20.05.2008

Reporters sans frontières demande la libération du blogueur Kareem El-Beheiri

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Kareem El-Beheiri

Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de libérer le blogueur Kareem El-Beheiri, arrêté le 6 avril 2008 à Mahalla alors qu’il couvrait une grève touchant l’usine de textile dans laquelle il travaillait. Il est détenu à la prison de Borg El Arab (40 km d’Alexandrie) depuis le 9 avril.

« Kareem El-Beheiri est soumis à de mauvais traitements. Il a commencé une grève de la faim et nous nous inquiétons pour son état de santé. La direction de la prison refuse de le transférer à l’hôpital pour qu’il reçoive les soins adéquats. Nous demandons aux autorités de le libérer en attendant de préciser les charges exactes retenues à son encontre », a déclaré Reporters sans frontières

Dans une lettre adressée à Zakareya Abdel Aziz, directeur de l’organisation rassemblant les juges du Caire, le 18 mai, Kareem El-Beheiri témoigne des mauvais traitements qui lui ont été infligés, ainsi qu’à Tareq Amin et Kamal el-Fayyoumy, deux activistes arrêtés le même jour. « Nous avons été torturés dans les quartiers de sécurité de l’Etat à Mahalla les 6, 7 et 8 avril. Des policiers ont électrocuté Kareem, insulté et battu Tareq Amin et Kamal El-Fayyoumy », écrivent-ils.

Kareem El-Beheiri était ouvrier à l’usine de textile Misr Filature et Tissage de la cité industrielle de Mahalla. Il a perdu son emploi pour « absentéisme » bien que ses employeurs aient reçu les documents confirmant son incarcération. Les autorités lui reprochent d’avoir incité à la grève sur son blog, dans lequel il évoque les actions organisées par les ouvriers égyptiens pour manifester contre leurs mauvaises conditions de vie.

Dans son dernier article, Kareem El-Beheiri écrit : « Il est maintenant sept heures du matin, le 6 avril, et je m’en vais à Mahalla pour couvrir la grève de l’usine. Priez pour moi et j’espère que chacun réussira à montrer les failles du régime égyptien. Kareem El-Beheiri, d’un pays libre : celui des révolutionnaires égyptiens. »

La grève du 6 avril, organisée pour protester contre la vie chère, a été suivie par plusieurs milliers de personnes au Caire et dans la ville industrielle de Mahalla. Un groupe intitulé « 6 avril », créé sur le réseau social Facebook, appelant les Egyptiens à protester par tous les moyens, rassemblait 64 000 membres à la veille des manifestations. L’internaute Esraa Abdel Fattah Ahmed est restée plus de deux semaines en prison pour avoir fait partie de ce groupe. Son inititateur, Ahmed Maher, un ingénieur de 27 ans, a été battu par la police de Mahalla pendant douze heures afin d’obtenir les identifiants du groupe. Son compte a été annulé par Facebook, qui le considérait comme un « spammeur » en raison du nombre important de messages qu’il envoyait aux membres de « 6 avril » pour les inciter à se mobiliser.

« Cette grève organisée sur Internet est une première pour les autorités, qui ne savent pas à qui en imputer la responsabilité. Nous condamnons la détention pendant plusieurs semaines d’individus qui n’ont fait qu’user de leur droit à la liberté d’expression », a conclu l’organisation.

L’Egypte compte six millions d’internautes et la blogosphère y est l’une des plus actives du Moyen-Orient. Depuis les manifestations demandant le départ du président Hosni Moubarak à l’approche de l’élection de 2005, les blogueurs ont pris le relais des médias officiels en publiant des photos et des vidéos. Ils sont aujourd’hui considérés comme une source d’informations à part entière. En janvier 2007, le journaliste Wael Abbas a diffusé des vidéos montrant des policiers qui torturaient des détenus. Ces images ont servi de preuves dans un procès qui a abouti à la condamnation de l’un des officiers à trois ans de prison. C’était la première fois qu’un tel événement se produisait.

Source : RSF

10.05.2008

Le 4 mai à Mahallah...

Alors que l'appel à la grève du 4 mai n'a été que peu ou pas suivi au Caire et dans les grandes villes, voici le témoignage d'une journaliste à Mahalla, là où la grève avait dégénéré en émeutes le 6 avril, causant la mort de 3 personnes et de nombreuses arrestations.

Cette fois-ci, pas d'émeutes, pas de blessés ni de morts, mais une tension réellement palpable...


Il est 5 heures du matin. Nous sommes déjà arrivés à Mahalla El-Kobra. Là où les émeutes étaient les plus chaudes le 6 Avril dernier. En revanche, il parait que la grève est forcément pacifique cette fois-ci : le 4 Mai à Mahalla, rien de particulier. Les Egyptiens n’ont même pas le droit de célébrer l’anniversaire de leur président. Le silence règne, les magasins fermés et la police partout.

Une attente en vain. Le syndicaliste quz nous devions interviewer s’est désisté à la dernière minute : «Je suis épuisé, je ne peux pas descendre de chez moi aujourd’hui.» a lancé-t-il le matin au téléphone.
Décidément, il nous a fait venir jusqu’ici, mais il a eu peur à la dernière minute. La veille, il était d’accord : « les manifestations n’auront pas lieu demain, tout le monde porte un haut noir le matin au boulot. Et un boycott de consommation durera trois jours. Mais si les policiers commencent à lancer des lacrymogènes et de tirer comme le jour du 6, nous réagirons!» affirme-t-il
A 9 heures, seuls certains petits kiosques sont ouverts. La ville est morte. Pas de transports en communs. Rien!
Yeux baissés, les quelques passagers, suivent leurs chemins. Pourtant, les policiers sont partout et soupçonnent tous les passants.
Une voiture immatriculée « Privée le Caire » a soulevé les soupçons : La nôtre!
Un homme en civil note le numéro de la plaque. Il a vu qu’on avait des cameras. Comment faire? Pense-t-on. On se gare relativement loin. A l’ombre pour ne pas attirer l’attention. Mais assez près pour ne rien rater.
Une heure plus tard, une voiture de police s’arrête devant nous, les policiers nous demande «Ce qu’on fait ici?»
Spontanément j’invente une histoire : «Ils sont mes amis, on est venu pour passer la journée ici, mais apparemment ce n’est pas le bon jour! Pas un seul resto ouvert, on a faim.» dis-je en souriant
Ma réponse ne semble pas convaincre le policier, ni son chef qui vient plus tard: Une égyptienne, visiblement pas originaire de Mahalla, deux étrangers et un chauffeur. C’est du déjà vu ! Surtout qu’il n’y a pas longtemps, un journaliste américain et sa traductrice ont été arrêtés sur la même zone.
Il monte en voiture avec nous et on va jusqu'au rond-point El-Chaune, là où une dizaine de grosses voitures de polices installées. Toutes les émeutes du 6 Avril se sont passées ici.

«Vos pièces d’identités!»


On les donne. Ensuite un officier vient me demander de descendre de la voiture. J’obéis.
Effectivement, pour eux, je suis la seule personne responsable : De la situation et de la traduction! Ils ne parlent même pas un mot anglais ces officiers !
Ils me font entrer dans une pièce où se trouve un grand nombre de grands officiers.
Des plats de Kebab et des appétissants sur une grande table. «C’est pourquoi ils sont tous gros!» pensais-je.
Je commence à inventer des scènes, voire faire du théâtre. Mais rien ne les convainc. Surtout après l’arrivée de l’officier qui nous a vus deux jours avant à Mahalla et qui nous a obligés de partir ! La situation se complique. Il me regarde et me dit : «Toi ! Encore une fois!»

«Et si on trouve un seul officier sur vos images !»


Un policier m’accompagne jusqu'à la voiture et la fouille. Il confisque les cameras et ferme la voiture en nous obligeons d’y rester. Quatorze policiers nous entourent. Bloqués nous les trois derrière. Il fait chaud. C’est le tour du chauffeur pour l’interrogatoire.
Le grand officier revient. Et me dit : «Si on trouve un seul officier sur vos images, vous êtes en prison!»
Ensuite il nous demande de donner nos portables. On refuse. Ils insistent. On donne. Il me demande ma carte Sim. Il y a quelques minutes que je l’ai mise dans la poche de mon jean. Ils insistent. J’insiste. Il tir mon sac. Vide tout ce que j’ai sur le toit de la voiture.
Je cris : «Laisse», et je pousse la porte pour descendre. Il frappe fort sur le portier en me fixant le regard aux yeux. Je me calme un peu.
Il fouille tout. Je déteste qu’on fouille dans mes affaires. Je m’énerve encore. Mais je ne craque pas. Il fait sortir mon MP3, dont il ignore l’utilité et me demande si ça film? «Non, c’est pour écouter de la musique» je réponds.
Il donne à un autre mon appareil numérique. Je n’aime pas ça! En plus, ils ne savent même pas comment l’allumer. Je l’allume, et je leur montre qu’il n’y a pas de photos.
Un autre vient, il m’oblige de le suivre, là où se trouvent les deux plus hauts officiers. Il me cuisine. Tant de questions. Tant de menaces : «Vous trois, Si on vous trouve la prochaine fois ici, on vous arrête sans même y penser.»
Je dis : «C’est mon pays, vous m’interdisez de visiter ses gouvernorats», il me dit «Voilà, tu as tout compris. Prochaine fois, il n’y aura pas de merci comme cette fois-ci!»

23.04.2008

Le blogueur Mahamed El Sharkawi libéré...

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Une des affiches de la grève générale du 6 avril...

Mahamed El Sharkawi
a été libéré par les autorités égyptiennes le 21 avril 2008. Il avait été arrêté le 5 avril alors qu’il distribuait des tracts appelant les habitants du Caire à faire grève pour manifester contre la hausse des prix. Il était détenu à la prison du quartier du Marg, au Caire, et avait entamé une grève de la faim depuis quatre jours.

Mahamed El Sharkawi est également directeur de la maison d’édition Malameh (« Les traits ») au Caire, qui a fait l’objet d’une perquisition de la police égyptienne de la morale, le 16 avril, en raison de la publication d’une bande-dessinée, « Metro », écrite dans un langage courant « portant atteinte au comportement public ».

L’initiatrice du groupe « 6 avril » sur le réseau social en ligne Facebook, qui appelait à une mobilisation le jour-même, Esraa Abdel Fattah Ahmed, est toujours détenue alors que le procureur général a ordonné sa libération le 17 avril dernier. Son groupe comptait plus de 65 000 membres.

Kareem El Beheiri, l’un des ouvriers arrêtés lors des manifestations dans la ville de Mahalla (nord du Caire), connu par les articles qu’il publiait sur son blog, est toujours détenu. Il a par ailleurs été licencié sans motif.

Source : RSF

13.04.2008

Neuf journalistes arrêtés pendant les émeutes de Mahalla


Neuf journalistes, des photographes et un caméraman égyptiens font partie des dernières personnes arrêtées dans la ville de Mahalla Al Kubra, à 120 km au nord du Caire, dans le Delta du Nil, a appris la PANA de sources concordantes.

Leur arrestation et garde-à-vue mettent en exergue les difficultés à exercer la profession de journaliste dans ce pays d'Afrique du Nord, où le gouvernement tente d'empêcher la couverture médiatique du soulèvement de la population.

Des affrontements intermittents se sont produits tout au long de la semaine suite à la protestation des employés d'une usine de textile de cette ville du Delta, contre la hausse des prix et la faiblesse des salaires.

Au moins deux personnes, dont un garçon de 15 ans qui suivait depuis son balcon le spectacle, ont été tués dans les heurts entre manifestants et policiers.

Le ministère de l'Information avait déclaré avant la grève générale du 6 avril que les manifestants auraient affaire avec la police.

"Les agences du ministère prendront les mesures fermes immédiates et nécessaires contre toute tentative de manifester, de bloquer la circulation ou d'entraver le fonctionnement du service public" avait averti le ministère dans un communiqué.

L'Egypte a été durement frappée par la hausse des prix des denrées. La Banque mondiale rapporte que l'inflation dans ce pays a fait monter en flèche le coût de la vie, de l'ordre de 50%, depuis le début de l'année. L'institution basée à New York ne prévoit aucune baisse des prix.

Les bloggers égyptiens estiment que ces récentes arrestations démontrent que le gouvernement ne veut pas "qu'on montre des images de cette situation". Sur le célèbre blog, 3arabawy, du journaliste Hossam Al Hamalawy, les heurts entre la police et les citoyens sont dénommés "intafada".

Au moins 20% de cette population de 80 millions d'habitants vivent avec environ 2 dollars US par jour. Face à la stagnation des salaires, les grèves ont éclaté dans tout le pays, notamment dans l'usine nationale de textile de Mahalla.

D'autre part, George Ishaq, leader du mouvement d'opposition Kefaya, a été libéré après deux jours de détention à la police - pour une caution de 10 000 LE.

D'autres activistes sont toujours en garde-à-vue, accusés par le gouvernement "d'incitation à manifester".

Son arrestation, espèrent les activistes, va galvaniser les autres afin qu'ils prennent la tête des manifestations de rue à l'occasion de la grève générale prévue le 4 mai "en l'honneur" de la célébration du 80ème anniversaire du président Hosni Mubarak.

"J'espère que son (Ishaq) arrestation donnera plus de confiance à la population pour continuer à bouger afin de faire changer ce pays" a déclaré un activiste, demandant que son nom ne soit pas révélé.

Panapress


Source : Afriquenligne

08.04.2008

Après le 6 avril, rendez vous le 4 mai pour continuer...


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Un homme tente de se connecter à internet dans un cybercafé du Caire, le 31 janvier 2008

Quand la blogosphère relance la contestation en Egypte

LE CAIRE (AFP) — Galvanisée par son appel à la grève générale de dimanche, la blogosphère égyptienne bruisse d'un nouveau jour de contestation, le 4 mai, pour le 80e anniversaire du président Hosni Moubarak.

"Nous avons réussi le 6 avril, alors recommençons le 4 mai", affirme lundi un message sur le site de Facebook, d'où était parti l'appel sans précédent à la grève, finalement peu suivi.

Loin d'être échaudés par cet échec apparent face à un pouvoir qui a cru devoir quadriller le pays, les cyberactivistes affirment que "Si Dieu a créé le monde en six jours, on ne changera pas l'Egypte en un seul".

La police a interpellé plusieurs blogueurs, dont des figures de la blogosphère égyptienne, comme Mohammed Charkaoui ou Malek Moustapha, ou encore Esraa Adel Fattah, créatrice du groupe "6 avril" sur Facebook.

En quelques semaines, à en croire le décompte du site de socialisation, ils auraient été 64.000 membres à s'être inscrits dans ce groupe que veut désormais relayer celui baptisé "Première semaine de mai".

C'est comme une traînée de poudre que s'était répandu, via internet ou des SMS, cet appel contre la vie chère alors que l'inflation et la pénurie du pain subventionné provoquent une forte tension sociale.

Mais, en dépit d'une explosion d'internet et des téléphones mobiles, il ne pouvait avoir d'écho que parmi les jeunes, les intellectuels et les milieux favorisés d'un pays où 40% des 80 millions d'habitants sont illettrés.

L'ambition de jeunes blogueurs, qui n'hésitent pas à signer de leur nom sur "3arabawy" ou "egyptianchronicles", est d'être les interfaces entre la société civile et un mouvement ouvrier en plein réveil dans l'industrie textile.

De violents incidents ont éclaté dimanche entre forces de sécurité et manifestants dans la cité industrielle de Mahalla (delta), siège d'un grand complexe d'Etat de filature et de tissage.

Plusieurs sites, ou réseaux comme Twitter, ont livré avec actualisations rapides, sinon vérifications, des "nouvelles" sur le seul point chaud de cette journée de "colère populaire". Des images ont été diffusées sur YouTube.

Parmi des témoignages vraisemblables, l'annonce --inexacte-- de deux morts a aussi été reprise dimanche soir de blog en blog.

A l'heure du bilan, les commentaires étaient contrastés, le ministère de l'Intérieur évoquant "l'échec des professionnels de la provocation et des courants illégaux".

"L'appel à la grève a eu peu d'échos car les jeunes qui l'ont lancé n'ont ni expérience, ni relais, ni assise populaire", a estimé un politologue réputé, Mohamed Kamel al-Sayyed.

"Mais il ne faut pas le sous-estimer car c'est une première sur fond d'un mécontement assez généralisé dans le pays", a-t-il dit à l'AFP.

Hors partis, ces jeunes ne semblent plus se reconnaître uniquement en Kefaya, la nébuleuse d'opposition créée en 2004, conduite par un intellectuel islamiste Abdel Wahab Messiri et en perte d'influence.

Dans les blogs vibrionnants, les opinions allaient aussi en tous sens, avec des critiques généralisées sur le quadrillage sécuritaire et l'intimidation policière.

"On n'a pas réussi à manifester, mais la grève a marché", estime Rihane el-Kadi sur Facebook à qui Yahia Ewadah Hassoun réplique: "Non, la grève était aussi un échec, mais c'est à cause de la police."

La prochaine fois? La date symbolique du 4 mai, qui correspond au 80e anniversaire du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 26 ans, circule dans divers blogs, et est aussi citée par le quotidien de gauche al-Badil.

"Il faut informer ceux qui n'ont ni internet ni portable de la grève", écrit Osama Mohamed Refaat.

Après avoir appelé à manifester pacifiquement ce jour-là, "Ana Masri", un pseudonyme qui veut dire en arabe "Je suis un Egyptien", conclut en demandant de ne pas oublier à "prendre des fleurs à tendre aux policiers!"

Source : AFP

04.04.2008

La diffusion de la chaîne de télévision Al-Hiwar interrompue sur le satellite Nilesat


d202514af7981ff700ef1f474457b93d.gifLe 1er avril 2008, l’opérateur semi-public égyptien Nilesat a retiré de son bouquet la chaîne de télévision privée Al-Hiwar sans fournir d’explications. Cette décision intervient moins de deux mois après la signature par les membres de la Ligue arabe d’une charte visant à contrôler le travail des télévisions satellitaires.

“La décision de Nilesat vient confirmer les craintes que nous avions énoncées lors de la signature par les Etats membres de la Ligue arabe d’une charte sur les médias. La menace a été mise à exécution et l’on craint aujourd’hui d’assister à une multiplication des mesures de censure envers les télévisions satellitaires qui critiquent les gouvernements du monde arabe. Cette décision arbitraire est intervenue sans qu’Al-Hiwar puisse se défendre ou déposer un recours”, a déclaré Reporters sans frontières.

La chaîne de télévision privée Al-Hiwar, basée à Londres, a été retirée du bouquet satellitaire égyptien Nilesat le 1er avril 2008. L’opérateur semi-public a refusé de justifier sa décision auprès des dirigeants de la chaîne. “Nous sommes un média indépendant et nous nous sommes toujours exprimés en toute liberté”, a déclaré Azzam Al-Tamimi, rédacteur en chef d’Al-Hiwar. Selon lui, la décision viendrait des “plus hautes instances égyptiennes”.

Par ailleurs, cette mesure de censure a coïncidé avec des propos durs tenus par Jamal Moubarak, fils du président égyptien, à l’encontre des télévisions satellitaires. Il les a qualifiées de “chaînes partisanes cherchant à porter atteinte à l’Egypte”.

L’Egypte occupe la 146e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. L’organisation a publié, le 13 février, son rapport annuel 2008 sur la liberté de la presse dans le monde. Consulter le chapitre Egypte.

Sur le même sujet : La Ligue arabe adopte des mesures pour contrôler les télévisions satellitaires

Source : RSF

01.04.2008

Une semaine pour écrire au blogueur emprisonné Kareem Amer


Le Comité de protection des blogueurs et le comité de soutien du blogueur égyptien Kareem Amer appellent les internautes puissent manifester leur soutien au blogueur emprisonné à la prison de Borg el Arab près d’Alexandrie, depuis le mois de février 2007. Intitulée "ensevelir les murs sous le papier", la campagne propose à chacun d’écrire une lettre à Kareem Amer et de la lui envoyer en prison. "Il est temps de lancer une campagne qui le soutient personnellement. Kareem aime les lettres et il a déjà fait part de l’importance qu’elles avaient pour lui. Si ces lettres sont suffisamment nombreuses, elles permettront aux autorités de voir qu’il n’est pas seul", a déclaré son comité de soutien. La campagne aura lieu du 7 au 21 avril.

Source : RSF

31.03.2008

Un journaliste égyptien condamné à six mois de prison


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Ibrahim Eissa, rédacteur en chef du quotidien Al Dustour.
© AP/PA Photo/Amr Nabil


Le rédacteur en chef d’un journal égyptien a été condamné mercredi à six mois de prison pour avoir évoqué la santé du président Hosni Moubarak. Ibrahim Eissa, rédacteur en chef du quotidien Al Dustour, avait en effet écrit un article laissant entendre que l’état de santé du président égyptien, âgé de soixante-dix-neuf ans, se dégradait.

Les autorités ont soutenu que cet article avait entraîné des retraits d’investissements étrangers et fait ainsi perdre à l’économie égyptienne 350 millions de dollars.

S’exprimant juste après le prononcé du verdict, Ibrahim Eissa a déclaré que sa condamnation était symptomatique du harcèlement judiciaire dont sont quotidiennement victimes les journalistes. Il a ajouté que ces manœuvres étaient destinées à intimider les journalistes et à les dissuader de dénoncer la politique des autorités et de critiquer publiquement le président Hosni Moubarak.

« Ils veulent en faire une personnalité intouchable, à l’abri de toute critique ou remise en question. Ce verdict est dans le droit-fil des autres condamnations dont moi-même et d’autres rédacteurs en chef avons déjà fait l'objet. Ces condamnations mélangent justice et politique et s’appuient sur toute une série de dispositions de la législation égyptienne qui avaient été abandonnées depuis des lustres et jamais utilisées, a poursuivi Ibrahim Eissa.

« Les engagements pris par le président en 2004 [supprimer les peines de prison pour les délits de presse] n’étaient que des promesses de façade. J’ai été condamné à six mois de prison et d'autres verdicts doivent encore tomber samedi, lundi et samedi en huit. Aucun autre journaliste n'a en une semaine fait l'objet d'aussi nombreuses condamnations et ce, peut-être dans le monde entier ! »

Ibrahim Eissa a été reconnu coupable aux termes des articles 171 et 188 du Code pénal égyptien d’avoir publié en 2007 des informations considérées par les autorités comme préjudiciables à l’intérêt public et à la stabilité nationale. Il peut faire appel de cette décision.

Amnesty International a demandé aux autorités égyptiennes d'abandonner les poursuites engagées contre lui.

« Ce procès s’inscrit dans une politique à plus grande échelle des autorités égyptiennes consistant à intenter des procès en diffamation et d’autres poursuites pour empêcher la diffusion d’informations considérées comme secrètes par les autorités mais qui relèvent en réalité de l’intérêt public, a déclaré Amnesty International. Il fait apparaître à quel point il est nécessaire que le gouvernement modifie la loi controversée sur la presse ainsi que les dispositions du Code pénal qui font de l’information légitime une infraction. »

La Loi sur la presse qui a été adoptée par l’Assemblée nationale égyptienne en juillet 2006 a introduit de nouvelles restrictions à la liberté d’expression. Les journalistes et d’autres personnes continuent de courir le risque d’être incarcérés s’ils commettent des infractions à la législation sur la presse telles que l’outrage à un représentant de l’État.

Lorsque cette loi a été adoptée, des journaux indépendants et des journaux de l’opposition ont interrompu leur publication pendant une journée en signe de protestation, et des centaines de professionnels des médias ont manifesté devant le Parlement.

« Nous espérons que lorsqu’elle examinera cette affaire la Cour d’appel annulera ce jugement, respectant ainsi la liberté de la presse, a ajouté Amnesty International. Les autorités doivent cesser d’utiliser les procès en diffamation pour harceler les journalistes et les empêcher d’informer la population sur des sujets d’intérêt public légitimes. »

Le 31 mars, Ibrahim Eissa comparaîtra à nouveau devant la justice, dans le cadre d’une autre affaire, pour divulgation de fausses informations sur l’état de santé du président Moubarak.

En 2007, il a fait partie des quatre rédacteurs en chef de journaux condamnés en application de l’article 188 du Code pénal égyptien, qui dispose que quiconque « publie avec malveillance des informations, déclarations ou rumeurs mensongères susceptibles de troubler l’ordre public », est passible d'une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement et d'une amende de 20 000 livres égyptiennes (près de 2 300 euros). Ils ont tous les quatre fait appel de leur condamnation et ont été laissés en liberté en attendant l’issue de la procédure ; la prochaine audience doit avoir lieu le 5 avril.

Source : Amnesty International

30.03.2008

Le redacteur en chef d’Al-Doustour condamné à six mois de prison


Reporters sans frontières condamne la décision du tribunal correctionnel de Boulak Abou El-Ela (Le Caire) de condamner, le 26 mars 2008, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al-Doustour, Ibrahim Issa, à six mois de prison. Le journaliste, qui faisait l’objet de huit autres plaintes, toutes invalidées par la justice, a été finalement reconnu coupable de “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”.

"La campagne d’intimidation des journalistes indépendants, qui a débuté en 2007, se poursuit. Les propos du juge, au lendemain de la condamnation, évoquant les limites nécessaires de la liberté de la presse, sont révélateurs de l’attitude générale de la justice vis-à-vis des médias”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 26 mars 2008, le tribunal correctionnel de Boulak Abou El-Ela (Le Caire) a condamné le rédacteur en chef du quotidien Al-Doustour, Ibrahim Issa, à six mois de prison et 200 livres égyptiennes (30 euros) d’amende pour “diffusion de fausses informations nuisibles à l’intérêt général et à la stabilité du pays” en application des articles 171 et 188 du code pénal. L’affaire, qui a débuté le 5 septembre 2007 par une plainte déposée par un membre du Parti national démocratique (PND), concerne la publication d’articles faisant état de rumeurs sur la santé du président égyptien Hosni Moubarak. Contacté par Reporters sans frontières, l’avocat d’Ibrahim Issa a expliqué qu’il allait faire appel du jugement. Il a ajouté que cette décision lui semblait injustifiée d’autant que huit plaintes déposées en 2007, par des avocats proche du pouvoir, reprochant à Ibrahim Issa les mêmes faits, ont été invalidées pour “absence de lien direct et familial entre les plaignants et le président de la République”.

Par ailleurs, le 5 avril 2008, Ibrahim Issa sera jugé en appel, dans une autre affaire de diffamation opposant quatre rédacteurs en chef au PND. Le 13 septembre 2007, le tribunal correctionnel d’Al-Agouza (Le Caire) avait condamné les rédacteurs en chef d’Al-Doustour, Ibrahim Issa, de l’hebdomadaire Al-Fagr, Adel Hammouda, du journal indépendant Saout Al-Oumma, Wael Al-Abrashi, et de l’hebdomadaire Karama, Abdel-Halim Qandil à un an de travaux forcés et 20 000 livres égyptiennes (2600 euros) d’amende pour “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”.

Source : RSF

27.03.2008

Un journaliste condamné pour avoir évoqué l'état de santé du président Moubarak


b5f9ef87f572f509e2426f6f639f6008.jpgRédacteur en chef du magazine d'opposition Al-Doustour et journaliste réputé en Egypte, Ibrahim Issa a été condamné par un tribunal du Caire, mercredi 26 mars, à six mois de travaux forcés pour avoir fait état de rumeurs sur la mauvaise santé du président Hosni Moubarak.

Ibrahim Issa, 43 ans, a été reconnu coupable de "diffusion de fausse information" nuisible "à l'intérêt général et la stabilité du pays". il a été laissé libre après paiement d'une caution de 200 livres égyptiennes (15 euros) et devrait faire appel de la décision du tribunal.

HOSTILITÉ TOTALE DU RÉGIME À LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

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AP/AMR NABIL
"Parler de la santé du président ne devrait pas être un tabou", a estimé Ibrahim Issa, le 26 mars, après sa condamnation à six mois de travaux forcés.


Ce journaliste très connu, plusieurs fois condamné, avait repris cet été dans les colonnes d'Al-Doustour des rumeurs, infondées, sur la dégradation de la santé du président Moubarak, âgé de 79 ans. "Parler de la santé du président ne devrait pas être un tabou, j'ai seulement dit qu'il avait des problèmes sans gravité de circulation sanguine", a affirmé Ibrahim Issa après le verdict, estimant que ce jugement "traduit l'hostilité totale du régime à la liberté de la presse, et sa détermination à emprisonner les journalistes".

Reporters sans frontières, qui s'est intéressé au cas de ce journaliste, rappelle que le procès de M. Issa "a pris une tournure grotesque avec les auditions du directeur de la Banque centrale d'Egypte et du président de l'autorité de régulation boursière". "Le procureur, explique l'organisation, souhaitait prouver qu'Al-Doustour avait provoqué un retrait d'investissements étrangers à la Bourse du Caire à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros".

Source : Le Monde

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