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13.04.2008

Neuf journalistes arrêtés pendant les émeutes de Mahalla


Neuf journalistes, des photographes et un caméraman égyptiens font partie des dernières personnes arrêtées dans la ville de Mahalla Al Kubra, à 120 km au nord du Caire, dans le Delta du Nil, a appris la PANA de sources concordantes.

Leur arrestation et garde-à-vue mettent en exergue les difficultés à exercer la profession de journaliste dans ce pays d'Afrique du Nord, où le gouvernement tente d'empêcher la couverture médiatique du soulèvement de la population.

Des affrontements intermittents se sont produits tout au long de la semaine suite à la protestation des employés d'une usine de textile de cette ville du Delta, contre la hausse des prix et la faiblesse des salaires.

Au moins deux personnes, dont un garçon de 15 ans qui suivait depuis son balcon le spectacle, ont été tués dans les heurts entre manifestants et policiers.

Le ministère de l'Information avait déclaré avant la grève générale du 6 avril que les manifestants auraient affaire avec la police.

"Les agences du ministère prendront les mesures fermes immédiates et nécessaires contre toute tentative de manifester, de bloquer la circulation ou d'entraver le fonctionnement du service public" avait averti le ministère dans un communiqué.

L'Egypte a été durement frappée par la hausse des prix des denrées. La Banque mondiale rapporte que l'inflation dans ce pays a fait monter en flèche le coût de la vie, de l'ordre de 50%, depuis le début de l'année. L'institution basée à New York ne prévoit aucune baisse des prix.

Les bloggers égyptiens estiment que ces récentes arrestations démontrent que le gouvernement ne veut pas "qu'on montre des images de cette situation". Sur le célèbre blog, 3arabawy, du journaliste Hossam Al Hamalawy, les heurts entre la police et les citoyens sont dénommés "intafada".

Au moins 20% de cette population de 80 millions d'habitants vivent avec environ 2 dollars US par jour. Face à la stagnation des salaires, les grèves ont éclaté dans tout le pays, notamment dans l'usine nationale de textile de Mahalla.

D'autre part, George Ishaq, leader du mouvement d'opposition Kefaya, a été libéré après deux jours de détention à la police - pour une caution de 10 000 LE.

D'autres activistes sont toujours en garde-à-vue, accusés par le gouvernement "d'incitation à manifester".

Son arrestation, espèrent les activistes, va galvaniser les autres afin qu'ils prennent la tête des manifestations de rue à l'occasion de la grève générale prévue le 4 mai "en l'honneur" de la célébration du 80ème anniversaire du président Hosni Mubarak.

"J'espère que son (Ishaq) arrestation donnera plus de confiance à la population pour continuer à bouger afin de faire changer ce pays" a déclaré un activiste, demandant que son nom ne soit pas révélé.

Panapress


Source : Afriquenligne

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