04.04.2008

La diffusion de la chaîne de télévision Al-Hiwar interrompue sur le satellite Nilesat


d202514af7981ff700ef1f474457b93d.gifLe 1er avril 2008, l’opérateur semi-public égyptien Nilesat a retiré de son bouquet la chaîne de télévision privée Al-Hiwar sans fournir d’explications. Cette décision intervient moins de deux mois après la signature par les membres de la Ligue arabe d’une charte visant à contrôler le travail des télévisions satellitaires.

“La décision de Nilesat vient confirmer les craintes que nous avions énoncées lors de la signature par les Etats membres de la Ligue arabe d’une charte sur les médias. La menace a été mise à exécution et l’on craint aujourd’hui d’assister à une multiplication des mesures de censure envers les télévisions satellitaires qui critiquent les gouvernements du monde arabe. Cette décision arbitraire est intervenue sans qu’Al-Hiwar puisse se défendre ou déposer un recours”, a déclaré Reporters sans frontières.

La chaîne de télévision privée Al-Hiwar, basée à Londres, a été retirée du bouquet satellitaire égyptien Nilesat le 1er avril 2008. L’opérateur semi-public a refusé de justifier sa décision auprès des dirigeants de la chaîne. “Nous sommes un média indépendant et nous nous sommes toujours exprimés en toute liberté”, a déclaré Azzam Al-Tamimi, rédacteur en chef d’Al-Hiwar. Selon lui, la décision viendrait des “plus hautes instances égyptiennes”.

Par ailleurs, cette mesure de censure a coïncidé avec des propos durs tenus par Jamal Moubarak, fils du président égyptien, à l’encontre des télévisions satellitaires. Il les a qualifiées de “chaînes partisanes cherchant à porter atteinte à l’Egypte”.

L’Egypte occupe la 146e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. L’organisation a publié, le 13 février, son rapport annuel 2008 sur la liberté de la presse dans le monde. Consulter le chapitre Egypte.

Sur le même sujet : La Ligue arabe adopte des mesures pour contrôler les télévisions satellitaires

Source : RSF

14.02.2008

La Ligue arabe adopte des mesures pour contrôler les télévisions satellitaires


1c5ef2a2f04868f8031bde0381271c65.jpgLe 12 février 2008, les ministres de l’Information des pays arabes ont adopté un document qui restreint la liberté de diffusion des chaînes de télévision satellitaires et prévoit des sanctions en cas d’offenses dans le contenu de leurs programmes.

“Non seulement ce texte est liberticide mais il est également rétrograde. Au lieu d’œuvrer à assouplir les codes de la presse, souvent très rigides, en vigueur dans leur pays, les ministres de l’Information des Etats de la Ligue arabe se sont alliés pour faire pression sur des médias jugés gênants et qui échappent à leur contrôle. Depuis leur apparition dans la région, les télévisions satellitaires ont révolutionné le paysage médiatique arabe. A l’inverse des télévisions nationales, soumises à l’autocensure, des chaînes telles qu’Al-Jazira ou Al-Arabiya constituent de vrais espaces de libre expression, où les populations du monde arabe peuvent faire entendre leurs doléances”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Il n’est pas étonnant que ce projet ait été promu par l’Egypte et l’Arabie saoudite. Au cours de ces dernières années, les chaînes de télévision satellitaires ont connu des difficultés dans ces deux pays. Nous demandons au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, d’intervenir auprès des Etats membres pour les convaincre de revenir sur cette décision”, a ajouté l’organisation.

3555cf9380597b9140e2c4c5a08357b2.jpgVingt-et-un des 22 ministres de l’Information des Etats de la Ligue arabe ont adopté, le 12 février 2008, un document censé “réguler le fonctionnement des chaînes de télévision satellitaires”. Ce texte donne le droit aux pays signataires de “retirer, de geler, ou de ne pas renouveler les autorisations de travail des médias qui enfreindraient les règles”. Seul le Qatar, où siège Al-Jazira, a voté contre ce projet. Rédigé dans des termes très vagues, le texte demande aux chaînes satellitaires de “ne pas avoir de répercussions négatives sur la société, l’unité nationale, l’ordre général ou les moeurs”.

Source : RSF

11.01.2008

Visites d’Etat des présidents Sarkozy et Bush : “Ne passons pas sous silence la question de la liberté d’expression”, a déclaré Reporters sans frontières




f91c1b695e131e51b5a44b3cd698d33d.jpgAlors que Georges W. Bush et Nicolas Sarkozy entameront pendant les prochains jours une tournée officielle dans plusieurs pays du Moyen-Orient, Reporters sans frontières appelle les chefs d’Etat américain et français à entreprendre des démarches diplomatiques en faveur de la liberté d’expression, régulièrement bafouée dans la région.

“Le conflit israélo-palestinien, la guerre en Irak, l’hostilité de l’Iran et de la Syrie sont autant de raisons pour les pays occidentaux de s’assurer le soutien des Etats du Golfe, de la Jordanie ou encore de l’Egypte. Mais il ne faut pas oublier que ces pays, points d’appui de la politique américaine au Moyen-Orient, se caractérisent aussi par un manque criant de démocratie”, a déclaré l’organisation.

“A l’image de la société, le paysage médiatique est souvent verrouillé dans les pays du Moyen-Orient, à quelques exceptions près. L’autocensure reste largement pratiquée au sein des rédactions qui veillent à ne pas franchir les lignes rouges. Les journalistes ne s’avisent pas de toucher à la religion ou aux dirigeants de leur pays. Mais malgré cette prudence, ils n’échappent pas aux pressions et aux représailles”, a ajouté Reporters sans frontières.

“Dans ce contexte, les chaînes de télévision satellitaires mais surtout Internet ont profondément bouleversé l’accès à l’information. La Toile joue aujourd’hui un rôle essentiel dans le combat pour la démocratie au Moyen-Orient. De ce fait, la répression à l’égard des journalistes en ligne et des cyberdissidents ne cesse de s’amplifier. Deux blogueurs, égyptien et saoudien, sont actuellement derrière les barreaux pour leur contestation sur le Web“, a conclu l’organisation.

L’Egypte et l’Arabie saoudite figurent sur la liste des ennemis d’Internet. Kareem Amer, 23 ans, détenu depuis le 6 novembre 2006, a été condamné à trois ans de prison pour avoir "incité à la haine de l’islam" et à un an pour avoir insulté le président égyptien. Le blogueur dénonçait régulièrement les dérives religieuses et autoritaires du gouvernement de Hosni Moubarak. Il avait également critiqué les plus hautes institutions religieuses du pays, en particulier l’université sunnite Al-Azhar, dans laquelle il étudiait le droit.

De son côté, Ahmad Fouad Al-Farhan, 32 ans, est détenu depuis le 10 décembre 2007 à la prison de Dhaban, à Jeddah. D’après la loi saoudienne, les autorités, qui n’ont toujours pas révélé les raisons de l’interpellation du blogueur, peuvent détenir un individu pendant six mois pour l’interroger.

Enfin, les journalistes étrangers, basés ou en mission dans les pays du Moyen-Orient, peuvent rencontrer des difficultés. Dernière exemple en date, le journaliste français Aurélien Colly, correspondant de RFI et France 24, n’a pas été admis au Qatar le 30 novembre 2007, sans explications. Le journaliste, basé à Abou Dhabi, avait pourtant reçu son accréditation pour couvrir le sommet du Conseil de coopération des Etats du Golfe qui se tenait à Doha.

10a4f74751a3d1d60c5f613340c9a50c.jpgLe président français Nicolas Sarkozy se rendra du 13 au 15 janvier en Arabie saoudite, au Qatar puis aux Emirats arabes unis. Après une visite au Proche-Orient, le président américain Georges W. Bush est attendu, à partir du 11 janvier, au Koweït, au Bahreïn, aux Emirats arabes unis, et en Arabie saoudite avant de rallier l’Egypte, dernière étape de son voyage d’Etat, le 16 janvier.

Source : RSF