauche" prévoit des peines de prison et peut être utilisée pour poursuivre les homosexuels. Les deux hommes, dont l’identité n’a pas été dévoilée, disent avoir été battus après avoir refusé de signer des dépositions préparées par la police, puis menottés à un bureau pendant quatre jours et soumis à un examen anal pour "prouver" leur homosexualité.

HRW estime que de tels examens constituent une torture et n’ont aucune base médicale.

Des mois plus tard, les deux hommes sont toujours enchaînés à leur lit d’hôpital 23 heures par jour en attendant que le Procureur général statue sur leur homosexualité, d’après HRW, qui ajoute que deux autres hommes, dont les coordonnées ont été trouvées sur les deux premiers, ont également été arrêtés.

En novembre, quatre autres hommes ont été arrêtés et sont poursuivis "apparemment seulement parce qu’ils se trouvaient dans un logement auparavant occupé par l’une des personnes arrêtées précédemment", affirme HRW.

L’un des quatre hommes aurait été battu par la police et tous auraient été privés de nourriture et de couvertures durant les quatre premiers jours de leur détention. Ils ont été soumis à un test HIV sans leur consentement. "Des gens comme vous devraient être brûlés vivants. Vous ne méritez pas de vivre", aurait affirmé un responsable à l’un d’eux, séropositif, selon HRW.

Ces quatre hommes ont été condamnés à un an de prison pour "débauche" et l’un d’entre eux est également enchaîné à son lit d’hôpital 23 heures par jour, selon HRW. "Le gouvernement devrait cesser les arrestations arbitraires basées sur (l’accusation de) sida et prendre des mesures pour mettre fin aux préjugés et à la désinformation sur le sida, a affirmé HRW. Ces arrestations et ces procès choquants incarnent l’ignorance et l’injustice". "L’Egypte met en jeu non seulement sa réputation à l’international mais aussi sa propre population si elle répond à l’épidémie de sida avec des peines de prison au lieu de mesures de prévention et de soins", selon Scott Long, de HRW.

"Ces cas montrent que la police égyptienne agit sur la base de la dangereuse croyance que le sida n’est pas une maladie devant être traitée mais un crime devant être puni", poursuit-il. Contactées par l’AFP, les autorités égyptiennes n’ont pas souhaité réagir.

Souvent traitée de pathologie occidentale et assimilée à un comportement contre nature, l’homosexualité reste un tabou majeur dans l’écrasante majorité du monde arabe, où certains pays la punissent de la peine de mort.

La torture dans les prisons et postes de police égyptiens est décrite comme systématique par des ONG locales et internationales, ce que dément le ministère de l’Intérieur qui n’évoque que des incidents isolés.

Source : Al Oufok

Voir également ces Articles de Afrik.com, la Tribune, l'AFP et le Courrier Internationnal

06.02.2008

Une journaliste et un photographe de l’Agence France-Presse empêchés de travailler au poste frontière de Rafah



AFP : Le 3 février 2008, Inas Belaïba et Khaled Dessouki, de l’Agence France-Presse (AFP), ont été interpellés par des policiers égyptiens alors qu’ils couvraient le passage de Palestiniens au poste frontière de Rafah, dans le Sinaï. Les deux correspondants ont été interrogés pendant deux heures et demie avant d’être contraints d’effacer les photos qu’ils avaient prises. Ils ont également dû signer un document dans lequel ils affirmaient avoir travaillé sans autorisation préalable. Les agents les ont menacés de poursuites judiciaires pour “violation de la sécurité nationale” devant un tribunal militaire s’ils étaient de nouveau arrêtés.

Source : RSF

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