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31.03.2008

Des Egyptiens perdent la vie pour du pain

Des gens meurent en Egypte pour acheter leur pain. Cette semaine, la presse égyptienne relatait encore le décès d’une femme à Alexandrie, lors d’une bousculade devant une boulangerie publique.

Selon les sources, entre quatre et quinze personnes auraient trouvé la mort depuis une quinzaine de jours devant des boulangeries publiques. Ces troubles sont causés par la très forte hausse du prix du pain sur le marché. Dans les boulangeries privées d’Egypte, une galette de pain d’une centaine de grammes est désormais vendue dix à douze fois plus cher que dans les boulangeries subventionnées par l’état. Conséquence : de plus en plus d’Egyptiens se tournent vers ces boulangeries, où la galette de pain est vendu 5 piastres l’unité, une livre (0,12 centimes d’euros) les 20.

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Boulanger dans le quartier d'Abdeen (photo G.Dedieuleveult)

La boulangerie subventionnée de Saïd Hosman se trouve non loin du palais Abdine. Dans cette ruelle, une cinquantaine de personnes se pressent devant le guichet pour acheter du pain. "Toutes ne seront pas servies", déplore le gérant de l’établissement. "Des instructions informelles limitent à 20 le nombre de galettes par client. Nous recevons assez de farine pour cuire plus de 18 000 galettes par jour, mais ça ne suffit pas et des clients repartent les mains vides après des heures de queue." Devant la boulangerie, l’énervement et la fatigue se lisent sur les visages.

Transformer l’armée en boulangerie

Face à la hausse de la demande de pain subventionné, le président Hosni Moubarak a demandé à l’armée de se transformer en boulangerie, pour fournir la population cairote. Dix fours et 500 kiosques devraient ouvrir prochainement dans la capitale égyptienne. La question est cruciale pour la stabilité du pays. En 1977, le président Sadate avait tenté de réduire les subventions publiques sur le pain. Cela avait donné lieu à des révoltes dans tout le pays.

En arabe égyptien, les mots pain et vie se disent de la même façon : "aïch". Le pain constitue l’aliment de base des 45% d’Égyptiens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Avec 400 grammes par jour et par personne, l’Egypte en est un des plus gros consommateurs au monde.

Dangereuse dépendance alimentaire

Malgré une agriculture très productive, l’Egypte est structurellement déficitaire en blé. Dans un contexte de croissance démographique constante, la dépendance alimentaire égyptienne risque de s’accroître dans les années à venir. Le pays consomme en moyenne 12 à 13 millions de tonnes de blé par an. En janvier dernier, la centrale d’achat publique avait importé 5,6 millions de tonnes de blé. Cela représentait 78% de plus que l’année précédente, à la même période.

La croissance économique égyptienne est proche de 7% mais l’écart entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Selon le gouvernement égyptien, l’inflation a été de 12% sur les douze derniers mois. Cette hausse des prix touche surtout les ménages modestes. Récemment, dans une chaîne de grande distribution installée en Egypte, des offres promotionnelles sur l’huile, la farine et le riz ont donné lieu à des scènes d’émeute dans les allées des magasins.

Les réserves de change à la rescousse

Pour faire face à la hausse de la demande de pain subventionné, le président Moubarak a demandé au gouvernement égyptien de puiser dans les 20 milliards d’euros de réserves de change du pays, afin d’acheter du blé sur le marché international.

Avec la hausse internationale des cours du blé, ces importations pèsent de plus en plus lourd sur le budget égyptien. Sur l’année fiscale 2007-2008, les subventions publiques coûteront 15 milliards de livres égyptiennes au gouvernement (1, 8 milliards d’euros). C’est environ la moitié des revenus fournis par l’exploitation du canal de Suez, une des principales sources de devises de l’économie égyptienne.

Guillaume de Dieuleveult

Source : Alif

Un journaliste égyptien condamné à six mois de prison


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Ibrahim Eissa, rédacteur en chef du quotidien Al Dustour.
© AP/PA Photo/Amr Nabil


Le rédacteur en chef d’un journal égyptien a été condamné mercredi à six mois de prison pour avoir évoqué la santé du président Hosni Moubarak. Ibrahim Eissa, rédacteur en chef du quotidien Al Dustour, avait en effet écrit un article laissant entendre que l’état de santé du président égyptien, âgé de soixante-dix-neuf ans, se dégradait.

Les autorités ont soutenu que cet article avait entraîné des retraits d’investissements étrangers et fait ainsi perdre à l’économie égyptienne 350 millions de dollars.

S’exprimant juste après le prononcé du verdict, Ibrahim Eissa a déclaré que sa condamnation était symptomatique du harcèlement judiciaire dont sont quotidiennement victimes les journalistes. Il a ajouté que ces manœuvres étaient destinées à intimider les journalistes et à les dissuader de dénoncer la politique des autorités et de critiquer publiquement le président Hosni Moubarak.

« Ils veulent en faire une personnalité intouchable, à l’abri de toute critique ou remise en question. Ce verdict est dans le droit-fil des autres condamnations dont moi-même et d’autres rédacteurs en chef avons déjà fait l'objet. Ces condamnations mélangent justice et politique et s’appuient sur toute une série de dispositions de la législation égyptienne qui avaient été abandonnées depuis des lustres et jamais utilisées, a poursuivi Ibrahim Eissa.

« Les engagements pris par le président en 2004 [supprimer les peines de prison pour les délits de presse] n’étaient que des promesses de façade. J’ai été condamné à six mois de prison et d'autres verdicts doivent encore tomber samedi, lundi et samedi en huit. Aucun autre journaliste n'a en une semaine fait l'objet d'aussi nombreuses condamnations et ce, peut-être dans le monde entier ! »

Ibrahim Eissa a été reconnu coupable aux termes des articles 171 et 188 du Code pénal égyptien d’avoir publié en 2007 des informations considérées par les autorités comme préjudiciables à l’intérêt public et à la stabilité nationale. Il peut faire appel de cette décision.

Amnesty International a demandé aux autorités égyptiennes d'abandonner les poursuites engagées contre lui.

« Ce procès s’inscrit dans une politique à plus grande échelle des autorités égyptiennes consistant à intenter des procès en diffamation et d’autres poursuites pour empêcher la diffusion d’informations considérées comme secrètes par les autorités mais qui relèvent en réalité de l’intérêt public, a déclaré Amnesty International. Il fait apparaître à quel point il est nécessaire que le gouvernement modifie la loi controversée sur la presse ainsi que les dispositions du Code pénal qui font de l’information légitime une infraction. »

La Loi sur la presse qui a été adoptée par l’Assemblée nationale égyptienne en juillet 2006 a introduit de nouvelles restrictions à la liberté d’expression. Les journalistes et d’autres personnes continuent de courir le risque d’être incarcérés s’ils commettent des infractions à la législation sur la presse telles que l’outrage à un représentant de l’État.

Lorsque cette loi a été adoptée, des journaux indépendants et des journaux de l’opposition ont interrompu leur publication pendant une journée en signe de protestation, et des centaines de professionnels des médias ont manifesté devant le Parlement.

« Nous espérons que lorsqu’elle examinera cette affaire la Cour d’appel annulera ce jugement, respectant ainsi la liberté de la presse, a ajouté Amnesty International. Les autorités doivent cesser d’utiliser les procès en diffamation pour harceler les journalistes et les empêcher d’informer la population sur des sujets d’intérêt public légitimes. »

Le 31 mars, Ibrahim Eissa comparaîtra à nouveau devant la justice, dans le cadre d’une autre affaire, pour divulgation de fausses informations sur l’état de santé du président Moubarak.

En 2007, il a fait partie des quatre rédacteurs en chef de journaux condamnés en application de l’article 188 du Code pénal égyptien, qui dispose que quiconque « publie avec malveillance des informations, déclarations ou rumeurs mensongères susceptibles de troubler l’ordre public », est passible d'une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement et d'une amende de 20 000 livres égyptiennes (près de 2 300 euros). Ils ont tous les quatre fait appel de leur condamnation et ont été laissés en liberté en attendant l’issue de la procédure ; la prochaine audience doit avoir lieu le 5 avril.

Source : Amnesty International

30.03.2008

Le redacteur en chef d’Al-Doustour condamné à six mois de prison


Reporters sans frontières condamne la décision du tribunal correctionnel de Boulak Abou El-Ela (Le Caire) de condamner, le 26 mars 2008, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al-Doustour, Ibrahim Issa, à six mois de prison. Le journaliste, qui faisait l’objet de huit autres plaintes, toutes invalidées par la justice, a été finalement reconnu coupable de “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”.

"La campagne d’intimidation des journalistes indépendants, qui a débuté en 2007, se poursuit. Les propos du juge, au lendemain de la condamnation, évoquant les limites nécessaires de la liberté de la presse, sont révélateurs de l’attitude générale de la justice vis-à-vis des médias”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 26 mars 2008, le tribunal correctionnel de Boulak Abou El-Ela (Le Caire) a condamné le rédacteur en chef du quotidien Al-Doustour, Ibrahim Issa, à six mois de prison et 200 livres égyptiennes (30 euros) d’amende pour “diffusion de fausses informations nuisibles à l’intérêt général et à la stabilité du pays” en application des articles 171 et 188 du code pénal. L’affaire, qui a débuté le 5 septembre 2007 par une plainte déposée par un membre du Parti national démocratique (PND), concerne la publication d’articles faisant état de rumeurs sur la santé du président égyptien Hosni Moubarak. Contacté par Reporters sans frontières, l’avocat d’Ibrahim Issa a expliqué qu’il allait faire appel du jugement. Il a ajouté que cette décision lui semblait injustifiée d’autant que huit plaintes déposées en 2007, par des avocats proche du pouvoir, reprochant à Ibrahim Issa les mêmes faits, ont été invalidées pour “absence de lien direct et familial entre les plaignants et le président de la République”.

Par ailleurs, le 5 avril 2008, Ibrahim Issa sera jugé en appel, dans une autre affaire de diffamation opposant quatre rédacteurs en chef au PND. Le 13 septembre 2007, le tribunal correctionnel d’Al-Agouza (Le Caire) avait condamné les rédacteurs en chef d’Al-Doustour, Ibrahim Issa, de l’hebdomadaire Al-Fagr, Adel Hammouda, du journal indépendant Saout Al-Oumma, Wael Al-Abrashi, et de l’hebdomadaire Karama, Abdel-Halim Qandil à un an de travaux forcés et 20 000 livres égyptiennes (2600 euros) d’amende pour “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”.

Source : RSF

27.03.2008

Un journaliste condamné pour avoir évoqué l'état de santé du président Moubarak


b5f9ef87f572f509e2426f6f639f6008.jpgRédacteur en chef du magazine d'opposition Al-Doustour et journaliste réputé en Egypte, Ibrahim Issa a été condamné par un tribunal du Caire, mercredi 26 mars, à six mois de travaux forcés pour avoir fait état de rumeurs sur la mauvaise santé du président Hosni Moubarak.

Ibrahim Issa, 43 ans, a été reconnu coupable de "diffusion de fausse information" nuisible "à l'intérêt général et la stabilité du pays". il a été laissé libre après paiement d'une caution de 200 livres égyptiennes (15 euros) et devrait faire appel de la décision du tribunal.

HOSTILITÉ TOTALE DU RÉGIME À LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

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AP/AMR NABIL
"Parler de la santé du président ne devrait pas être un tabou", a estimé Ibrahim Issa, le 26 mars, après sa condamnation à six mois de travaux forcés.


Ce journaliste très connu, plusieurs fois condamné, avait repris cet été dans les colonnes d'Al-Doustour des rumeurs, infondées, sur la dégradation de la santé du président Moubarak, âgé de 79 ans. "Parler de la santé du président ne devrait pas être un tabou, j'ai seulement dit qu'il avait des problèmes sans gravité de circulation sanguine", a affirmé Ibrahim Issa après le verdict, estimant que ce jugement "traduit l'hostilité totale du régime à la liberté de la presse, et sa détermination à emprisonner les journalistes".

Reporters sans frontières, qui s'est intéressé au cas de ce journaliste, rappelle que le procès de M. Issa "a pris une tournure grotesque avec les auditions du directeur de la Banque centrale d'Egypte et du président de l'autorité de régulation boursière". "Le procureur, explique l'organisation, souhaitait prouver qu'Al-Doustour avait provoqué un retrait d'investissements étrangers à la Bourse du Caire à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros".

Source : Le Monde

14.03.2008

Cybermanifestation : plus de 21 000 manifestants sur le site www.rsf.org pour dénoncer la censure du Web



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Reporters sans frontières remercie les 21 843 internautes qui ont cybermanifesté dans un pays ennemi d’Internet, du mercredi 12 au jeudi 13 mars 2008.

"Cette cybermanifestation a montré l’intérêt croissant accordé par le public à la liberté d’expression sur Internet. Nous incitons les internautes à continuer la mobilisation contre les différentes mesures de censure imposées par une quinzaine de gouvernements sur Internet. Notre plateforme reste active et chacun peut venir manifester", a déclaré l’organisation.

A la fin de ces 24 heures contre la censure sur Internet, 21 843 manifestants avaient brandi un slogan dans neuf pays : Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Erythrée, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam. Plus de 100 000 personnes se sont connectées au site de Reporters sans frontières pendant cette période.

"62 cyberdissidents sont toujours emprisonnés pour les articles qu’ils ont publiés sur la Toile et cette manifestation a montré qu’ils n’étaient pas oubliés", a conclu Reporters sans frontières.

Retrouvez la liste des "ennemis d’Internet" et la nouvelle version du Guide pratique du blogueur et du cyberdissident.

Voir également : L’Unesco retire son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet.

Source : RSF

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L'Egypte fait partie des ennemis d'Internet selon Reporters Sans Frontières. "Le développement très rapide du secteur a permis aux internautes de conquérir un espace d’expression dont les autorités se méfient. Le gouvernement égyptien a renforcé la censure sur Internet mais également accru sa répression envers les blogueurs qui s’expriment librement" déclare le site de l'organisation.

12.03.2008

Reporters sans frontières lance sur www.rsf.org la deuxième Journée pour la liberté sur Internet


Participez à la cybermanif

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Consultez la nouvelle liste des Ennemis d’Internet

Téléchargez la version mise à jour du guide pratique du blogueur et du cyberdissident

Reporters sans frontières inaugure, le 12 mars 2008, la deuxième Journée pour la liberté sur Internet.

"Désormais, tous les 12 mars, nous mènerons des actions pour dénoncer la cybercensure dans le monde. La répression croissante des blogueurs et les fermetures toujours plus nombreuses de sites Internet nécessitent une telle mobilisation, imposent une riposte", a déclaré Reporters sans frontières.

"Cette première journée est l’occasion pour tous de manifester dans des lieux où les mouvements de contestation sont normalement impossibles. Nous espérons que nous serons très nombreux à manifester virtuellement place Tiananmen à Pékin, place de la Révolution à Cuba ou dans les rues de Rangoon en Birmanie. Au moins 62 cyberdissidents sont emprisonnés dans le monde actuellement et, en 2007, plus de 2600 sites Internet, blogs ou forums de discussion ont été fermés ou rendus inaccessibles", a indiqué l’organisation.

"Notre liste des ’Ennemis d’Internet’ a également été mise à jour avec l’arrivée de deux pays : l’Ethiopie et le Zimbabwe. Et nous proposons une nouvelle version du guide pratique du blogueur et du cyberdissident", a ajouté Reporters sans frontières.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a appris, le 11 mars dans la soirée, que l’Unesco retirait le patronage qu’elle avait accordé à cette journée (lire le communiqué de l’organisation).

Pour dénoncer la censure exercée par les gouvernements et réclamer plus de libertés sur Internet, Reporters sans frontières appelle à manifester dans neuf pays ennemis du Net. Durant 24 heures, du mercredi 12 mars à 11h jusqu’au jeudi 13 mars à 11h (heure de Paris, GMT +1), les internautes pourront créer un avatar, choisir le message de leur banderole et prendre part à l’une des cybermanifestations qui auront lieu en Birmanie, en Chine, en Corée du Nord, à Cuba, en Egypte, en Erythrée, en Tunisie, au Turkménistan et au Viêt-nam.

La nouvelle liste des "Ennemis d’Internet" établie cette année par Reporters sans frontières compte quinze pays : Arabie saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Ethiopie, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam et Zimbabwe. Ils étaient seulement treize en 2007. Sont venus s’ajouter aux traditionnels censeurs, deux pays subsahariens : le Zimbabwe et l’Ethiopie. "Rien d’étonnant de la part de régimes qui s’en prennent régulièrement aux médias traditionnels. Chez ces derniers, le taux de pénétration d’Internet est faible, très faible, mais suffisant néanmoins pour leur donner quelques cauchemars. Comme leurs aînés, ils puisent dans la panoplie de la censure adaptée à la Toile : arsenal législatif, traque dans les cybercafés, contrôle des fournisseurs d’accès...", écrit Reporters sans frontières en introduction de son rapport.

A cette première liste, ont été joints onze "pays sous surveillance" : Bahreïn, Emirats arabes unis, Erythrée, Gambie, Jordanie, Libye, Malaisie, Sri Lanka, Tadjikistan, Thaïlande et Yémen. À la différence des premiers, ils n’emprisonnent pas les blogueurs et ne censurent pas massivement la Toile. Mais la tentation est grande et les dérapages réguliers. Ces pays ont souvent mis en place le cadre juridique nécessaire pour museler Internet si bon leur semble. Leurs autorités judiciaires ou politiques utilisent parfois les lois antiterroristes pour surveiller et localiser des opposants et des militants qui s’expriment sur le Net.

"Cette chasse aux mal-pensants de la Toile est d’autant plus efficace que de grandes entreprises occidentales se font les complices de ces gouvernements dans la traque aux ’fauteurs de troubles’. En 2007, l’entreprise américaine Yahoo ! a présenté ses excuses pour le ’malentendu’ qui a mené le journaliste Shi Tao en prison pour dix ans. Au total quatre cyberdissidents chinois lui doivent d’être détenus. Elle se serait contentée ’d’obéir aux lois locales’ qui la contraignent à identifier des internautes jugés dangereux...", précise Reporters sans frontières.

Enfin, une nouvelle version du guide pratique du blogueur et du cyberdissident est disponible, en français et en anglais, sur le site www.rsf.org. Ce guide rassemble des conseils et des astuces techniques pour lancer son blog dans de bonnes conditions et contourner la censure sur Internet. Il explique comment bloguer anonymement et propose les témoignages de blogueurs d’Egypte et de Birmanie notamment.

La cybermanifestation a été conçue et réalisée par l’agence Saatchi & Saatchi.

Source : RSF

09.03.2008

La première femme maazoun d'Egypte divise les consciences


A l’occasion de la journée de la femme samedi 8 mars, retour sur la nomination d’Amal Soliman comme "maazoun". Elle est la première musulmane à pouvoir exercer cette profession, qui consiste à sceller les mariages religieux.

Le mois dernier, cette mère de famille de 32 ans et diplômée en Droit accédait à cette fonction, exercée jusqu’à présent exclusivement par des hommes. La polémique n’a pas tardé. L’université d’Al-Azhar, par la voix de son vice-président, le Cheikh Fawzi al-Zafzaf, conteste vivement cette décision en déclarant qu’ "il n'existe pas de textes religieux interdisant à une musulmane d'être maazoun" mais que "quand la femme est en période de menstruation, elle n'a pas le droit d'entrer dans les mosquées, ni de lire le Coran." Raison suffisante pour le refus de l’institution sunnite. Une possible interdiction pour la femme de poser sa main sur celle d’un homme – geste que le maazoun fait pour sceller l’union – est également évoquée pour justifier cette position.

A l’inverse, d’autres considèrent évidemment que cela constitue une réelle avancée pour les droits de la femme et l’égalité des genres en Egypte. "L’Islam prône cette égalité, et c’est une valeur qu’il nous faut appliquer ", déclare Mohamed, étudiant en Droit. "L’école juridique musulmane qui interdit à la femme de poser sa main sur celle d’un homme n’est pas réellement suivie en Egypte, il n’y a donc pas de problème pour qu’une femme soit maazoun", ajoute-t-il avec conviction.

Nomination encouragée par le ministre de la Justice

Dans une société égyptienne dans laquelle le cloisonnement entre sexes reste fort, cette nomination se place dans la continuité d’un mouvement, commencé il y a quelques années, encourageant la nomination de femmes à des postes tels que celui de juge, occupé jusqu’à alors par des hommes. Le ministre de la Justice, Mamduh Meri, ainsi que Ali al-Samman, un responsable laïc du dialogue interreligieux au sein d'institutions islamiques, ont donc appuyé cette décision. Pour Hadir, étudiante en Droit, "la religion doit évoluer avec la société. Sinon, un décalage va se créer petit à petit et les gens seront alors tiraillés entre leur foi et les pratiques sociales courantes qui les entourent."

Plusieurs personnes considèrent également qu’être maazoun n’est qu’une profession comme une autre, et qu’il n’est nullement obligatoire de recourir à ses services pour conclure un mariage religieux. Par conséquent, il n’y aurait aucune raison pour qu’une femme ne puisse pas exercer ce métier, surtout si elle possède toutes les compétences requises.

Enfin, certains considèrent cette féminisation comme un gage de sécurité et de qualité pour les actes effectués. En effet, le maazoun s’occupe de sceller les mariages, mais il est aussi chargé de superviser les divorces. "S’il y a un conflit entre l’homme et la femme, cela permettra peut-être de préserver d’avantage les intérêts de l’épouse et de rendre une décision plus juste", espère Hadir, qui pense que les femmes sont parfois défavorisées dans de telles circonstances.

Il est clair que l'égalité entre les sexes est encore loin de devenir une réalité, que ce soit dans le domaine social ou religieux. D'ailleurs, Ali al-Samman rajoute prudemment qu’ "une femme imam (la personne chargée de conduire la prière dans une mosquée NDLR) c'est une chose tout autre qu'[il] laisse aux spécialistes le soin de débattre."

Benjamin Wiacek

Source : Alif

08.03.2008

L'Egypte épinglée par Reporters Sans Frontières

Reporters Sans Frontières a publié récemment son rapport annuel sur la Liberté de la Presse et les conditions de travail des journalistes dans le monde. L’Egypte est une fois de plus épinglée.

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Reporters Sans Frontières, rapport 2007

Selon l’Arabic Network For Human Rights Information, la présence de l’Etat d’urgence – toujours en vigueur depuis 1981 – de nombreuses lois restreignant la liberté, et plusieurs affaires en justice, ont fait de 2007 "la pire année depuis 1952 » en ce qui concerne la Liberté de la presse en Egypte. Il rajoute également dans son rapport que « les journalistes, écrivains, blogueur, payent un prix très élevé pour la liberté d’expression fournie par le gouvernement."

Réformes restrictives
Des réformes constitutionnelles autorisent désormais les autorités à agir comme bon leur semble, en leur permettant d’arrêter des personnes soupçonnées de terrorisme, de fouiller leur domicile, surveiller leur correspondance et mettre leurs communications sur écoutes sans mandat judiciaire.
De plus, en septembre, quatre rédacteurs en chef ont été condamnés à des peines de travaux forcés pour "diffusion de fausses informations ayant nui à la réputation et à l’intérêt général du pays" et "diffamation", et à une amende de 20.000 livres (2 600 euros) alors qu’ils ne faisaient qu’évoquer l’état de santé du président. Une dizaine de journalistes ont également été traduits devant la justice pour atteinte à "l’intérêt général du pays", à "la sécurité nationale", ou encore au "prestige de la justice" parce qu’ils gênaient certains membres du PND.
Le gouvernement n’est d’ailleurs pas le seul à limiter la liberté de la presse puisque plusieurs fatwas prononcées par un cheikh de la mosquée El Azhar demandent à ce que les journalistes coupables de diffamation puissent être punis de 80 coups de fouet.

Blogs sous surveillance
Internet n’est pas en reste et souffre aussi beaucoup. En février 2007, le blogueur Abdel Nabil Suleiman, dit "Kareem Amer", a été condamné à quatre ans de prison pour avoir "incité à la haine de l’islam" et insulté le président Hosni Moubarak. Devenu le symbole de la répression du gouvernement sur la Toile, de nombreuses ONG telles que RSF ou Amnesty International ne cessent de réclamer sa libération auprès du gouvernement égyptien. Un autre blogueur, Waël Abbas, avait vu, lui, ses comptes fermés – puis réouverts sous les pressions – par Yahoo et Youtube. Les vidéos postées sur son blog ont récemment contribué à faire condamner pour la première fois deux policiers pour torture.

Benjamin PRINGUET

Pour plus d'infos, voir les sites de RSF et HRI.

source : Le Petit Journal

04.03.2008

Le rédacteur en chef d’un site Internet lié aux Frères musulmans détenu depuis deux semaines


Khaled Hamza, rédacteur en chef du site Internet officiel des Frères musulmans, Ikhwanweb, est détenu par les autorités depuis plus de deux semaines. Il a été arrêté le 20 février à Nasr City ( est du Caire), par des membres du Bureau de la sécurité nationale, après un rendez-vous avec le Dr. Violette Dagherre, directrice de la Commission arabe des droits de l’homme à Paris. Selon les membres de l’équipe d’Ikhanweb, Khaled Hamza est l’un des plus « fervents militants pour le dialogue et la paix ». Ils qualifient également cette arrestation de « tentative pour les réduire au silence ». Sa détention pourrait être prolongée de deux semaines. Les arrestations de militants appartenant aux Frères musulmans se sont multipliées au cours des dernières semaines.

Source : RSF

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