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25.04.2008

Nouvelle libération suite à la répression du 6 avril

La créatrice du groupe « 6 avril » sur Facebook, Esraa Abdel Fattah Ahmed, a été libérée le 23 avril. Elle était détenue depuis le 7 avril à la prison Al Kanater, au Caire, bien que le procureur général avait ordonné sa libération le 17 avril.

« Sa libération est principalement due à la pression médiatique et à l’appel que sa mère a lancé au président Hosni Moubarak et à sa femme dans la presse », a affirmé un témoin à Reporters sans frontières. Le 22 avril, la mère d’Esraa Abdel Fattah Ahmed avait fait publier « Du cœur de la mère d’Esraa au cœur de Moubarak, à celui de Suzanne et de Habib al-Adli » dans la presse égyptienne.

Plus de 20 personnes sont toujours derrière les barreaux suite aux arrestations de ce mouvement de protestation, le 6 avril dernier, au Caire. Au moins deux d’entre elles sont des blogueurs. Kareem El Beheiri, l’un des ouvriers de Mahalla (nord du Caire), témoigne des conditions de vie des travailleurs et défend les droits de l’homme sur son blog. Ahmad Badawi critique la ligne conservatrice de la politique du gouvernement. Le 4 mai, jour du 80è anniversaire de Hosni Moubarak, une nouvelle journée de mobilisation est prévue par la blogosphère égyptienne pour appeler à leur libération.

Source : RSF

23.04.2008

Le blogueur Mahamed El Sharkawi libéré...

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Une des affiches de la grève générale du 6 avril...

Mahamed El Sharkawi
a été libéré par les autorités égyptiennes le 21 avril 2008. Il avait été arrêté le 5 avril alors qu’il distribuait des tracts appelant les habitants du Caire à faire grève pour manifester contre la hausse des prix. Il était détenu à la prison du quartier du Marg, au Caire, et avait entamé une grève de la faim depuis quatre jours.

Mahamed El Sharkawi est également directeur de la maison d’édition Malameh (« Les traits ») au Caire, qui a fait l’objet d’une perquisition de la police égyptienne de la morale, le 16 avril, en raison de la publication d’une bande-dessinée, « Metro », écrite dans un langage courant « portant atteinte au comportement public ».

L’initiatrice du groupe « 6 avril » sur le réseau social en ligne Facebook, qui appelait à une mobilisation le jour-même, Esraa Abdel Fattah Ahmed, est toujours détenue alors que le procureur général a ordonné sa libération le 17 avril dernier. Son groupe comptait plus de 65 000 membres.

Kareem El Beheiri, l’un des ouvriers arrêtés lors des manifestations dans la ville de Mahalla (nord du Caire), connu par les articles qu’il publiait sur son blog, est toujours détenu. Il a par ailleurs été licencié sans motif.

Source : RSF

19.04.2008

Une perversion de la justice: 25 personnes emprisonnées en Égypte


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Khairat al Shatir, numéro trois des Frères musulmans, condamné à sept ans d’emprisonnement. (© Amr Nabil/AP/PA Photo)

Mardi, un tribunal militaire égyptien a condamné 25 membres du mouvement d’opposition des Frères musulmans à de la prison, ce qu’Amnesty International considère comme une « perversion de la justice ».

« Il semble que ce procès ait eu un fondement politique dès le départ, lorsque le président Moubarak a déféré les accusés devant un tribunal militaire, faisant fi de la décision d’un tribunal civil qui avait ordonné que certains d’entre eux soient remis en liberté, a déclaré Amnesty International.

« À la lumière des condamnations prononcées ce jour, il ne fait quasiment plus aucun doute que les autorités égyptiennes sont déterminées à saper le principal groupe d'opposition du pays. »

Le tribunal militaire de Haykstep, au nord du Caire, a condamné 25 accusés, dont sept qui ne sont pas incarcérés et ont été jugés par contumace, à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à dix ans. Quinze autres inculpés ont été acquittés et doivent être libérés.

Khairat al Shatir, numéro trois des Frères musulmans, et Hassan Malek ont été condamnés à sept ans d’emprisonnement. Seize autres personnes ont été condamnées à passer entre trois et cinq ans derrière les barreaux. Parmi les accusés jugés par contumace, cinq ont été condamnés à dix ans d'emprisonnement et les deux autres à cinq ans.

Tous ont été jugés pour des actes liés au terrorisme et pour blanchiment d’argent – des accusations qu’ils ont niées. Plus précisément, on leur reprochait d’avoir financé une organisation interdite et fourni des armes et un entraînement militaire à des étudiants. Ils peuvent faire appel de leur condamnation auprès de la Haute Cour militaire, mais cette instance n’examine que la forme, pas le fond.

Reporté à deux reprises, ce jugement a été rendu alors même que quelque 200 partisans des Frères musulmans, dont des proches des accusés, auraient été arrêtés par les forces de sécurité au moment où ils tentaient d’entrer dans la caserne où se déroulait le procès.

Les observateurs des droits humains et les médias n’ont pas été autorisés à entrer dans le tribunal. Les avocats de la défense n’ont pas non plus été admis, à l’exception du responsable de l’équipe juridique défendant les accusés.

Des milliers de membres des forces de sécurité auraient été déployés tout le long de l’itinéraire menant au tribunal, à Haykstep, ainsi que le long des routes principales conduisant au centre du Caire, afin d’empêcher toute manifestation hostile au jugement rendu par le tribunal militaire.

Le procès très médiatisé de ces 40 hommes – tous des civils – s’est ouvert le 26 avril 2007, après que le président Moubarak eut ordonné, en février 2007, qu’ils soient jugés par un tribunal militaire. Un tribunal civil avait précédemment rejeté les charges pesant sur 17 d’entre eux.

Les observateurs internationaux envoyés par Amnesty International et d’autres organisations n’ont pas pu assister au procès.

« Faire comparaître des civils devant une juridiction militaire, dont les juges sont des membres des forces armées en service actif, est intrinsèquement injuste et contraire aux normes internationales d’équité des procès, que les accusés disposent ou non d’un droit d’appel, a conclu Amnesty International. Tous les accusés déclarés coupables doivent être rejugés dans les meilleurs délais par une juridiction civile qui respecte les normes internationales d’équité, ou être remis en liberté. »

Source : Amnesty International

18.04.2008

Trois journalistes interpellés et une bande dessinée censurée


Trois journalistes ont été interpellés, le 15 avril 2008, devant la cour militaire du Caire où se tenait le procès de responsables de l’organisation des Frères musulmans. Jorge Fuentelsaz, cameramen de l’agence de presse espagnole EFE, Mou’awwad Goudah, journaliste au bureau du Caire de la chaîne de télévision britannique BBC et Alaa Ameen, cameraman de la chaîne satellitaire Abou Dhabi, ont été arrêtés alors qu’ils couvraient les manifestations organisées en marge du procès. Ils ont été détenus pendant quatre heures et ils se sont vu confisqués leurs enregistrements.

Le même jour, une brigade de la police de la morale a fait une descente au siège de la maison d’édition Malameh, propriété du blogueur Mohamed El Sharkawi. Les policiers ont confisqué la totalité des exemplaires d’une bande dessinée à caractère socio-économique intitulée "Métro". Selon l’association HRinfo, les autorités reprocheraient à la bande dessinée de violer certaines règles de "morale publique". Cette décision est intervenue alors que le blogueur Mohamed El Sharkawi est en détention provisoire depuis le 6 avril 2008 pour avoir apporté son soutien aux "révoltes de la faim".

Source : RSF

17.04.2008

Les victimes de la répression témoignent...

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Des manifestants sont attrapés par un policier en civil le 7 avril 2008 (AFP)

Présentées par les médias égyptiens officiels comme une "orgie de violence et de pillage", les émeutes des 6 et 7 avril étaient pacifiques et ont été férocement réprimées. Une enquête du Daily Star.

Quelques jours après les violents affrontements qui ont opposé forces de sécurité et manifestants à Mahalla El-Kobra [banlieue du Caire], un calme précaire est retombé sur la ville. Seules les vitrines brisées, les toiles de tente synthétiques masquant les façades ravagées des boutiques et l'énorme présence policière témoignent de la colère qui a explosé dans cette petite ville.

Dans une rue parallèle bien éloignée du lieu des manifestations se trouve l'immeuble où Ahmed Mabrouk Hamada, 15 ans, a été abattu alors qu'il se trouvait sur le balcon, au troisième étage. Ali, son père, nous montre l'endroit où son fils a été tué. Nous voyons un grand morceau de tissu couvert du sang d'Ahmed. Sur la gauche, le balcon voisin est criblé par une ligne verticale de ce qui ressemble à des impacts de balles.

"Il était à peu près 23 heures et Ahmed jouait sur son ordinateur, nous raconte Ali. Je lui ai dit : 'Va te coucher Ahmed, tu as classe demain matin.' Il a dit : 'D'accord', a éteint l'ordinateur et est allé au lit. Nous avons entendu du bruit dans la rue. Ahmed s'est levé et on s'est retrouvés sur le balcon à regarder ce qui se passait en bas. On a vu des soldats et des policiers habillés en noir et on a entendu : 'Ouvrez le feu ! Ouvrez le feu !' Mon fils a hurlé de douleur. Je l'ai regardé et j'ai vu qu'il avait la figure couverte de sang. Il s'est écroulé. Nous avons appelé les secours deux fois, mais ils nous ont dit qu'ils ne viendraient pas : alors, on a porté Ahmed jusqu'à la voiture d'un voisin. On l'a emmené jusqu'à la clinique privée El-Hoda. Ils ont refusé de le prendre ; alors, on l'a emmené à l'hôpital Al-Aas, où il est mort."

Selon Mohamed, un ami de la famille, la balle qui a tué Ahmed est entrée dans le crâne par la mâchoire et ressortie par la tempe, ce qui laisse entendre que le coup de feu est parti d'en bas. Le fait que la balle ait parcouru trois étages, puis ait traversé la tête semble indiquer qu'il s'agit d'une balle réelle : les balles en caoutchouc ne sont normalement pas mortelles, sauf à courte portée.

En l'absence d'enquête officielle, il est impossible de dire avec certitude qui a actionné l'arme qui a tué Ahmed. Cependant, l'organisation Human Rights Watch affirme - dans une déclaration condamnant l'usage non justifié d'armes mortelles et d'un recours à la force excessif par les organes de sécurité - que, selon les témoignages qu'elle a recueillis, "seule la police a tiré à balles réelles pendant les manifestations".

Alaa El-Shioumy, l'oncle d'Ahmed, assure que la famille ne souhaite pas de compensation financière pour la mort du jeune homme ; tout ce qu'elle veut, c'est une reconnaissance officielle de responsabilité et des excuses. "Nous voulons une déclaration officielle proclamant que ce qui s'est passé est "haram", mal, injuste… Il suffit qu'un responsable déclare que le ministère de l'Intérieur n'ignorera pas l'événement et mènera une enquête." Et d'ajouter : "La vie humaine n'a-t-elle donc aucune valeur ?" Les journalistes qui ont tenté d'interroger les parents des personnes arrêtées lors des manifestations des 6 et 7 avril ont eux-mêmes été arrêtés la semaine dernière : un geste brutal pour empêcher toute révélation sur les abus commis précédemment par les forces de sécurité.

Les médias publics ont présenté les événements de Mahalla comme une orgie de violence et de pillage, une répétition des événements de janvier 1977, quand l'annonce que le président Anouar El-Sadate allait augmenter le prix du pain avait provoqué des manifestations au cours desquelles des dizaines de personnes avaient été tuées dans des affrontements avec les forces de sécurité. Ces deux jours d'émeutes - déclenchées par la pauvreté, la faim et la colère - avaient été qualifiés de "révolution des voleurs" par les médias officiels.

La place principale de Mahalla ressemble toujours à une garnison : une trentaine de camions de sécurité y sont garés. Des troupes supplémentaires sont venues des régions environnantes pour prêter main-forte. Les forces de sécurité surveillent les portes de toutes les mosquées que nous avons aperçues sur notre route et les bâtiments du gouvernement sont gardés par un nombre impressionnant de policiers anti-émeute, équipés de gaz lacrymogènes.

Le Daily News Egypt [supplément égyptien du Daily Star] s'est également entretenu avec Ahmed El-Sayyed, dont le fils fait partie des quelque 215 personnes actuellement détenues à Mahalla. El-Sayyed affirme que Mahmoud, son fils, a été arrêté lundi dans son magasin et qu'il n'était pas impliqué dans les protestations. "Environ 15 policiers ont arrêté mon fils alors qu'il se trouvait dans son magasin et l'ont emmené. Je ne sais pas du tout où il se trouve en ce moment. Ils ont frappé son collègue à la tête avec une chaise : il a dû avoir dix points de suture. Il m'a raconté ce qui est arrivé à Mahmoud", déclare-t-il.

El-Sayyed fait partie des centaines de parents de détenus qui se sont rassemblés devant le commissariat de police de Mahalla. Il est également de ceux qui ont cherché à aider le journaliste américain James Buck et son interprète, Mohamed Marei, à échapper à l'arrestation quand des policiers ont voulu les appréhender alors qu'ils discutaient avec des manifestants. Buck a été relâché après une nuit de détention, mais son interprète égyptien n'a pas eu la même chance.

L'école Taha Hussein de Mahalla, vandalisée et pillée par des inconnus, a été présentée par les médias nationaux comme une preuve que les émeutes des 6 et 7 avril étaient conduites par des criminels et qu'elles n'étaient pas simplement l'expression du mécontentement populaire - une affirmation qu'El-Sayyed conteste. Selon lui, le pillage de l'école et sa couverture médiatique ont été orchestrés pour appuyer la thèse du gouvernement.

"Les policiers se tenaient à côté. Ils ont observé les jeunes en train de voler les ordinateurs de l'école et s'enfuir. Lorsque l'équipe de la chaîne de télévision nationale [contrôlée par l'Etat] est arrivée, elle s'est dirigée tout droit vers l'école, explique-t-il. Ils n'ont pas filmé les manifestations de protestation, les gens qui ont été battus dans la rue. Ils n'ont filmé que ce qu'ils voulaient filmer."

Sarah Carr

Source : Courrier international, et l'article original sur The Daily Star (le Caire)

16.04.2008

25 dirigeants islamistes condamnés...

Deux articles sur la condamnation, hier, de 25 dirigeants des Frères Musulmans par une cour militaire :

Prison ferme pour 25 dirigeants islamistes devant une cour militaire

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Des partisans des Frères musulmans lors d'échauffourées avec la police anti-émeute, le 15 avril 2008 au nord-est du Caire

LE CAIRE — La justice militaire égyptienne a condamné mardi 25 dirigeants des Frères musulmans, accusés de financement d'une organisation interdite, à des peines allant jusqu'à 10 ans de prison, acquittant 15 autres.

Le numéro trois de la confrérie islamiste, Khaïrat al-Chater, important homme d'affaires et responsable financier du mouvement, a été condamné à sept ans de prison, tout comme un autre dirigeant, Hassan Malek, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Cinq membres des Frères se trouvant à l'étranger ont écopé de 10 ans de prison, tandis que 18 autres ont été condamnés --dont deux par contumace-- à des peines allant de trois à cinq ans, d'après la même source.

Les 15 autres membres de la confrérie jugés dans la même affaire ont été acquittés par le tribunal, situé dans la zone militaire d'Haikstep, au nord-est du Caire.

Les verdicts prononcés par la justice militaire sont sans appel.

Accusés de "blanchiment d'argent et financement d'une organisation interdite", les 40 hommes comparaissaient à huis clos depuis le 26 avril 2007.

La confrérie des Frères musulmans, créée en 1928, a été officiellement interdite en 1954, mais elle est relativement tolérée.

Elle détient un cinquième des sièges au Parlement depuis sa percée historique lors des législatives de 2005. Ses députés avaient alors été élus sous l'étiquette "indépendants".

C'est le président égyptien Hosni Moubarak qui avait décidé de déférer les 40 hommes, détenus depuis décembre 2006, devant la justice militaire.

De nombreuses organisations internationales des droits de l'Homme avaient critiqué l'Egypte pour avoir déféré des civils devant des juridictions militaires.

"Il s'agit d'un jugement injuste et extrêmement étrange. Ce sont des condamnations politiques (...), qui reflètent l'extrême violence du régime envers les Frères musulmans", a déclaré à l'AFP le numéro deux de la confrérie, Mohammed Habib.

Pour Amnesty International, le verdict constitue "une subversion de la justice en Egypte".

"Le verdict d'aujourd'hui ne laisse aucun doute sur le fait que les autorités égyptiennes veulent à tout prix poursuivre leur campagne visant à saper, à tous les niveaux, le principal groupe d'opposition du pays", a dit à l'AFP Nicole Choueiry, porte-parole d'Amnesty International pour le Moyen-Orient.

Les accusés avaient été arrêtés lors d'une rafle dans les rangs de la confrérie, après une démonstration d'arts martiaux d'aspect militaire menée par des étudiants islamistes dans l'enceinte de l'Université islamique d'Al-Azhar, au Caire.

Malgré une décision de la Cour d'assises ordonnant leur libération, M. Chater et d'autres cadres des Frères musulmans ont été maintenus en détention.

La campagne à l'encontre de la confrérie a en particulier visé le financement du mouvement. Les avoirs de M. Chater ont été gelés, ainsi que ceux d'autres hommes d'affaires liés aux Frères musulmans.

Mardi, 34 sympathisants de la confrérie et proches des accusés ont été arrêtés devant le tribunal militaire après s'être heurtés aux forces de sécurité, déployées en masse, a-t-on en outre appris de source de sécurité.

Trois journalistes, dont un photographe de l'agence espagnole EFE, ont été interpellés puis relâchés, a précisé la source de sécurité.

La carte mémoire de l'appareil photo du photographe a toutefois été confisquée par la police, a indiqué à l'AFP le directeur d'EFE au Caire, Javier Otazu.

Le gouvernement égyptien accuse la confrérie de vouloir réactiver son aile militaire et de viser à terme à renverser le régime.

La confrérie a été mise hors-jeu lors des municipales du 8 avril, scrutin qu'elle a boycotté après avoir vu l'écrasante majorité de ses candidats écartés.

Les Etats-Unis se sont dits inquiets des informations faisant état d'arrestations, de harcèlement ou de censure de candidatures à l'occasion des municipales, réclamant plus de liberté en Egypte.

Source : AFP

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«Ce verdict ouvre une période d'incertitude en Egypte»


Décryptage par Diaa Rashwan, chercheur au centre Al-Ahram d’études politiques et stratégiques du Caire.

Comment analysez-vous ce jugement?
C’est un verdict très sévère qui ouvre une période d’incertitude pour l’Egypte. Les deux blocs principaux du pays s’affrontent: le régime, et les Frères, la première force d’opposition. Quant au troisième bloc, le peuple, on ne peut prévoir ses réactions. Il n’est pas organisé, mais la frustration monte, comme l’ont montré les événements récents à Mahalla [où deux personnes ont trouvé la mort dans les affrontements qui ont opposé les 6 et 7 avril forces anti-émeutes et ouvriers réclamant des hausses de salaire].

Comment peut réagir la confrérie?
Ils peuvent encaisser le coup comme d’habitude, ou entrer dans une phase de confrontation avec le régime. Comme tout mouvement politique, la confrérie est tiraillée entre modérés et radicaux. Il faut attendre de voir quelle faction va l’emporter.

Que révèle ce verdict sur l’attitude du régime à l’égard des Frères musulmans?
C’est une étape supplémentaire dans sa stratégie développée depuis les législatives de 2005 [les Frères musulmans avaient remporté un cinquième des sièges du Parlement, sous l’étiquette d’indépendants]. Le régime ne cherche pas à les éradiquer, mais à les exclure du champ politique. Ce qu’ont confirmé les municipales du 8 avril: les Frères n’avaient été autorisés à présenter que 20 candidats sur 52.000 sièges à pourvoir.

Le recours aux tribunaux militaires a été critiqué, mais le processus est allé à son terme…

Le pouvoir a l’habitude de négliger les critiques internes, tout comme celle des ONG internationales. Et vis-à-vis des Etats étrangers, le régime sait qu’il a les mains libres. Il y a une forme d’hypocrisie de l’Europe et des Etats-Unis: le régime égyptien sait très bien qu’à leurs yeux, les intérêts stratégiques et militaires priment sur les Droits de l’homme ou la démocratie.

Laurent Roche

Source : 20minutes

15.04.2008

Gamal al-Banna prône une nouvelle vision de l’Islam


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Gamal al-Banna dans son bureau (Vivien Pertusot)

A 88 ans, Gamal al-Banna, frère cadet du fondateur des Frères musulmans, met sur pied une nouvelle organisation : la Fondation pour la Renaissance Islamique. C'est le fruit de soixante années de réflexion sur l’Islam, pour mieux le faire renaître.

Gamal al-Banna accueille ses hôtes dans son appartement, d’où il sort peu. Sur son bureau s’accumulent des piles de livres et de feuilles de papier. Les murs sont tapissés de livres, la lumière est tamisée. Dans cette antre du savoir, il présente ses positions avec une vivacité d’esprit étonnante.
Depuis la publication en 1946 d’Une Nouvelle démocratie, il n’a cessé d’écrire sur des sujets aussi variés que le droit des femmes ou la République de Weimar. Il a peu à peu affiné sa vision de la société idéale. Une société "où la religion doit quitter le domaine du politique", où l’interprétation du Coran est offerte à tous. "Le Coran est un guide en lui-même", dont l’harmonie musicale est aussi "puissante qu’une symphonie de Beethoven", explique-t-il.
Al-Banna perçoit la société musulmane comme une société de justice. Il reflète ici une pensée islamique traditionnelle où la justice est plus importante que les libertés. C’est la clé "d’une société raisonnable et accomplie" selon lui. Pour cela, aucun besoin de l’Islam dans la sphère publique ; il faut des ONG, des syndicats, des partis politiques.

Selon lui, les jurisprudences islamiques établissent des "lignes fixes"

Le Coran offre une liberté d’interprétation suffisamment large pour trouver des réponses aux questions actuelles. Ainsi énonce-t-il douze principes dans le manifeste de la Fondation pour la Renaissance Islamique qu’il dit être tirés directement du Coran. Il revendique que l’objectif de l’Islam est de préparer l’être humain à hériter de la Terre, que l’interprétation du Coran doit être adaptée à l’époque dans laquelle nous vivons.
A l’opposé des revendications de son frère Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans - "qui échoueront" clame-t-il, il prône un abandon de "la notion insoutenable que l’Islam doit être à la source et gouverner tous les aspects des actions et pensées humaines". Il se prononce en faveur de la liberté d’expression et de croyance et de l’égalité entre hommes et femmes, car ces dernières ont souffert de textes salafistes fondés "sur des paroles de Muhammad fabriquées ou dont l’origine n’est pas certaine".
Mais, Gamal al-Banna est pragmatique. Il ne travaille pas pour la génération actuelle. Il donne cinquante ans à ses idées avant qu’elles ne puissent se répandre complètement. Il s'y est résolu : "C’est très dur de faire évoluer les choses en matière de tradition et de religion."

Vivien PERTUSOT

Source : le Petit Journal

14.04.2008

Des manifestants blessés enchaînés à leurs lits d'hôpital


Plusieurs dizaines d'Egyptiens, blessés au cours de manifestations la semaine dernière dans la cité industrielle de Mahalla, sont maintenus en détention et enchaînés à leurs lits d'hôpital, a dénoncé dimanche une ONG égyptienne des droits de l'Homme.

L'Initiative égyptienne pour les droits personnels (IEDP) souligne qu'enchaîner des blessés à leurs lits d'hôpital constitue une violation de la loi égyptienne, du droit international et de la déontologie médicale. "Les victimes de la brutalité policière doivent être soignées, non pas subir plus de violations", souligne Ragia Elgerzawy, du Programme des droits de l'Homme à l'IEDP. "C'est scandaleux que ces violations soient commises et qu'il n'ait eu aucune objection de la part de magistrats ou des médecins de l'hôpital", a-t-elle poursuivi. Des journaux égyptiens ont publié dimanche des images montrant des blessés lors des manifestations enchaînés par les bras ou les jambes à leurs lits d'hôpital, des pratiques habituelles dénonce l'IEDP. Deux personnes sont mortes au cours de deux jours de manifestations le 6 et le 7 avril qui ont dégénéré en affrontements dans la cité industrielle de Mahalla, dans le delta du Nil. (TAS)

Source : Levif.be

13.04.2008

Neuf journalistes arrêtés pendant les émeutes de Mahalla


Neuf journalistes, des photographes et un caméraman égyptiens font partie des dernières personnes arrêtées dans la ville de Mahalla Al Kubra, à 120 km au nord du Caire, dans le Delta du Nil, a appris la PANA de sources concordantes.

Leur arrestation et garde-à-vue mettent en exergue les difficultés à exercer la profession de journaliste dans ce pays d'Afrique du Nord, où le gouvernement tente d'empêcher la couverture médiatique du soulèvement de la population.

Des affrontements intermittents se sont produits tout au long de la semaine suite à la protestation des employés d'une usine de textile de cette ville du Delta, contre la hausse des prix et la faiblesse des salaires.

Au moins deux personnes, dont un garçon de 15 ans qui suivait depuis son balcon le spectacle, ont été tués dans les heurts entre manifestants et policiers.

Le ministère de l'Information avait déclaré avant la grève générale du 6 avril que les manifestants auraient affaire avec la police.

"Les agences du ministère prendront les mesures fermes immédiates et nécessaires contre toute tentative de manifester, de bloquer la circulation ou d'entraver le fonctionnement du service public" avait averti le ministère dans un communiqué.

L'Egypte a été durement frappée par la hausse des prix des denrées. La Banque mondiale rapporte que l'inflation dans ce pays a fait monter en flèche le coût de la vie, de l'ordre de 50%, depuis le début de l'année. L'institution basée à New York ne prévoit aucune baisse des prix.

Les bloggers égyptiens estiment que ces récentes arrestations démontrent que le gouvernement ne veut pas "qu'on montre des images de cette situation". Sur le célèbre blog, 3arabawy, du journaliste Hossam Al Hamalawy, les heurts entre la police et les citoyens sont dénommés "intafada".

Au moins 20% de cette population de 80 millions d'habitants vivent avec environ 2 dollars US par jour. Face à la stagnation des salaires, les grèves ont éclaté dans tout le pays, notamment dans l'usine nationale de textile de Mahalla.

D'autre part, George Ishaq, leader du mouvement d'opposition Kefaya, a été libéré après deux jours de détention à la police - pour une caution de 10 000 LE.

D'autres activistes sont toujours en garde-à-vue, accusés par le gouvernement "d'incitation à manifester".

Son arrestation, espèrent les activistes, va galvaniser les autres afin qu'ils prennent la tête des manifestations de rue à l'occasion de la grève générale prévue le 4 mai "en l'honneur" de la célébration du 80ème anniversaire du président Hosni Mubarak.

"J'espère que son (Ishaq) arrestation donnera plus de confiance à la population pour continuer à bouger afin de faire changer ce pays" a déclaré un activiste, demandant que son nom ne soit pas révélé.

Panapress


Source : Afriquenligne

12.04.2008

Cinq hommes condamnés pour homosexualité

Cinq hommes reconnus coupables d'homosexualité ont été condamnés à trois ans de prison et trois ans de mise à l'épreuve sous surveillance policière en Egypte, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Quatre d'entre eux sont séropositifs.

Selon l'avocat des accusés, Me Adel Ramadan, le juge a déclaré les suspects coupables de "pratiques habituelles de débauche", expression utilisée par le système judiciaire égyptien pour désigner des rapports homosexuels librement consentis.

Une centaine de groupes de défense des droits de l'Homme ont dénoncé le procès, estimant que les autorités étaient mues par l'ignorance et la peur du SIDA et que cela risquait de saper les efforts réalisés dans la lutte contre cette maladie.

Source : Yahoo news

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