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31.03.2008
Grève du corps enseignant égyptien
La grève des professeurs du dimanche 23 mars, au Caire, à Alexandrie et à Mansoura était une première en Egypte. Même partielle, cette grève a été un succès.
Le tour des profs
Dimanche 23 mars à l’Université du Caire, c’était le jour des professeurs. Ces derniers ont cessé le travail entre 13 et 14 heures en guise de protestation. Ils portaient des affiches sur lesquelles on pouvait lire : "Nous voulons des hausses de salaires, nous voulons une vie honorable". A l’Université du Caire et contrairement à toute attente, 80 % des professeurs ont répondu à l’appel de cette grève. Celle-ci a été particulièrement suivie dans les facultés de lettres, de sciences et d’ingénierie.
Cela faisait plusieurs semaines déjà que les profs étaient mobilisés. Ils revendiquent une hausse des salaires de l’ordre de 100 % et une amélioration des conditions de travail (augmentation du budget alloué par le gouvernement aux établissements universitaires et construction de nouvelles universités gouvernementales afin de diminuer la densité des étudiants dans les classes).
Tout commence en 2005
Lors de sa campagne électorale, le président Moubarak promet d’améliorer les salaires des enseignants des écoles par le biais d’un nouveau statut salarial. Cette promesse a mis le gouvernement dans l’embarras. Car il devait trouver les fonds nécessaires à la mise en application de ce nouveau statut, dont le coût s’élèverait à plusieurs milliards de L.E. Après de multiples tractations, le gouvernement a annoncé que le statut salarial des enseignants serait mis en œuvre sur plusieurs étapes. D’autres catégories professionnelles comme les médecins et les professeurs d’universités ont revendiqué à leur tour des hausses de salaires "à l’instar des enseignants". La hausse de l’inflation et la détérioration des conditions de travail ont accentué l’ampleur des revendications.
Le gouvernement qui fait également face à des soulèvements ouvriers et à un mécontentement populaire en raison de la hausse continuelle des prix n’a pas les moyens d’y répondre. Il a essayé donc de diviser les rangs des professeurs. "Il s’agissait de gagner le ralliement des présidents et des doyens des universités en leur faisant miroiter des promotions et des avantages en tous genres. Ces derniers peuvent contribuer à avorter le mouvement de grève", affirme un professeur sous couvert d’anonymat.
Mais même partielle, la grève du 23 mars a été un succès
"C’est un précédent qui prouve que nous pouvons utiliser cette arme pour obtenir nos droits", affirme Moutia Mohamad, assistante à la faculté des lettres. Pour elle, les promesses du gouvernement visent seulement à gagner du temps. "Le gouvernement nous a promis des hausses pour le mois de juillet car il sait que ce mois est un mois "mort". Les profs ne travaillent pas et il n’y a pas de cours. Alors il n’y aura personne pour s’opposer à la décision du gouvernement", ajoute Moutia.
Photo et texte
Névine KAMEL
Source : Le Petit Journal
23:00 Publié dans Egypte, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










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