29.06.2008

Karim El Baheyri, le blogueur enfermé pour l'exemple


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Arrêté le 6 avril alors qu'il couvrait la manifestation dans une usine de Mahalla, le blogueur Karim El Baheyri est resté détenu pendant 73 jours. Les autorités lui reprochaient d’avoir incité à la grève sur son blog, dans lequel il évoque les actions de révolte organisées par les ouvriers égyptiens. Entretien


LPJ : Dans une lettre, vous temoignez de mauvais traitements infligés lors de votre incarcération. Comment s’est déroulé votre arrestation et votre incarcération ?

Karim El Baheyri : Le 5 avril, j’écrivais mon dernier post sur le blog et je disais à ma mère que je ne reviendrai peut-être pas. Le lendemain, je suis allé couvrir les manifestations à Mahalla. Il y a eu des gens qui sont morts sous la main des policiers et je les ai filmés. J’ai raconté à la BBC au téléphone ce dont j’étais témoin. A 1h30 dans la nuit, ils sont venus me chercher en nombre et m’ont embarqué. Ils ont pris le téléphone et on détruit la caméra. Les trois premiers jours, je suis resté au commissariat sans manger, ni boire, ni dormir et ils m’ont torturé. On a dû me taper 26 heures en tout pour que je réponde à leur question : "Qui a organisé la manifestation ? Qui a créé le groupe sur Facebook ? Qui est Ahmed Hossein ? Quel est son lien avec Kefaya ?" Je n'ai jamais répondu à leur question, je leur disais que je ne savais rien, ce qui est vrai, je n’avais rien à voir avec tout ça, j’étais un simple blogueur qui vennait couvrir l’événement. Moi, je n’ai fait que leur parler de liberté, mais c’est une idée qu’ils ne comprennent pas.

Quelles sont, selon vous, les réelles raisons de votre arrestation ?
Si j'ai été arreté, ce n'est pas à cause des évènements de Mahalla. C’est une excuse. J’ai été arrêté à cause du blog, pour que tous les blogueurs comprennent que cette pratique n’est pas acceptée par le gouvernement. Le gouvernement m'a enfermé car il veut faire de moi un exemple. Mais ce qu’il n’a pas compris, c’est que s'il enferme 10 blogueurs ou 10 opposants, il y en aura 100 autres, s’il en enferme 100, il y en aura 1.000 et ce jusqu’à 80 millions.

Comment expliquez-vous votre libération ?
Mon histoire faisait le tour du monde. Karim commençait à être connu. Beaucoup de gens parlaient de moi et cherchaient où j’étais. Le gouvernement ne voulait pas me faire sortir mais il m’a libéré pour que les gens arrêtent de parler de moi. Il y a eu trop d’articles ou de manifestation pour ma libération. Karim est devenu connu, on ne peut plus le garder caché.

Quel rôle joue Internet dans la prise de parole de l’opposition ?
Internet est un moyen, un chemin pour faire comprendre au peuple ce qu'il nous manque : la liberté. Internet n’est pas l’élément principal d'une révolution, mais il reste essentiel. C'est comme la chicha, on ne peut pas fumer sans le tube et pourtant ce n’est pas l’élément principal. Internet est libre et même si je ne le suis pas, avec cet outil, on ne peut pas avoir peur. Si j’ai peur, je n’écris pas. Et si on m’enferme ou on me tape, ce n’est pas grave, je reviendrai et je continuerai.

Vous vous considérez comme un journaliste libre ?
Non, je suis blogueur. Je suis mon propre manager. J'écris et je décide. Internet est l’avenir du journalisme. La technologie est un moyen pour nous de réaliser nos rêves. La liberté du blogueur n’a pas de limite. Il écrit sur ce qu’il veut, sur ce qu’il sent. Et même si on enferme un blogeur, ça l’endurcit, c'est le gouvernement qui s’affaiblit.

Photo et propos recueillis par Sara HABA.

Source : Le Petit Journal

20.05.2008

Reporters sans frontières demande la libération du blogueur Kareem El-Beheiri

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Kareem El-Beheiri

Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de libérer le blogueur Kareem El-Beheiri, arrêté le 6 avril 2008 à Mahalla alors qu’il couvrait une grève touchant l’usine de textile dans laquelle il travaillait. Il est détenu à la prison de Borg El Arab (40 km d’Alexandrie) depuis le 9 avril.

« Kareem El-Beheiri est soumis à de mauvais traitements. Il a commencé une grève de la faim et nous nous inquiétons pour son état de santé. La direction de la prison refuse de le transférer à l’hôpital pour qu’il reçoive les soins adéquats. Nous demandons aux autorités de le libérer en attendant de préciser les charges exactes retenues à son encontre », a déclaré Reporters sans frontières

Dans une lettre adressée à Zakareya Abdel Aziz, directeur de l’organisation rassemblant les juges du Caire, le 18 mai, Kareem El-Beheiri témoigne des mauvais traitements qui lui ont été infligés, ainsi qu’à Tareq Amin et Kamal el-Fayyoumy, deux activistes arrêtés le même jour. « Nous avons été torturés dans les quartiers de sécurité de l’Etat à Mahalla les 6, 7 et 8 avril. Des policiers ont électrocuté Kareem, insulté et battu Tareq Amin et Kamal El-Fayyoumy », écrivent-ils.

Kareem El-Beheiri était ouvrier à l’usine de textile Misr Filature et Tissage de la cité industrielle de Mahalla. Il a perdu son emploi pour « absentéisme » bien que ses employeurs aient reçu les documents confirmant son incarcération. Les autorités lui reprochent d’avoir incité à la grève sur son blog, dans lequel il évoque les actions organisées par les ouvriers égyptiens pour manifester contre leurs mauvaises conditions de vie.

Dans son dernier article, Kareem El-Beheiri écrit : « Il est maintenant sept heures du matin, le 6 avril, et je m’en vais à Mahalla pour couvrir la grève de l’usine. Priez pour moi et j’espère que chacun réussira à montrer les failles du régime égyptien. Kareem El-Beheiri, d’un pays libre : celui des révolutionnaires égyptiens. »

La grève du 6 avril, organisée pour protester contre la vie chère, a été suivie par plusieurs milliers de personnes au Caire et dans la ville industrielle de Mahalla. Un groupe intitulé « 6 avril », créé sur le réseau social Facebook, appelant les Egyptiens à protester par tous les moyens, rassemblait 64 000 membres à la veille des manifestations. L’internaute Esraa Abdel Fattah Ahmed est restée plus de deux semaines en prison pour avoir fait partie de ce groupe. Son inititateur, Ahmed Maher, un ingénieur de 27 ans, a été battu par la police de Mahalla pendant douze heures afin d’obtenir les identifiants du groupe. Son compte a été annulé par Facebook, qui le considérait comme un « spammeur » en raison du nombre important de messages qu’il envoyait aux membres de « 6 avril » pour les inciter à se mobiliser.

« Cette grève organisée sur Internet est une première pour les autorités, qui ne savent pas à qui en imputer la responsabilité. Nous condamnons la détention pendant plusieurs semaines d’individus qui n’ont fait qu’user de leur droit à la liberté d’expression », a conclu l’organisation.

L’Egypte compte six millions d’internautes et la blogosphère y est l’une des plus actives du Moyen-Orient. Depuis les manifestations demandant le départ du président Hosni Moubarak à l’approche de l’élection de 2005, les blogueurs ont pris le relais des médias officiels en publiant des photos et des vidéos. Ils sont aujourd’hui considérés comme une source d’informations à part entière. En janvier 2007, le journaliste Wael Abbas a diffusé des vidéos montrant des policiers qui torturaient des détenus. Ces images ont servi de preuves dans un procès qui a abouti à la condamnation de l’un des officiers à trois ans de prison. C’était la première fois qu’un tel événement se produisait.

Source : RSF

25.04.2008

Nouvelle libération suite à la répression du 6 avril

La créatrice du groupe « 6 avril » sur Facebook, Esraa Abdel Fattah Ahmed, a été libérée le 23 avril. Elle était détenue depuis le 7 avril à la prison Al Kanater, au Caire, bien que le procureur général avait ordonné sa libération le 17 avril.

« Sa libération est principalement due à la pression médiatique et à l’appel que sa mère a lancé au président Hosni Moubarak et à sa femme dans la presse », a affirmé un témoin à Reporters sans frontières. Le 22 avril, la mère d’Esraa Abdel Fattah Ahmed avait fait publier « Du cœur de la mère d’Esraa au cœur de Moubarak, à celui de Suzanne et de Habib al-Adli » dans la presse égyptienne.

Plus de 20 personnes sont toujours derrière les barreaux suite aux arrestations de ce mouvement de protestation, le 6 avril dernier, au Caire. Au moins deux d’entre elles sont des blogueurs. Kareem El Beheiri, l’un des ouvriers de Mahalla (nord du Caire), témoigne des conditions de vie des travailleurs et défend les droits de l’homme sur son blog. Ahmad Badawi critique la ligne conservatrice de la politique du gouvernement. Le 4 mai, jour du 80è anniversaire de Hosni Moubarak, une nouvelle journée de mobilisation est prévue par la blogosphère égyptienne pour appeler à leur libération.

Source : RSF

23.04.2008

Le blogueur Mahamed El Sharkawi libéré...

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Une des affiches de la grève générale du 6 avril...

Mahamed El Sharkawi
a été libéré par les autorités égyptiennes le 21 avril 2008. Il avait été arrêté le 5 avril alors qu’il distribuait des tracts appelant les habitants du Caire à faire grève pour manifester contre la hausse des prix. Il était détenu à la prison du quartier du Marg, au Caire, et avait entamé une grève de la faim depuis quatre jours.

Mahamed El Sharkawi est également directeur de la maison d’édition Malameh (« Les traits ») au Caire, qui a fait l’objet d’une perquisition de la police égyptienne de la morale, le 16 avril, en raison de la publication d’une bande-dessinée, « Metro », écrite dans un langage courant « portant atteinte au comportement public ».

L’initiatrice du groupe « 6 avril » sur le réseau social en ligne Facebook, qui appelait à une mobilisation le jour-même, Esraa Abdel Fattah Ahmed, est toujours détenue alors que le procureur général a ordonné sa libération le 17 avril dernier. Son groupe comptait plus de 65 000 membres.

Kareem El Beheiri, l’un des ouvriers arrêtés lors des manifestations dans la ville de Mahalla (nord du Caire), connu par les articles qu’il publiait sur son blog, est toujours détenu. Il a par ailleurs été licencié sans motif.

Source : RSF

11.04.2008

Au moins trois blogueurs arrêtés lors des manifestations du 6 avril : Reporters sans frontières appelle à leur libération



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Affiche pour la Grève et la Manifestation du 6 avril

Reporters sans frontières condamne l’arrestation de trois blogueurs lors des manifestations du 6 avril dans la région du Caire contre le coût trop élevé de la vie en Egypte. Esraa Abdel Fattah Ahmed, Mahamed El Sharkawi et Kareem El Beheiri ont été arrêtés entre le 5 et le 7 avril. Ils sont accusés d’avoir "formé un groupe de plus de cinq personnes susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique", "saccagé des établissements publics", "outragé des fonctionnaires de police" et "tenté de s’introduire dans des banques". Ils seront détenus au moins deux semaines pour "interrogatoire".

"Ces arrestations sont abusives. Les blogueurs ont soutenu la grève, qui est un droit en Egypte. Ils ont demandé aux Egyptiens d’être habillés en noir, de suspendre des drapeaux égyptiens aux balcons et de ne rien acheter dans les commerces le 6 avril 2008. Le gouvernement ignore qui est à l’origine de ce mouvement car il est né Internet. Du coup, il réprime quiconque est suceptible d’avoir diffusé l’appel à la grève et les blogueurs sont en première ligne. Nous demandons aux autorités de les libérer", a déclaré l’organisation.

Le 5 avril au soir, le blogueur Mahamed El Sharkawi a été arrêté car il distribuait des tracts concernant la grève du lendemain dans les rues du Caire. Il est actuellement détenu à la prison du quartier Marg du Caire.

Le 7 avril, Esraa Adbel Fattah Ahmed a été arrêtée par les autorités, en raison du rôle qu’elle a joué lors de la mobilisation. Elle est la créatrice du groupe "6 avril" sur le réseau social Facebook qui a recueilli l’adhésion de plus de 65 000 membres entre le 22 mars et le 6 avril. Elle est détenue à la prison Al Kanater du Caire. Un groupe "Free Esraa" s’est créé le 8 avril sur Facebook pour appeler à sa libération. Il compte déjà plus de 2 000 membres.

Sur le forum de "6 avril", Kareem El Beheiri avait tenté de justifier la nécessité d’organiser une grève pour dénoncer la flambée des prix, la pénurie de pain, le chômage et les promesses du gouvernement non tenues. Blogueur, il est également ouvrier dans l’usine de Mahalla (au nord du Caire) qui a connu la plus grosse mobilisation. Trois mille ouvriers ont manifesté contre la hausse des prix. "Il a été arrêté car son blog lui a permis de se faire connaître. Les policiers ont arrêté ceux qu’ils connaissaient car ils ne savaient pas qui, exactement, était à l’origine du désordre", a confié l’un des témoins de cette arrestation à Reporters sans frontières. Lors de son arrestation, Kareem El-Beiheiri a été battu et électrocuté.

Lors de cette grève du 6 avril, au moins 250 manifestants ont été interpellés. Les blogueurs égyptiens ont décidé d’organiser un rassemblement le 12 avril au Caire pour protester contre ces arrestations.

Source : RSF

08.04.2008

Après le 6 avril, rendez vous le 4 mai pour continuer...


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Un homme tente de se connecter à internet dans un cybercafé du Caire, le 31 janvier 2008

Quand la blogosphère relance la contestation en Egypte

LE CAIRE (AFP) — Galvanisée par son appel à la grève générale de dimanche, la blogosphère égyptienne bruisse d'un nouveau jour de contestation, le 4 mai, pour le 80e anniversaire du président Hosni Moubarak.

"Nous avons réussi le 6 avril, alors recommençons le 4 mai", affirme lundi un message sur le site de Facebook, d'où était parti l'appel sans précédent à la grève, finalement peu suivi.

Loin d'être échaudés par cet échec apparent face à un pouvoir qui a cru devoir quadriller le pays, les cyberactivistes affirment que "Si Dieu a créé le monde en six jours, on ne changera pas l'Egypte en un seul".

La police a interpellé plusieurs blogueurs, dont des figures de la blogosphère égyptienne, comme Mohammed Charkaoui ou Malek Moustapha, ou encore Esraa Adel Fattah, créatrice du groupe "6 avril" sur Facebook.

En quelques semaines, à en croire le décompte du site de socialisation, ils auraient été 64.000 membres à s'être inscrits dans ce groupe que veut désormais relayer celui baptisé "Première semaine de mai".

C'est comme une traînée de poudre que s'était répandu, via internet ou des SMS, cet appel contre la vie chère alors que l'inflation et la pénurie du pain subventionné provoquent une forte tension sociale.

Mais, en dépit d'une explosion d'internet et des téléphones mobiles, il ne pouvait avoir d'écho que parmi les jeunes, les intellectuels et les milieux favorisés d'un pays où 40% des 80 millions d'habitants sont illettrés.

L'ambition de jeunes blogueurs, qui n'hésitent pas à signer de leur nom sur "3arabawy" ou "egyptianchronicles", est d'être les interfaces entre la société civile et un mouvement ouvrier en plein réveil dans l'industrie textile.

De violents incidents ont éclaté dimanche entre forces de sécurité et manifestants dans la cité industrielle de Mahalla (delta), siège d'un grand complexe d'Etat de filature et de tissage.

Plusieurs sites, ou réseaux comme Twitter, ont livré avec actualisations rapides, sinon vérifications, des "nouvelles" sur le seul point chaud de cette journée de "colère populaire". Des images ont été diffusées sur YouTube.

Parmi des témoignages vraisemblables, l'annonce --inexacte-- de deux morts a aussi été reprise dimanche soir de blog en blog.

A l'heure du bilan, les commentaires étaient contrastés, le ministère de l'Intérieur évoquant "l'échec des professionnels de la provocation et des courants illégaux".

"L'appel à la grève a eu peu d'échos car les jeunes qui l'ont lancé n'ont ni expérience, ni relais, ni assise populaire", a estimé un politologue réputé, Mohamed Kamel al-Sayyed.

"Mais il ne faut pas le sous-estimer car c'est une première sur fond d'un mécontement assez généralisé dans le pays", a-t-il dit à l'AFP.

Hors partis, ces jeunes ne semblent plus se reconnaître uniquement en Kefaya, la nébuleuse d'opposition créée en 2004, conduite par un intellectuel islamiste Abdel Wahab Messiri et en perte d'influence.

Dans les blogs vibrionnants, les opinions allaient aussi en tous sens, avec des critiques généralisées sur le quadrillage sécuritaire et l'intimidation policière.

"On n'a pas réussi à manifester, mais la grève a marché", estime Rihane el-Kadi sur Facebook à qui Yahia Ewadah Hassoun réplique: "Non, la grève était aussi un échec, mais c'est à cause de la police."

La prochaine fois? La date symbolique du 4 mai, qui correspond au 80e anniversaire du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 26 ans, circule dans divers blogs, et est aussi citée par le quotidien de gauche al-Badil.

"Il faut informer ceux qui n'ont ni internet ni portable de la grève", écrit Osama Mohamed Refaat.

Après avoir appelé à manifester pacifiquement ce jour-là, "Ana Masri", un pseudonyme qui veut dire en arabe "Je suis un Egyptien", conclut en demandant de ne pas oublier à "prendre des fleurs à tendre aux policiers!"

Source : AFP

01.04.2008

Une semaine pour écrire au blogueur emprisonné Kareem Amer


Le Comité de protection des blogueurs et le comité de soutien du blogueur égyptien Kareem Amer appellent les internautes puissent manifester leur soutien au blogueur emprisonné à la prison de Borg el Arab près d’Alexandrie, depuis le mois de février 2007. Intitulée "ensevelir les murs sous le papier", la campagne propose à chacun d’écrire une lettre à Kareem Amer et de la lui envoyer en prison. "Il est temps de lancer une campagne qui le soutient personnellement. Kareem aime les lettres et il a déjà fait part de l’importance qu’elles avaient pour lui. Si ces lettres sont suffisamment nombreuses, elles permettront aux autorités de voir qu’il n’est pas seul", a déclaré son comité de soutien. La campagne aura lieu du 7 au 21 avril.

Source : RSF

14.03.2008

Cybermanifestation : plus de 21 000 manifestants sur le site www.rsf.org pour dénoncer la censure du Web



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Reporters sans frontières remercie les 21 843 internautes qui ont cybermanifesté dans un pays ennemi d’Internet, du mercredi 12 au jeudi 13 mars 2008.

"Cette cybermanifestation a montré l’intérêt croissant accordé par le public à la liberté d’expression sur Internet. Nous incitons les internautes à continuer la mobilisation contre les différentes mesures de censure imposées par une quinzaine de gouvernements sur Internet. Notre plateforme reste active et chacun peut venir manifester", a déclaré l’organisation.

A la fin de ces 24 heures contre la censure sur Internet, 21 843 manifestants avaient brandi un slogan dans neuf pays : Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Erythrée, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam. Plus de 100 000 personnes se sont connectées au site de Reporters sans frontières pendant cette période.

"62 cyberdissidents sont toujours emprisonnés pour les articles qu’ils ont publiés sur la Toile et cette manifestation a montré qu’ils n’étaient pas oubliés", a conclu Reporters sans frontières.

Retrouvez la liste des "ennemis d’Internet" et la nouvelle version du Guide pratique du blogueur et du cyberdissident.

Voir également : L’Unesco retire son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet.

Source : RSF

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L'Egypte fait partie des ennemis d'Internet selon Reporters Sans Frontières. "Le développement très rapide du secteur a permis aux internautes de conquérir un espace d’expression dont les autorités se méfient. Le gouvernement égyptien a renforcé la censure sur Internet mais également accru sa répression envers les blogueurs qui s’expriment librement" déclare le site de l'organisation.

12.03.2008

Reporters sans frontières lance sur www.rsf.org la deuxième Journée pour la liberté sur Internet


Participez à la cybermanif

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Consultez la nouvelle liste des Ennemis d’Internet

Téléchargez la version mise à jour du guide pratique du blogueur et du cyberdissident

Reporters sans frontières inaugure, le 12 mars 2008, la deuxième Journée pour la liberté sur Internet.

"Désormais, tous les 12 mars, nous mènerons des actions pour dénoncer la cybercensure dans le monde. La répression croissante des blogueurs et les fermetures toujours plus nombreuses de sites Internet nécessitent une telle mobilisation, imposent une riposte", a déclaré Reporters sans frontières.

"Cette première journée est l’occasion pour tous de manifester dans des lieux où les mouvements de contestation sont normalement impossibles. Nous espérons que nous serons très nombreux à manifester virtuellement place Tiananmen à Pékin, place de la Révolution à Cuba ou dans les rues de Rangoon en Birmanie. Au moins 62 cyberdissidents sont emprisonnés dans le monde actuellement et, en 2007, plus de 2600 sites Internet, blogs ou forums de discussion ont été fermés ou rendus inaccessibles", a indiqué l’organisation.

"Notre liste des ’Ennemis d’Internet’ a également été mise à jour avec l’arrivée de deux pays : l’Ethiopie et le Zimbabwe. Et nous proposons une nouvelle version du guide pratique du blogueur et du cyberdissident", a ajouté Reporters sans frontières.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a appris, le 11 mars dans la soirée, que l’Unesco retirait le patronage qu’elle avait accordé à cette journée (lire le communiqué de l’organisation).

Pour dénoncer la censure exercée par les gouvernements et réclamer plus de libertés sur Internet, Reporters sans frontières appelle à manifester dans neuf pays ennemis du Net. Durant 24 heures, du mercredi 12 mars à 11h jusqu’au jeudi 13 mars à 11h (heure de Paris, GMT +1), les internautes pourront créer un avatar, choisir le message de leur banderole et prendre part à l’une des cybermanifestations qui auront lieu en Birmanie, en Chine, en Corée du Nord, à Cuba, en Egypte, en Erythrée, en Tunisie, au Turkménistan et au Viêt-nam.

La nouvelle liste des "Ennemis d’Internet" établie cette année par Reporters sans frontières compte quinze pays : Arabie saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Ethiopie, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam et Zimbabwe. Ils étaient seulement treize en 2007. Sont venus s’ajouter aux traditionnels censeurs, deux pays subsahariens : le Zimbabwe et l’Ethiopie. "Rien d’étonnant de la part de régimes qui s’en prennent régulièrement aux médias traditionnels. Chez ces derniers, le taux de pénétration d’Internet est faible, très faible, mais suffisant néanmoins pour leur donner quelques cauchemars. Comme leurs aînés, ils puisent dans la panoplie de la censure adaptée à la Toile : arsenal législatif, traque dans les cybercafés, contrôle des fournisseurs d’accès...", écrit Reporters sans frontières en introduction de son rapport.

A cette première liste, ont été joints onze "pays sous surveillance" : Bahreïn, Emirats arabes unis, Erythrée, Gambie, Jordanie, Libye, Malaisie, Sri Lanka, Tadjikistan, Thaïlande et Yémen. À la différence des premiers, ils n’emprisonnent pas les blogueurs et ne censurent pas massivement la Toile. Mais la tentation est grande et les dérapages réguliers. Ces pays ont souvent mis en place le cadre juridique nécessaire pour museler Internet si bon leur semble. Leurs autorités judiciaires ou politiques utilisent parfois les lois antiterroristes pour surveiller et localiser des opposants et des militants qui s’expriment sur le Net.

"Cette chasse aux mal-pensants de la Toile est d’autant plus efficace que de grandes entreprises occidentales se font les complices de ces gouvernements dans la traque aux ’fauteurs de troubles’. En 2007, l’entreprise américaine Yahoo ! a présenté ses excuses pour le ’malentendu’ qui a mené le journaliste Shi Tao en prison pour dix ans. Au total quatre cyberdissidents chinois lui doivent d’être détenus. Elle se serait contentée ’d’obéir aux lois locales’ qui la contraignent à identifier des internautes jugés dangereux...", précise Reporters sans frontières.

Enfin, une nouvelle version du guide pratique du blogueur et du cyberdissident est disponible, en français et en anglais, sur le site www.rsf.org. Ce guide rassemble des conseils et des astuces techniques pour lancer son blog dans de bonnes conditions et contourner la censure sur Internet. Il explique comment bloguer anonymement et propose les témoignages de blogueurs d’Egypte et de Birmanie notamment.

La cybermanifestation a été conçue et réalisée par l’agence Saatchi & Saatchi.

Source : RSF

08.03.2008

L'Egypte épinglée par Reporters Sans Frontières

Reporters Sans Frontières a publié récemment son rapport annuel sur la Liberté de la Presse et les conditions de travail des journalistes dans le monde. L’Egypte est une fois de plus épinglée.

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Reporters Sans Frontières, rapport 2007

Selon l’Arabic Network For Human Rights Information, la présence de l’Etat d’urgence – toujours en vigueur depuis 1981 – de nombreuses lois restreignant la liberté, et plusieurs affaires en justice, ont fait de 2007 "la pire année depuis 1952 » en ce qui concerne la Liberté de la presse en Egypte. Il rajoute également dans son rapport que « les journalistes, écrivains, blogueur, payent un prix très élevé pour la liberté d’expression fournie par le gouvernement."

Réformes restrictives
Des réformes constitutionnelles autorisent désormais les autorités à agir comme bon leur semble, en leur permettant d’arrêter des personnes soupçonnées de terrorisme, de fouiller leur domicile, surveiller leur correspondance et mettre leurs communications sur écoutes sans mandat judiciaire.
De plus, en septembre, quatre rédacteurs en chef ont été condamnés à des peines de travaux forcés pour "diffusion de fausses informations ayant nui à la réputation et à l’intérêt général du pays" et "diffamation", et à une amende de 20.000 livres (2 600 euros) alors qu’ils ne faisaient qu’évoquer l’état de santé du président. Une dizaine de journalistes ont également été traduits devant la justice pour atteinte à "l’intérêt général du pays", à "la sécurité nationale", ou encore au "prestige de la justice" parce qu’ils gênaient certains membres du PND.
Le gouvernement n’est d’ailleurs pas le seul à limiter la liberté de la presse puisque plusieurs fatwas prononcées par un cheikh de la mosquée El Azhar demandent à ce que les journalistes coupables de diffamation puissent être punis de 80 coups de fouet.

Blogs sous surveillance
Internet n’est pas en reste et souffre aussi beaucoup. En février 2007, le blogueur Abdel Nabil Suleiman, dit "Kareem Amer", a été condamné à quatre ans de prison pour avoir "incité à la haine de l’islam" et insulté le président Hosni Moubarak. Devenu le symbole de la répression du gouvernement sur la Toile, de nombreuses ONG telles que RSF ou Amnesty International ne cessent de réclamer sa libération auprès du gouvernement égyptien. Un autre blogueur, Waël Abbas, avait vu, lui, ses comptes fermés – puis réouverts sous les pressions – par Yahoo et Youtube. Les vidéos postées sur son blog ont récemment contribué à faire condamner pour la première fois deux policiers pour torture.

Benjamin PRINGUET

Pour plus d'infos, voir les sites de RSF et HRI.

source : Le Petit Journal

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