19.04.2008
Une perversion de la justice: 25 personnes emprisonnées en Égypte
Mardi, un tribunal militaire égyptien a condamné 25 membres du mouvement d’opposition des Frères musulmans à de la prison, ce qu’Amnesty International considère comme une « perversion de la justice ».
« Il semble que ce procès ait eu un fondement politique dès le départ, lorsque le président Moubarak a déféré les accusés devant un tribunal militaire, faisant fi de la décision d’un tribunal civil qui avait ordonné que certains d’entre eux soient remis en liberté, a déclaré Amnesty International.
« À la lumière des condamnations prononcées ce jour, il ne fait quasiment plus aucun doute que les autorités égyptiennes sont déterminées à saper le principal groupe d'opposition du pays. »
Le tribunal militaire de Haykstep, au nord du Caire, a condamné 25 accusés, dont sept qui ne sont pas incarcérés et ont été jugés par contumace, à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à dix ans. Quinze autres inculpés ont été acquittés et doivent être libérés.
Khairat al Shatir, numéro trois des Frères musulmans, et Hassan Malek ont été condamnés à sept ans d’emprisonnement. Seize autres personnes ont été condamnées à passer entre trois et cinq ans derrière les barreaux. Parmi les accusés jugés par contumace, cinq ont été condamnés à dix ans d'emprisonnement et les deux autres à cinq ans.
Tous ont été jugés pour des actes liés au terrorisme et pour blanchiment d’argent – des accusations qu’ils ont niées. Plus précisément, on leur reprochait d’avoir financé une organisation interdite et fourni des armes et un entraînement militaire à des étudiants. Ils peuvent faire appel de leur condamnation auprès de la Haute Cour militaire, mais cette instance n’examine que la forme, pas le fond.
Reporté à deux reprises, ce jugement a été rendu alors même que quelque 200 partisans des Frères musulmans, dont des proches des accusés, auraient été arrêtés par les forces de sécurité au moment où ils tentaient d’entrer dans la caserne où se déroulait le procès.
Les observateurs des droits humains et les médias n’ont pas été autorisés à entrer dans le tribunal. Les avocats de la défense n’ont pas non plus été admis, à l’exception du responsable de l’équipe juridique défendant les accusés.
Des milliers de membres des forces de sécurité auraient été déployés tout le long de l’itinéraire menant au tribunal, à Haykstep, ainsi que le long des routes principales conduisant au centre du Caire, afin d’empêcher toute manifestation hostile au jugement rendu par le tribunal militaire.
Le procès très médiatisé de ces 40 hommes – tous des civils – s’est ouvert le 26 avril 2007, après que le président Moubarak eut ordonné, en février 2007, qu’ils soient jugés par un tribunal militaire. Un tribunal civil avait précédemment rejeté les charges pesant sur 17 d’entre eux.
Les observateurs internationaux envoyés par Amnesty International et d’autres organisations n’ont pas pu assister au procès.
« Faire comparaître des civils devant une juridiction militaire, dont les juges sont des membres des forces armées en service actif, est intrinsèquement injuste et contraire aux normes internationales d’équité des procès, que les accusés disposent ou non d’un droit d’appel, a conclu Amnesty International. Tous les accusés déclarés coupables doivent être rejugés dans les meilleurs délais par une juridiction civile qui respecte les normes internationales d’équité, ou être remis en liberté. »
Source : Amnesty International
11:15 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Politique , Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.04.2008
Les victimes de la répression témoignent...
Présentées par les médias égyptiens officiels comme une "orgie de violence et de pillage", les émeutes des 6 et 7 avril étaient pacifiques et ont été férocement réprimées. Une enquête du Daily Star.
Quelques jours après les violents affrontements qui ont opposé forces de sécurité et manifestants à Mahalla El-Kobra [banlieue du Caire], un calme précaire est retombé sur la ville. Seules les vitrines brisées, les toiles de tente synthétiques masquant les façades ravagées des boutiques et l'énorme présence policière témoignent de la colère qui a explosé dans cette petite ville.
Dans une rue parallèle bien éloignée du lieu des manifestations se trouve l'immeuble où Ahmed Mabrouk Hamada, 15 ans, a été abattu alors qu'il se trouvait sur le balcon, au troisième étage. Ali, son père, nous montre l'endroit où son fils a été tué. Nous voyons un grand morceau de tissu couvert du sang d'Ahmed. Sur la gauche, le balcon voisin est criblé par une ligne verticale de ce qui ressemble à des impacts de balles.
"Il était à peu près 23 heures et Ahmed jouait sur son ordinateur, nous raconte Ali. Je lui ai dit : 'Va te coucher Ahmed, tu as classe demain matin.' Il a dit : 'D'accord', a éteint l'ordinateur et est allé au lit. Nous avons entendu du bruit dans la rue. Ahmed s'est levé et on s'est retrouvés sur le balcon à regarder ce qui se passait en bas. On a vu des soldats et des policiers habillés en noir et on a entendu : 'Ouvrez le feu ! Ouvrez le feu !' Mon fils a hurlé de douleur. Je l'ai regardé et j'ai vu qu'il avait la figure couverte de sang. Il s'est écroulé. Nous avons appelé les secours deux fois, mais ils nous ont dit qu'ils ne viendraient pas : alors, on a porté Ahmed jusqu'à la voiture d'un voisin. On l'a emmené jusqu'à la clinique privée El-Hoda. Ils ont refusé de le prendre ; alors, on l'a emmené à l'hôpital Al-Aas, où il est mort."
Selon Mohamed, un ami de la famille, la balle qui a tué Ahmed est entrée dans le crâne par la mâchoire et ressortie par la tempe, ce qui laisse entendre que le coup de feu est parti d'en bas. Le fait que la balle ait parcouru trois étages, puis ait traversé la tête semble indiquer qu'il s'agit d'une balle réelle : les balles en caoutchouc ne sont normalement pas mortelles, sauf à courte portée.
En l'absence d'enquête officielle, il est impossible de dire avec certitude qui a actionné l'arme qui a tué Ahmed. Cependant, l'organisation Human Rights Watch affirme - dans une déclaration condamnant l'usage non justifié d'armes mortelles et d'un recours à la force excessif par les organes de sécurité - que, selon les témoignages qu'elle a recueillis, "seule la police a tiré à balles réelles pendant les manifestations".
Alaa El-Shioumy, l'oncle d'Ahmed, assure que la famille ne souhaite pas de compensation financière pour la mort du jeune homme ; tout ce qu'elle veut, c'est une reconnaissance officielle de responsabilité et des excuses. "Nous voulons une déclaration officielle proclamant que ce qui s'est passé est "haram", mal, injuste… Il suffit qu'un responsable déclare que le ministère de l'Intérieur n'ignorera pas l'événement et mènera une enquête." Et d'ajouter : "La vie humaine n'a-t-elle donc aucune valeur ?" Les journalistes qui ont tenté d'interroger les parents des personnes arrêtées lors des manifestations des 6 et 7 avril ont eux-mêmes été arrêtés la semaine dernière : un geste brutal pour empêcher toute révélation sur les abus commis précédemment par les forces de sécurité.
Les médias publics ont présenté les événements de Mahalla comme une orgie de violence et de pillage, une répétition des événements de janvier 1977, quand l'annonce que le président Anouar El-Sadate allait augmenter le prix du pain avait provoqué des manifestations au cours desquelles des dizaines de personnes avaient été tuées dans des affrontements avec les forces de sécurité. Ces deux jours d'émeutes - déclenchées par la pauvreté, la faim et la colère - avaient été qualifiés de "révolution des voleurs" par les médias officiels.
La place principale de Mahalla ressemble toujours à une garnison : une trentaine de camions de sécurité y sont garés. Des troupes supplémentaires sont venues des régions environnantes pour prêter main-forte. Les forces de sécurité surveillent les portes de toutes les mosquées que nous avons aperçues sur notre route et les bâtiments du gouvernement sont gardés par un nombre impressionnant de policiers anti-émeute, équipés de gaz lacrymogènes.
Le Daily News Egypt [supplément égyptien du Daily Star] s'est également entretenu avec Ahmed El-Sayyed, dont le fils fait partie des quelque 215 personnes actuellement détenues à Mahalla. El-Sayyed affirme que Mahmoud, son fils, a été arrêté lundi dans son magasin et qu'il n'était pas impliqué dans les protestations. "Environ 15 policiers ont arrêté mon fils alors qu'il se trouvait dans son magasin et l'ont emmené. Je ne sais pas du tout où il se trouve en ce moment. Ils ont frappé son collègue à la tête avec une chaise : il a dû avoir dix points de suture. Il m'a raconté ce qui est arrivé à Mahmoud", déclare-t-il.
El-Sayyed fait partie des centaines de parents de détenus qui se sont rassemblés devant le commissariat de police de Mahalla. Il est également de ceux qui ont cherché à aider le journaliste américain James Buck et son interprète, Mohamed Marei, à échapper à l'arrestation quand des policiers ont voulu les appréhender alors qu'ils discutaient avec des manifestants. Buck a été relâché après une nuit de détention, mais son interprète égyptien n'a pas eu la même chance.
L'école Taha Hussein de Mahalla, vandalisée et pillée par des inconnus, a été présentée par les médias nationaux comme une preuve que les émeutes des 6 et 7 avril étaient conduites par des criminels et qu'elles n'étaient pas simplement l'expression du mécontentement populaire - une affirmation qu'El-Sayyed conteste. Selon lui, le pillage de l'école et sa couverture médiatique ont été orchestrés pour appuyer la thèse du gouvernement.
"Les policiers se tenaient à côté. Ils ont observé les jeunes en train de voler les ordinateurs de l'école et s'enfuir. Lorsque l'équipe de la chaîne de télévision nationale [contrôlée par l'Etat] est arrivée, elle s'est dirigée tout droit vers l'école, explique-t-il. Ils n'ont pas filmé les manifestations de protestation, les gens qui ont été battus dans la rue. Ils n'ont filmé que ce qu'ils voulaient filmer."
Sarah Carr
Source : Courrier international, et l'article original sur The Daily Star (le Caire)
18:15 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Liberté d'expression , Police, armée , Politique , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2008
Des manifestants blessés enchaînés à leurs lits d'hôpital
Plusieurs dizaines d'Egyptiens, blessés au cours de manifestations la semaine dernière dans la cité industrielle de Mahalla, sont maintenus en détention et enchaînés à leurs lits d'hôpital, a dénoncé dimanche une ONG égyptienne des droits de l'Homme.
L'Initiative égyptienne pour les droits personnels (IEDP) souligne qu'enchaîner des blessés à leurs lits d'hôpital constitue une violation de la loi égyptienne, du droit international et de la déontologie médicale. "Les victimes de la brutalité policière doivent être soignées, non pas subir plus de violations", souligne Ragia Elgerzawy, du Programme des droits de l'Homme à l'IEDP. "C'est scandaleux que ces violations soient commises et qu'il n'ait eu aucune objection de la part de magistrats ou des médecins de l'hôpital", a-t-elle poursuivi. Des journaux égyptiens ont publié dimanche des images montrant des blessés lors des manifestations enchaînés par les bras ou les jambes à leurs lits d'hôpital, des pratiques habituelles dénonce l'IEDP. Deux personnes sont mortes au cours de deux jours de manifestations le 6 et le 7 avril qui ont dégénéré en affrontements dans la cité industrielle de Mahalla, dans le delta du Nil. (TAS)
Source : Levif.be
20:20 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Liberté d'expression , Police, armée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2008
Cinq hommes condamnés pour homosexualité
Cinq hommes reconnus coupables d'homosexualité ont été condamnés à trois ans de prison et trois ans de mise à l'épreuve sous surveillance policière en Egypte, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Quatre d'entre eux sont séropositifs.
Selon l'avocat des accusés, Me Adel Ramadan, le juge a déclaré les suspects coupables de "pratiques habituelles de débauche", expression utilisée par le système judiciaire égyptien pour désigner des rapports homosexuels librement consentis.
Une centaine de groupes de défense des droits de l'Homme ont dénoncé le procès, estimant que les autorités étaient mues par l'ignorance et la peur du SIDA et que cela risquait de saper les efforts réalisés dans la lutte contre cette maladie.
Source : Yahoo news
23:30 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2008
La Crise... et la grève !
Petit tour d'horizon sur le sujet avec ce bon article écrit par une étudiante de L'institut de Sciences Politiques de Paris, installée pour un an en Egypte.
6 avril 2008. Tout le monde ne cesse de parler de l'appel à la grève générale lancé pour demain. Les sites et blogs des différents partis politiques incitent à participer et à manifester. Le site des Frères Musulmans souhaite que demain soit une journée qui fasse bouger les choses en espérant que tous les égyptiens vont s'unir contre les agissements du gouvernement de Moubarak, et protester contre les licenciements, la hausse du pain, l'Etat d'urgence, la répression policière, et demander une hausse des salaires, la baisse des prix pour les aliments de première nécessité, et surtout un meilleur respect des libertés.
Evidemment, le gouvernement égyptien dément les rumeurs et menace : Le ministère de l'Intérieur égyptien a prévenu samedi qu'il prendrait "des mesures immédiates et fermes" contre toute personne qui tenterait de manifester ou de suivre le mot d'ordre de grève lancé pour dimanche contre la cherté de la vie. Dans un communiqué, le ministère accuse des "professionnels de la provocation et des courants illégaux" d'"avoir propagé de fausses rumeurs et appelé à des mouvements de protestation, des manifestations et à la grève dimanche". [...] Il accuse une "catégorie marginale" d'avoir "propagé la peur parmi les citoyens et donné faussement l'impression que ce mouvement (de protestation) interdit par la loi, auquel ils ont appelé par le biais de communiqués et certains moyens de communication, sera suivi". [...] . "La loi est catégorique concernant tout acte visant ou susceptible de provoquer le fonctionnement d'un établissement public, qui menace les intérêts vitaux des citoyens ou qui porte atteinte à l'intérêt public", affirme le ministère dans un communiqué. "Le ministère prévient que, conformément à la loi et pour la protection de l'intérêt public, la stabilité, la sécurité et la paix des citoyens, ses services prendront des mesures immédiates et fermes face à toute tentative de manifestation, de perturbation de la circulation routière ou du travail dans les établissements publics et contre toute tentative d'incitation à de tels actes", conclut le texte. Ce communiqué intervient alors que près de 25.000 employés de l'un des principaux centres de l'indutrie textile du pays à Mahalla (delta du Nil), doivent commencer dimanche une grève ouverte pour réclamer des hausses de salaire. Un appel à une journée de mobilisation a été aussi été lancé pour dimanche, à deux jours des élections municipales, par des groupes d'opposition pour protester contre la flambée des prix et la pénurie de pain subventionné. (source : le Monde)
L'armée a en effet envoyé de nombreux hommes à la périphérie du Caire pour intervenir en cas de débordement. En centre ville et devant l'Université du Caire également, les camions de l'armée sont beaucoup plus nombreux qu'en temps normal...
Cependant à l'ambassade et au consulat français, on dément également les "rumeurs" qui circulent mais on invite tout de même à la prudence, et conseille à tous de ne pas se déplacer dans les centres ville du Caire et d'Alexandrie demain. L'Université américaine au Caire a annoncé qu'elle ferait grève par solidarité avec les problèmes que subissent les égyptiens.
Après les juges, les médecins, les journalistes, les professeurs, voici l'ombre d'une réelle grève générale qui se profile. Avec les problèmes économiques, la crise du pain, qui est ici l'aliment de base de tout égyptien, le ras le bol général au sujet du régime, et les élections municipales de cette semaine, il est possible que les gens se décident à agir, à montrer leur mécontentement.
Certains demeurent sceptiques et ne pensent pas que le mouvement sera suivi. D'autres espèrent déjà une révolte, voire une révolution. Sans aller jusque là, il est possible que la journée de demain soit un réel déclic et que les choses basculent dans le bon sens.
Quoiqu'il en soit, et comme l'expliquait l'article pré-cité, la journée de demain sera un excellent "baromètre social" qui permettra de juger assez précisément la volonté des égyptiens et leur état d'esprit...
Moi je pense que ce pays, et les Egyptiens, ont avant tout besoin d'espoir... Insha'allah !!
15:55 Publié dans Droits de l'homme , Economie , Egypte , Liberté d'expression , Police, armée , Politique , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2008
Des Egyptiens perdent la vie pour du pain
Des gens meurent en Egypte pour acheter leur pain. Cette semaine, la presse égyptienne relatait encore le décès d’une femme à Alexandrie, lors d’une bousculade devant une boulangerie publique.
Selon les sources, entre quatre et quinze personnes auraient trouvé la mort depuis une quinzaine de jours devant des boulangeries publiques. Ces troubles sont causés par la très forte hausse du prix du pain sur le marché. Dans les boulangeries privées d’Egypte, une galette de pain d’une centaine de grammes est désormais vendue dix à douze fois plus cher que dans les boulangeries subventionnées par l’état. Conséquence : de plus en plus d’Egyptiens se tournent vers ces boulangeries, où la galette de pain est vendu 5 piastres l’unité, une livre (0,12 centimes d’euros) les 20.
La boulangerie subventionnée de Saïd Hosman se trouve non loin du palais Abdine. Dans cette ruelle, une cinquantaine de personnes se pressent devant le guichet pour acheter du pain. "Toutes ne seront pas servies", déplore le gérant de l’établissement. "Des instructions informelles limitent à 20 le nombre de galettes par client. Nous recevons assez de farine pour cuire plus de 18 000 galettes par jour, mais ça ne suffit pas et des clients repartent les mains vides après des heures de queue." Devant la boulangerie, l’énervement et la fatigue se lisent sur les visages.
Transformer l’armée en boulangerie
Face à la hausse de la demande de pain subventionné, le président Hosni Moubarak a demandé à l’armée de se transformer en boulangerie, pour fournir la population cairote. Dix fours et 500 kiosques devraient ouvrir prochainement dans la capitale égyptienne. La question est cruciale pour la stabilité du pays. En 1977, le président Sadate avait tenté de réduire les subventions publiques sur le pain. Cela avait donné lieu à des révoltes dans tout le pays.
En arabe égyptien, les mots pain et vie se disent de la même façon : "aïch". Le pain constitue l’aliment de base des 45% d’Égyptiens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Avec 400 grammes par jour et par personne, l’Egypte en est un des plus gros consommateurs au monde.
Dangereuse dépendance alimentaire
Malgré une agriculture très productive, l’Egypte est structurellement déficitaire en blé. Dans un contexte de croissance démographique constante, la dépendance alimentaire égyptienne risque de s’accroître dans les années à venir. Le pays consomme en moyenne 12 à 13 millions de tonnes de blé par an. En janvier dernier, la centrale d’achat publique avait importé 5,6 millions de tonnes de blé. Cela représentait 78% de plus que l’année précédente, à la même période.
La croissance économique égyptienne est proche de 7% mais l’écart entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Selon le gouvernement égyptien, l’inflation a été de 12% sur les douze derniers mois. Cette hausse des prix touche surtout les ménages modestes. Récemment, dans une chaîne de grande distribution installée en Egypte, des offres promotionnelles sur l’huile, la farine et le riz ont donné lieu à des scènes d’émeute dans les allées des magasins.
Les réserves de change à la rescousse
Pour faire face à la hausse de la demande de pain subventionné, le président Moubarak a demandé au gouvernement égyptien de puiser dans les 20 milliards d’euros de réserves de change du pays, afin d’acheter du blé sur le marché international.
Avec la hausse internationale des cours du blé, ces importations pèsent de plus en plus lourd sur le budget égyptien. Sur l’année fiscale 2007-2008, les subventions publiques coûteront 15 milliards de livres égyptiennes au gouvernement (1, 8 milliards d’euros). C’est environ la moitié des revenus fournis par l’exploitation du canal de Suez, une des principales sources de devises de l’économie égyptienne.
Guillaume de Dieuleveult
Source : Alif
22:50 Publié dans Droits de l'homme , Economie , Egypte , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2008
US won’t return Egyptian torture victim to Egypt
In an unprecedented move, a federal judge in the United States intervened with the US government’s decision to return Sameh Khouzam, an Egyptian national and one of Egypt’s torture victims, to Egypt after receiving diplomatic assurance from the government that he will not be tortured upon his return.
Judge Thomas I. Vanaskie of the US District Court for the Middle District of Pennsylvania granted Khouzam, represented by the American Civil Liberties Union (ACLU), his habeas corpus petition on Jan. 10 and ordered that he be released immediately from York County Prison, where he has been held for the last nine months.
"I cannot express how thankful and relieved I am to be a free man again. I am so grateful to my lawyers and to the American court system for stopping the government from sending me back to Egypt where I know I would be tortured," said Khouzam, in a statement released by the ACLU.
Khouzam was being kept in the US under the Convention Against Torture (CAT), which states that foreign citizens cannot be returned back to their countries based on substantial evidence that they may be tortured.
On May 29, 2007, during one of his routine check-ins with immigration authorities, Khouzam was informed that his CAT protection had been terminated and that he would be returned to Egypt.
Judge Vanaskie then ordered an emergency stay of Khouzam until the federal court ruled on his case.
The issue of torture in Egyptian prisons has become a critical concern for human rights activists around the world. In 2007, the US Department of State released a report on human rights practices in Egypt in which Human Rights Watch states that “torture is pervasive in Egyptian detention centers.”
The Egyptian Organization for Human Rights (EOHR) issued a report on torture cases in Egypt, recording 156 cases of torture between the years 2000-2004, in which 81 of them were fatal. Methods of torture included “detainees [being] kicked, burned with cigarettes, shackled, forcibly stripped, beaten with water hoses, and dragged on the floor.”
Human rights groups in Egypt differed on their opinion concerning Khouzam’s case.
According to a statement from the National Council for Human Rights, the council is “astonished at the judge’s verdict because his job has to be objective; however, his ruling is subjective as it is based solely on what Khouzam is saying.”
A representative added that there will probably be no significant outcome from this trial affecting the whole cause of torture in Egypt since it is an individual case.
Others, however, were more optimistic about the ruling.
Hossam Bahgat, director of Egyptian Initiative for Personal Rights, said that this was a “welcome decision” from the US in that it reflects what the UN and other human rights organizations have been saying about the threat of torture in Egypt.
“The judge’s ruling will possibly expose the Egyptian government’s torture record,” he added.
Khouzam, who was released from US detention on Jan. 15, fled to America in 1998 following alleged religious prosecution in Egypt where he was reportedly tortured by authorities. His request for asylum, however, was turned down after the Egyptian government claimed that Khouzam was wanted for murder charges.
As a result, Khouzam was detained in immigration authorities in the US, based on court documents forwarded from Egypt claiming that he murdered Zaki Mohamed Youssef, although he denied those charges and claims that he first heard of them after arriving in the US.
After being detained for eight years, Khouzam was released based on a federal district court ruling in Feb. 2006. During that time, Khouzam worked as a controller of a real estate company in Pennsylvania.
Passant Rabie
source : Daily News Egypt
01:25 Publié dans Amérique anglophone , Droits de l'homme , Egypte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2008
Le Parlement européen provoque la colère de l'Egypte
Jeudi dernier, le Parlement européen adoptait une résolution critique contre l'Egypte, épinglant notamment la situation des Droits de l'Homme et des minorités. Un texte que les autorités égyptiennes ont décidé de refuser haut et fort.
Il y a eu comme un bruit de friture sur la ligne entre le Caire et Strasbourg. Jeudi dernier, les députés européens ont adopté une résolution qui a provoqué une grosse colère sur les bords du Nil. Dans ce texte, adopté par 52 voix pour, aucune voix contre et 7 abstentions (59 députés présents sur 784...), les eurodéputés invitent le gouvernement égyptien à prendre une série de mesures pour améliorer la démocratie et les droits de l'homme, soulevant au passage une série de dossiers dérangeants : harcèlement des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, état d'urgence, récents cas présumés de torture, détention de l'opposant Ayman Nour...
La réaction égyptienne n'a pas tardé : au moment même où les députés européens délibéraient, le ministre égyptien des Affaires étrangères convoquait dans son bureau les ambassadeurs des 27 pays de l'Union, avec un message clair : "L'Egypte rejette totalement les tentatives de ceux qui se croient autorisés à enquêter sur les droits de l'Homme en Egypte", selon les mots du ministre égyptien des affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit. Ajoutant que son pays "n'a de leçon à recevoir de personne, en particulier si ceux qui les donnent se montrent arrogants et ignorants."
Ignorance des eurodéputés
Habituée à recevoir les critiques de l'Europe et des Etats-Unis, le gouvernement égyptien a cette fois haussé le ton de sa défense, allant jusqu'à menacer de rompre ses relations diplomatiques avec le Parlement européen et de boycotter la prochaine réunion UE-Egypte. Pour le chef de la diplomatie égyptienne, la résolution du parlement européen "montre l'ignorance de l'assemblée parlementaire européenne quant à la situation en Egypte (...) ainsi que son ignorance quant aux réformes politiques, économiques et sociales mises en oeuvre en Egypte ces dernières années."
A Strasbourg, les eurodéputés présents ont défendu leur position. Face aux menaces égyptiennes, le président du groupe socialiste européen Martin Schulz a invité le Parlement égyptien au dialogue, estimant que "ce serait mieux que de proférer des menaces". Le vert Daniel Cohn-Bendit s'est montré plus incisif, déclarant à l'AFP que "le Parlement européen est majeur et souverain et décide ce qu'il veut décider. Si nous avons à critiquer la situation des droits de l'Homme en Egypte, à Guantanamo ou ailleurs, nous le faisons."
En octobre dernier, La Commission européenne adoptait une proposition visant à déclarer 2008 " Année européenne du dialogue interculturel". Ca commence fort.
Avec AFP
Arnaud Saint Jean
source : Alif
00:50 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2008
Des ONG veulent une contre-enquête
Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont exhorté samedi les autorités égyptiennes d’ouvrir une enquête sur la mort de 27 réfugiés soudanais tués au Caire par la police lors de l’évacuation d’un campement il y a deux ans. La demande figure dans un communiqué signé par cinq organisations, dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International. « Le président Moubarak devrait saisir l’occasion du deuxième anniversaire de l’action de la police contre les manifestants soudanais pour lancer une enquête complète et transparente sur ce qui s’est vraiment passé », a déclaré Joe Stork, responsable de HRW. Un millier de policiers avaient procédé le 30 décembre 2005 à l’évacuation musclée d’un campement établi par des réfugiés soudanais sur une place du Caire, face au bureau du Haut-Commissariat pour les Réfugiés de l’Onu (HCR). Vingt-sept réfugiés avaient péri et des centaines d’autres avaient été blessés. Aucun policier n’avait été inculpé, tandis que des réfugiés étaient accusés de meurtre ou de résistance aux autorités.
Source : Al Ahram
Voir également l'article détaillé, en anglais, de HRW
00:30 Publié dans Droits de l'homme , Egypte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.01.2008
Egypte : Bilan 2007
En ce premier jour de l'année 2008, voici un petit compte rendu d'Al Ahram de l'année passée dans divers domaines... Espérons que les 12 mois à venir seront meilleurs !
Le recul de Kefaya
« A bas Moubarak », « Non à l’hérédité du pouvoir ». Des slogans lancés pour la première fois, il y a trois ans dans la rue égyptienne. C’est par ces slogans audacieux et choquants, que le mouvement égyptien pour le changement Kefaya s’est fait connaître. Dès son émergence en décembre 2004, le mouvement a eu un effet de choc. Mais si cet effet a été très perceptible en 2005 et 2006, il était quasi absent au cours de l’année 2007 où le mouvement et ses activités sont presque passés inaperçus. L’activité de Kefaya s’est limitée à quelques manifestations restreintes ne regroupant que quelques dizaines de personnes tandis qu’on a remarqué une recrudescence des grèves, des sit-in et des protestations ouvrières. Pourquoi cette situation ? Réponse de Georges Ishaq, porte-parole du mouvement : « Nous faisons face à plusieurs obstacles. Les services de sécurité nous mettent les bâtons dans les roues ». Il insiste cependant sur le fait que Kefaya reste toujours le symbole de la mobilisation populaire. « Kefaya a réussi à briser la barrière de la peur qui empêchait les citoyens de sortir dans les rues pour se plaindre et s’exprimer. Et cela a encouragé toutes les autres forces politiques, les organisations syndicales et même les gens ordinaires à sortir et à s’exprimer sans crainte. Nous avons réussi donc à faire bouger l’eau stagnante », ajoute Ishaq. Kefaya a encouragé d’autres mouvements à se former comme Ouvriers pour le changement, Journalistes pour le changement et Etudiants pour le changement. Ishaq ajoute que si les activités du mouvement sont moins massives, c’est à cause des arrestations régulières de ses membres ainsi qu’à l’étau imposé par les forces de sécurité sur les manifestations.
Mais est-ce la seule raison ? Des conflits ont éclaté au sein de Kefaya, ce qui a affecté son rôle. « Nous sommes maintenant en train de remédier à ces problèmes pour revenir à ce qu’on était. 2008 verra des évolutions importantes. Nous poursuivrons les manifestations contre l’hérédité du pouvoir mais nous allons concentrer nos efforts pour soutenir et mobiliser l’opinion », annonce Ishaq. Des propos que certains considèrent comme trop optimistes. Le recul de Kefaya s’explique par le fait que c’est une fragile coalition de marxistes, de nationalistes panarabes, de libéraux et d’islamistes. Une sorte d’ombrelle recouvrant des courants politiques qui sont en contradiction idéologique et dont les priorités sont aussi contradictoires.
Réforme sous tension
Les amendements constitutionnels adoptés en début d’année à l’issue d’un référendum furent dénoncés par les Frères musulmans comme un « coup d’Etat constitutionnel ». Mais ils n’étaient pas les seuls à s’en indigner. Les appels au boycott se sont ainsi multipliés avec la formation d’un front des partis d’opposition au sein du Parlement. Pour le guide de la confrérie des Frères musulmans, Mehdi Akef, les 34 amendements en question constituent « un coup d’Etat constitutionnel ». Pour la confrérie des Frères musulmans, les nouveaux articles sont destinés à lui barrer la route à toute participation au prochain scrutin présidentiel. Le deuxième amendement de l’article 76 (amendé une première fois en 2005) prévoit en effet que tout candidat se présentant doit être affilié à un parti disposant d’au moins 3 % de députés au sein de l’Assemblée du peuple. Malgré leurs 88 députés qui leur sont affiliés, les Frères musulmans ne sont officiellement toujours pas reconnus comme un parti. Pour les priver définitivement de toute chance de participation électorale, un autre amendement stipule que dorénavant aucun parti ne pourrait être constitué sur la base de la religion. Ce qui empêche de facto les Frères musulmans de pouvoir revendiquer une appartenance partisane.
Pour les autres partis de l’opposition dite « laïque », ces amendements sont pour le moins liberticides. Ils critiquent notamment l’amendement de l’article 88 qui signe la fin de la supervision des élections par les juges. Le Club des magistrats a dénoncé à plusieurs reprises cette modification.
Le remplacement de l’article 179 vise une levée de la loi d’état d’urgence (toujours en vigueur depuis 1981) au profit d’une loi antiterroriste que de nombreuses ONG ainsi que le Comité national des droits de l’homme que dirige Boutros Boutros-Ghali ont vivement critiquée. Ces derniers ont jugé le nouveau texte aussi hostile aux libertés que le précédent et ont demandé la stricte levée de l’état d’urgence. Les amendements ont été adoptés par la majorité de la population lors d’un référendum ... sans surprise.
Bataille contre la torture
La torture et les mauvais traitements des citoyens dans les commissariats existent en Egypte depuis longtemps. Mais on n’avait jamais autant parlé de cette question épineuse qu’en 2007. Serait-ce le signe d’un début de prise de conscience ? Le 5 novembre témoigne de la condamnation d’un officier et de deux agents à trois ans de prison ferme pour avoir agressé et violé sexuellement un chauffeur de microbus, Emad Mohamad Ali surnommé Emad Al-Kabir. Un précédent. Emad Al-Kabir avait été arrêté à Boulaq Al-Dakrour par un officier de police, Islam Nabih. Ce dernier et les deux agents qui l’assistaient ont filmé les faits avec un téléphone portable afin d’envoyer les images à l’entourage de la victime et de l’humilier. Mais ce policier n’imaginait pas que ces images allaient être utilisées contre lui dans un procès. L’affaire d’Emad Al-Kabir a mis en lumière l’atrocité de certaines pratiques policières qui, pour la première fois, ont mobilisé l’attention des médias.
Une autre affaire allait d’ailleurs faire parler d’elle. Les faits se déroulent cette fois-ci dans le gouvernorat de Mansoura, dans le village de Telbana. La police fait une descente chez Nasser Al-Saïdi, 35 ans, et le roue violemment de coups au vu des villageois avant de le conduire au commissariat de police, où il subit d’autres sévices. Hospitalisé dans un état critique, il est décédé 24 heures plus tard. La victime n’était accusée d’aucun crime. La police cherchait seulement à exercer des pressions sur son frère, un délinquant en fuite, pour l’obliger à se rendre. Le 27 novembre, les trois policiers impliqués dans ce crime sont condamnés à 7 ans de prison ferme et démis de leurs fonctions. Faut-il croire à une véritable prise de conscience ? « Je pense que 2007 marque une victoire contre la torture et les policiers qui croyaient être au-dessus de la justice », explique l’avocat Nasser Amine, directeur du Centre arabe pour l’indépendance de la justice, qui a engagé le procès d’Emad Al-Kabir. Il explique que les verdicts prononcés en 2007 ont encouragé les victimes de ce genre de pratique à porter plainte. « C’est donc un pas. La Constitution égyptienne interdit la torture. Nous voulons bien croire aux déclarations du ministre de l’Intérieur affirmant que tous les officiers impliqués dans des actes de torture seront présentés à la justice et condamnés s’il s’avère qu’ils sont coupables », affirme l’avocat.
L’Egypte fait face à des pressions internationales sur le dossier des droits de l’homme et tente de les atténuer. Les Etats-Unis ont annoncé dernièrement que la fourniture à l’Egypte d’une partie de l’aide américaine (soit 100 millions de dollars) dépendra de l’amélioration de la situation des droits de l’homme, entre autres le traitement dans les prisons et les commissariats.
Dure année pour les Frères
Si l’année 2006 avait témoigné d’un relatif répit entre l’Etat et les Frères musulmans, 2007 a été l’une des plus cauchemardesques pour la confrérie interdite mais tolérée. Arrestations massives, harcèlements et intimidations de tous genres, la campagne gouvernementale contre les Frères a atteint son apogée en 2007. Cela a commencé très mal pour les Frères avec la décision du président de la République, le 6 février, de renvoyer devant la justice militaire 39 cadres dont le numéro 3 du mouvement, Khaïrat Al-Chater, ainsi que plusieurs hommes d’affaires. Ils sont accusés de « blanchiment d’argent et de financement d’une organisation interdite ».
Trois mois plus tard, la tension allait rebondir lors des élections partielles du Conseil consultatif au mois de juin. L’Etat resserre l’étau autour des candidats de la confrérie pour éviter une nouvelle percée comme celle réalisée aux législatives en 2005 où les Frères ont obtenu 88 sièges. Le 14 juin, un député de la confrérie, Yasser Hammoud, est battu et roué de coups par les forces de sécurité lors d’une visite à son village à Ménoufiya. Au mois de juillet, deux parlementaires de la confrérie, Sabri Amer et Ragab Abou-Zeid, sont arrêtés alors qu’ils participaient à une réunion des cadres de la confrérie et ce malgré leur immunité parlementaire. Parallèlement à ces intimidations, l’Etat a mené l’une des plus vastes campagnes d’arrestation contre les Frères. Plus de 1 000 membres du mouvement ont été arrêtés.
Autre coup adressé aux Frères : l’amendement d’un article de la Constitution interdisant toute activité politique basée sur la religion. Diaa Rachwan, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, lie l’ampleur de cette campagne au contexte politique. « Le régime politique était sous pression dès le début de l’année 2007 avec, d’une part, des critiques acerbes sur les amendements constitutionnels et d’autre part, une multiplication des grèves et des protestations ouvrières. L’Etat a voulu réduire cette pression interne croissante qui risquait d’entraver ses plans, d’où cette énorme campagne contre les Frères », explique le chercheur ajoutant que la politique de fermeté de l’Etat a été favorisée par un recul des pressions externes réclamant une réforme démocratique. « Le tapage provoqué par les députés islamistes au Parlement et la tension continuelle avec le PND ainsi que le lancement par la confrérie d’un projet de parti ont augmenté la tension », souligne Rachwan. Les Frères ont en effet annoncé leur décision de fonder un parti politique sans passer par les voies officielles d’accréditation. Une initiative perçue par certains comme une tentative d’embarrasser l’Etat et de se soustraire à la pression.
Dossier réalisé par
Chérine Abdel-Azim, Chérif Albert,
May Al-Maghrabi et Sabah Sabet
Source : Al Ahram Hebdo
20:00 Publié dans Droits de l'homme , Egypte , Liberté d'expression , Politique , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












