22.01.2008

Le Parlement européen provoque la colère de l'Egypte


Jeudi dernier, le Parlement européen adoptait une résolution critique contre l'Egypte, épinglant notamment la situation des Droits de l'Homme et des minorités. Un texte que les autorités égyptiennes ont décidé de refuser haut et fort.

Il y a eu comme un bruit de friture sur la ligne entre le Caire et Strasbourg. Jeudi dernier, les députés européens ont adopté une résolution qui a provoqué une grosse colère sur les bords du Nil. Dans ce texte, adopté par 52 voix pour, aucune voix contre et 7 abstentions (59 députés présents sur 784...), les eurodéputés invitent le gouvernement égyptien à prendre une série de mesures pour améliorer la démocratie et les droits de l'homme, soulevant au passage une série de dossiers dérangeants : harcèlement des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, état d'urgence, récents cas présumés de torture, détention de l'opposant Ayman Nour...

La réaction égyptienne n'a pas tardé : au moment même où les députés européens délibéraient, le ministre égyptien des Affaires étrangères convoquait dans son bureau les ambassadeurs des 27 pays de l'Union, avec un message clair : "L'Egypte rejette totalement les tentatives de ceux qui se croient autorisés à enquêter sur les droits de l'Homme en Egypte", selon les mots du ministre égyptien des affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit. Ajoutant que son pays "n'a de leçon à recevoir de personne, en particulier si ceux qui les donnent se montrent arrogants et ignorants."

Ignorance des eurodéputés


Habituée à recevoir les critiques de l'Europe et des Etats-Unis, le gouvernement égyptien a cette fois haussé le ton de sa défense, allant jusqu'à menacer de rompre ses relations diplomatiques avec le Parlement européen et de boycotter la prochaine réunion UE-Egypte. Pour le chef de la diplomatie égyptienne, la résolution du parlement européen "montre l'ignorance de l'assemblée parlementaire européenne quant à la situation en Egypte (...) ainsi que son ignorance quant aux réformes politiques, économiques et sociales mises en oeuvre en Egypte ces dernières années."

A Strasbourg, les eurodéputés présents ont défendu leur position. Face aux menaces égyptiennes, le président du groupe socialiste européen Martin Schulz a invité le Parlement égyptien au dialogue, estimant que "ce serait mieux que de proférer des menaces". Le vert Daniel Cohn-Bendit s'est montré plus incisif, déclarant à l'AFP que "le Parlement européen est majeur et souverain et décide ce qu'il veut décider. Si nous avons à critiquer la situation des droits de l'Homme en Egypte, à Guantanamo ou ailleurs, nous le faisons."

En octobre dernier, La Commission européenne adoptait une proposition visant à déclarer 2008 " Année européenne du dialogue interculturel". Ca commence fort.

Avec AFP

Arnaud Saint Jean

source : Alif